Cloper, c’est surtout sentir son corps pourrir de l’intérieur doucement mais sûrement. Et tu le sais. D’ailleurs, au quotidien, alors que ton espérance de vie se réduit tranquillement, tu commences à ressentir de plus en plus les effets de la cigarette sur ton petit organisme de simple mortel.

1. Quand tu frôles la crise cardiaque à chaque jogging

Il est loin le temps où tu gambadais comme un petit lièvre dans les champs pendant des heures. Désormais, il ne faut que quelques minutes pour que tu aies la sensation que ton cœur lâche. Tu suffoques et tu pries pour ne pas décéder avant la fin de ce supplice sportif que tu t’es infligé tout seul.

2. Quand tu payes ton paquet huit balles alors que tu es déjà à découvert

Et ça, ça fait vraiment très mal. D’autant plus que la hausse du prix du paquet de clopes devrait continuer de manière régulière tous les sept mois jusqu’à 2020 pour que ce dernier atteigne la modique somme de 10 euros. Et croyez-le ou non, ce dissuasif semble être le plus adéquat pour les Français ruinés que nous sommes.

3. Quand tu arrives en sueur au troisième étage complètement essoufflé(e)

Et que ta respiration rauque et bruyante effraie tous tes voisins de pallier. Toute panne d’ascenseur t’est fatale, d’ailleurs tu n’es pas sûr d’être capable d’atteindre ton bureau. Et c’est quand même triste d’être aussi dépendant à la technologie que ça. Tu crains.

4. Quand tu rentres chez toi et que ça pue le cendrier de l'enfer

Et tu as beau vider des litres de désodorisant sur ton canapé, ta moquette, tes rideaux et ton lit, l’odeur est toujours là, latente, présente, prête à surgir à n’importe quel moment. D’autant plus qu’on sait bien qu’en dernier recours, tu vas ouvrir ta fenêtre en grand pour aérer tout le bordel et potentiellement choper une bronchite. Relou.

5. Quand tu penses être capable d'en griller une pendant les "deux minutes d'arrêt" du train et que tu restes sur le quai

Bon Ok. En général, tu te retrouves surtout à sacrifier la moitié de ta clope que tu balances sur le trottoir sans respect avant de grimper en furie dans ton wagon. Pollueur.

6. Quand, à la pause clope, tes doigts menacent de tomber à cause du froid

Et que tu te prends des bourrasques de vent dans la tronche. Et puis alors, la tristesse ultime, c’est quand il pleut et que tu essaies de protéger ta clope de la pluie en lui créant un petit abris avec ta main inoccupé. On frôle clairement le Syndrome de Stockholm : « tu me tues à petit feu mais je vais te protéger parce que je t’aime. » Du grand n’importe quoi.

7. Quand tu tousses comme un vieux alors que tu n'as que vingt ans

Mais si tu la connais, cette vieille toux chronique qui dérange tout le monde en cours ou au taf. Celle qui irrite tellement ton entourage qu’il espère secrètement que tu t’étouffes. Certes, ce n’est pas très gentil, mais il faut dire que tu fais beaucoup beaucoup de bruit. Et de manière constante.

8. Quand tu réalises que tu vas crever huit ans avant les autres alors que tu as plein de choses à faire

Oui parce que tu l’as servi à beaucoup le discours du « faut bien mourir de quelque chose ». Sauf qu’en vrai, si tu peux économiser dix ans de vie, ça peut être sympa. Même si c’est pour t’occuper de tes jolies fleurs dans le jardin de ta maison en pleine campagne (oui, je rêve d’être retraité depuis ma naissance, chacun ses objectifs de vie).

9. Quand tu calcines un paquet entier en une soirée alors que tu dis être un fumeur occasionnel

Et pendant que tu fumes clope sur clope, tu prends conscience de ton mensonge qui dure maintenant depuis quelques années. D’ailleurs, souvent le lendemain, tu as la sensation qu’on s’est assis sur ta gorge en insistant bien sur ta trachée meurtrie. C’est peut-être le cas. Du coup, on aimerait pas venir à tes soirées.

10. Quand ton pote non fumeur a les yeux rouges et suffoque sous tes yeux

Et tu as beau être un monstre d’égoïsme, voir ton ami en PLS ne te fait guère plaisir. Par ailleurs, contribuer à détruire la santé de ces êtres purs que sont les non-fumeurs n’est vraiment pas très joli de ta part. Tu as raison de culpabiliser.

Bref, il est bien des moments de lucidité où le fumeur réalise qu‘il détruit sa petite santé au quotidien.