Partir, c’est mourir un peu ; mais mourir, c’est partir beaucoup. Et quand il s’agit de partir, le mieux est de le faire d’une manière qui marque les esprits afin que le souvenir du disparu ne soit pas entaché par une mort ridicule. Certains ont essayé et n’y sont pas parvenu ; d’autres, qui n’avaient rien demandé, ont eu une fin digne de figurer dans l’encyclopédie mondiale des morts les plus badass. Jaugez plutôt.

1. Quand l'envie d'être classe tue

Faisant partie du haut commandement de militaires ayant réalisé le coup d’Etat de juillet 1936 en Espagne, lequel devait déboucher sur la guerre civile espagnole, José Sanjurjo pouvait prétendre à la tête de l’Espagne une fois la guerre gagnée par les partisans d’un régime autoritaire. Sauf que Sanjurjo était très attaché à avoir toujours ses beaux costumes propres près de lui. Parti en voyage à l’étranger, Sanjurjo devait rentrer à Madrid et, contre les conseils de son pilote, a choisi d’emporter avec lui une malle énorme contenant tous ses uniformes. Résultat, le biplan s’est écrasé par terre. Le pilote a survécu et Sanjurjo est mort. Mais avec ses petits costumes.

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2. Georg Wilhelm Richmann est mort frappé par un éclair en pleine tête en faisant des expériences scientifiques

Physicien russe se situant dans le sillage de Benjamin Franklin, Georg Wilhelm Richmann a un jour décidé de mener sa propre expérience sur le tonnerre. En 1753, un jour d’orage, il décide, avec un copain de l’académie nommé Sokolov, d’aller pratiquer des mesures sur une barre métallique plantée dans une grande pleine de Saint-Petersbourg, entendez par là un paratonnerre. Richmann se tient à côté de la barre, quand celle-ci est frappée par la foudre. Dès lors, une « boule bleuâtre » selon les dires de Sokolov, s’échappe du paratonnerre et frappe Richmann au visage. Sokolov fait un malaise, mais quand il se réveille, Richmann n’a pas développé de super pouvoirs : il est mort et brûlé de partout.

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3. Diane de Poitiers voulait rester jeune en buvant de l'or

Au XVIe siècle, Diane de Poitiers était comme tout le monde : elle ne supportait pas de vieillir. Du coup, elle a pris conseil auprès des trend managers de l’époque, c’est-à-dire les apothicaires, qui lui ont conseillé ni une ni deux de boire un peu d’or tous les jours pour rester jeune. En même temps on comprend la logique : l’or, c’est rare et c’est beau, donc si on en boit on devient soi-même rare et beau. On devient surtout mort, en fait. Parce qu’à force de boire de l’or plutôt que de l’eau, Diane de Poitiers s’est retrouvée complètement anémiée. Ses cheveux contenaient jusqu’à 500 fois plus d’or que la normale, et sans parler de ses taux de mercure. Et pouf, ça a fait une personne morte.

4. Arrichion a réussi à gagner un match de lutte, même mort

Ok : imaginez une cérémonie olympique où la médaille d’or est remise à un cadavre. Ouais ouais, l’hymne nationale des enfers, tout ça tout ça. Bah c’est ce qui est arrivé à Arrichion. Le type était un lutteur en Grèce antique et pas n’importe quel lutteur : le double tenant du titre olympique de lutte. Donc nous voilà en 564 avant Jésus-Christ et Arrichion remet son titre en jeu. Et comme il est balèze, il est en finale. Sauf que le mec en face est trop badass et qu’il veut aussi gagner. Et le mec commence à étrangler Arrichion. À l’époque, on avait le droit de tuer son adversaire, hein. Pour se débattre, Arrichion arrache le doigt de pied de l’adversaire qui s’effondre de douleur. Arrichion, lui, ne s’effondre pas de douleur rapport au fait qu’il est mort. Mais les Hellènes l’ont considéré vainqueur du combat.

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5. Carl Scheele s'est sacrifié pour l'avancée de la science

Car Scheele était un chimiste de la deuxième moitié du XVIIe siècle à qui l’on doit la découverte de très nombreux éléments, dont l’hydrogène ou le tungstène. Et Scheele était connu pour n’avoir peur de rien, et surtout pas du ridicule : il n’avait pas un rond pour ses expérimentations et utilisait du matériel rudimentaire, comme des vessies de porc en guise d’erlenmeyer. Ce qui fait que, pour savoir ce que faisait un élément sur le corps, il n’avait pas trop d’autre choix que de le tester. Le tester, vraiment, le manger, quoi. Bref, Scheele ne s’en portait pas si mal, jusqu’au jour où il a créé par accident du cyanure d’hydrogène. Et il en a bouffé. Et il s’est senti tout patraque. Comme il s’agissait d’un mec cool, il a épousé la veuve d’un ancien pharmacien sur son lit de mort pour qu’elle hérite de son commerce. Et puis il est mort, à 43 ans, d’empoisonnement.

6. Edward Sheean, un simple mousse, est resté à bord d'un bateau coulé pour se venger des responsables de sa mort annoncée

Alors qu’il avait à peine 18 ans et qu’il servait à bord d’un navire de guerre australien, Edward Sheean a décidé qu’il allait mourir comme un mec au cinéma. Les Japonais avaient envoyé deux torpilles sur le bateau histoire de refaire Titanic sans l’iceberg, et tout le monde à bord prenait ses cliques et ses claques. Sauf que Sheean, lui, refusa de répondre à l’appel d’abandon du navire. Il se saisit des mitraillettes et se mit en quête d’abattre l’aviation japonaise. Pari gagné puisqu’il abattit deux avions. Pendant que le bateau coulait tranquillement avec Sheean à son bord. Aujourd’hui, Sheean est considéré comme un héros de guerre australien.

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7. Aristide Aubert du Petit-Thouars, ou comment rejouer les chevaliers de Sacré Graal

Capitaine au long cours, ayant participé à de nombreuses guerres dont la guerre d’indépendance américaine, Aristide Aubert du Petit-Thouars a 37 ans quand il est partie prenante de la bataille d’Aboukir, à bord du navire Le Tonnant. La bataille ne se passe pas super bien pour lui, puisqu’il perd un bras, deux jambes, et beaucoup beaucoup de sang. Mais du Petit-Thouars refuse d’abandonner son commandement. Il se fait placer sur un bac de son et continue de donner des ordres à ses soldats, jusqu’à ce que l’hémorragie l’emporte, plusieurs dizaines de minutes plus tard. Il encourage les troupes à ne pas abandonner leur pavillon. Un genre de « vous ne m’aurez jamais ! » où à la fin, c’est la mort qui gagne.

Crédits photo (creative commons) : Antoine Maurin (1793–1860) DescriptionFrench lithographerbrother of Nicolas-Eustache MaurinDate of birth/death5 November 179321 September 1860Location of birth/deathPerpignanParisAuthority controlVIAF: 59354011ISNI: 0000 0000 6639 4752LCCN: n97875290NLA: 35946668GND: 12204584XWorldCat

8. Clement Vallandigham, où l'avocat qui avait vraiment vraiment à cœur la défense de ses clients

Clement Vallandigham, avocat, journaliste et homme politique américain, était une personnalité complexe. Nordiste opposé à Lincoln mais surtout à la guerre, il a vécu une partie de sa vie en exil au Canada. À la fin de la guerre de Sécession, reprenant son métier d’avocat, Vallandigham tient à prouver à un tribunal de façon irréfutable l’innocence d’un de ses clients que la justice accuse d’homicide dans un bar. Il organise alors une reconstitution si réaliste de la fusillade qu’il se tue avec un revolver qui, finalement, n’était pas déchargé. On ignore si le client s’en est tiré, lui.

Crédits photo (creative commons) : Mathew Brady (1822–1896) DescriptionAmerican photographerDate of birth/death18 May 182215 January 1896Location of birth/deathWarren CountyManhattanWork periodfrom 1844 until circa 1887Work locationNew York City, Washington, D.C.Authority controlVIAF: 22965552ISNI: 0000 0001 2209 4376ULAN: 500126201LCCN: n81140569NLA: 35728355WorldCat

9. Frank Hayes, le mec qui meurt mais gagne quand même à la fin

Le jockey Frank Hayes était l’un des sportifs les plus en vue du PMU américain des années 20. Un vrai, bon jockey, sur lequel on pouvait mettre ses billes dans la période préprohibition. Un jour qu’il chevauchait Sweet Kiss, un cheval donné gagnant, Hayes est mort d’un infarctus en pleine course… Ce qui n’a pas empêché le cheval de gagner la course. Hayes a été le premier jockey mort à remporter une compétition officielle. Bravo le veau. Ou plutôt le cheval.

10. Boris Vian, ou comment signifier qu'on trouve l'adaptation de son film à chier

Alors qu’il assistait à la première du film adapté de son livre J’irai cracher sur vos tombes, le 23 juin 1959, Boris Vian a tenu à exprimer son mécontentement avec l’adaptation, mécontentement dont il avait déjà fait part auparavant. Pour faire simple, Vian a décidé de faire une crise cardiaque et de mourir pendant la projection. Voilà de quoi bien remettre les pendules à l’heure et de dire en un mot comme en cent ce qu’on pense de cette bouse. La classe.

Il faut savoir soigner sa sortie.

Sources : Cracked, Wikipédia