Vous savez, il y a plusieurs types d’assassinats : d’un côté, il y a le meurtre du docteur Lenoir dans la bibliothèque avec le chandelier, qui ne bouleverse pas vraiment la géopolitique mondiale, et puis il y a les autres. Ceux qui nous impactent encore aujourd’hui, même des centaines d’années plus tard.

1. François-Ferdinand

En 1908, l’empire Austro-Hongrois annexe la Bosnie, ce qui plaît moyen aux locaux et à la Serbie. Genre vraiment pas beaucoup. Si on ajoute à ça l’ambiance un peu tendax entre les pays occidentaux, surtout entre la France et l’Allemagne qui attendent qu’un prétexte pour se bastonner, ça commence vraiment à puer en Europe. Alors quand FF, héritier de l’empire, va faire une balade de santé à Sarajevo avec sa petite famille, tout est en place pour que ça tourne chocolat. Et ça loupe pas puisque Gavrilo Princip, nationaliste serbe, sort son gun et le dézingue lui et sa zouz.

Et en vrai ça arrange à peu près tout le monde au final (à part eux) puisque ça donne un prétexte à l’Autriche-Hongrie d’attaquer la Serbie, alliée avec la France, qui déclare la guerre à l’empire, allié avec l’Allemagne, qui déclare la guerre à la France, alliée avec le Royaume-uni,… Le jeu des alliances va tellement loin que même les australiens ont vu de la lumière et sont rentrés vers la fin de la soirée. Tout ça se termine en boucherie, évidemment. Pour être honnête, la guerre aurait probablement eu lieu de toute façon, mais sa mort a donné un excellent prétexte pour la démarrer.

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2. Jean Jaurès

Autre assassinat décisif de la première guerre mondiale, celui de Jean Jaurès. A l’époque, c’est le boss du parti socialiste, il pèse vraiment dans la vie politique du pays, et il est surtout farouchement opposé à la guerre. Après la mort de Franz-Ferdinand, comme c’est pas la moitié d’un demi-gogole, il voit bien que les bouffeurs de grenouille et les bouffeurs de saucisse ont vachement envie d’aller découvrir la gastronomie adverse. Il appuie alors de tout son poids pour empêcher la guerre d’éclater, et comme il a une bonne grosse influence des familles, ça joue pas mal. Sauf que le 31 juillet 1914, 3 jours avant le début de la guerre, Raoul Villain (mdr, c’est son vrai nom), se demande à quoi il ressemblerait avec des trous de balle dans la tête. L’Histoire ne dit pas s’il était plus BG comme ça, ce qui est sûr par contre, c’est qu’il était moins vivant. Après cet assassinat, les socialistes et les syndicalistes baltringuent un peu puisqu’ils rejoignent l’union sacrée et soutiennent la guerre. Et à ce moment-là plus rien n’empêche la France de regarder l’Allemagne dans les yeux en insultant sa mère.

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3. Alexandre II de Russie

Alex était assez réformateur pour un Tsar, il a supprimé le servage en Russie dans les années 1860, ce qui est pas mal progressiste pour l’époque. Sauf qu’à côté de ça, ce mec aurait eu sa place dans GOT, puisqu’il était spécialiste en petits moves vicieux pour gagner du pouvoir, ce qui fait qu’il était pas apprécié de ouf. Du coup, par un bel après-midi de 1881, alors qu’il chill à St-Petersbourg, des anarchistes lui balancent une bombe dans les boyaux, ce qui réduit drastiquement son espérance de vie.

Son fils Alexandre III et son petit-fils Nicolas II, les 2 derniers Tsars de Russie, ont retenu une leçon de cette petite mésaventure : pas de réforme, ne faites pas confiance aux gens, réprimez tout avec violence. Ça a bien marché jusqu’en 1917. C’est à ce moment que le peuple, dirigé par un certain Lénine, vient leur péter les genoux.

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4. Nicolas II de Russie, du coup

1917. Ça fait 3 ans que les Russes jouent à la bagarre avec leurs copains d’Europe de l’Ouest. Forcément, tout le monde commence à en avoir un peu marre, mais surtout les Russes, vu que le Tsar n’en a rien à battre de leur gueule. Du coup révolution, guerre civile. Le petit Nicolas tombe des nues : pourquoi son peuple ne lui est-il pas fidèle ? Il ne s’attendait tellement pas à ce que ça lui tombe sur le coin de la gueule, que sa famille et lui se font arrêter et emprisonner en quelques jours à peine. A ce moment, on peut se dire que leur situation s’est pas mal dégradée. Mais ne vous inquiétez pas, les révolutionnaires en ont encore sous la pédale : un matin de juillet 1918, ils se disent qu’un bon Tsar est un Tsar mort. Du coup ils réveillent toute la petite famille, la réunissent dans une cave, leur lisent leur condamnation à mort avant de les tuer immédiatement. Ils leur tirent alors dessus pendant plusieurs minutes, puis y vont à la baïonnette, histoire d’être sûr. Contrairement à la version officielle, les vrais savent qu’une des filles a survécu.

Cette exécution marque la fin de l’empire Russe et le début ô combien plus enviable de l’ère soviétique.

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5. Giuliano De Medicis

A la fin du XVème siècle, Giuliano et son bro Lorenzo contrôlent Florence. Vu qu’ils sont puissants et riches, forcément, il y a des rageux. Mais eux, ils s’en foutent, ils les entendent pas. Et si c’est le comportement adéquat sur Internet de nos jours, à l’époque les rageux avaient des couteaux et te donnaient 19 coups de couteaux dans une cathédrale. Il valait mieux être à leur écoute, du coup. Si Giuliano y reste, Lorenzo fait le fragile et s’enfuit. Les assassins, envoyés par la famille rivale Pazzi, sont très durement jugés. Au final, le pouvoir et la légitimité des Médicis s’est retrouvée augmentée et ils ont pu profondément marqué l’Histoire en plaçant des héritiers dans à peu près toutes les familles royales d’Europe. Cheh, les Pazzi.

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6. Jules Cesar

Même s’il était plutôt malin quand il s’agissait de gagner des batailles, et qu’il se débrouillait en politique, il y avait un paquet de petits bonhommes qui n’appréciaient pas trop sa soif de pouvoir. C’est pour ça qu’en 44 avant JC, les sénateurs se mettent à 60 contre lui pour lui faire la peau. C’est pas les règles de la street, ça. Dans le ghetto on fait que du 1vs1 quand on est un vrai bonhomme. Bref, Julot se retrouve avec 23 coups de couteaux au niveau du bidon, ce qui ne va pas améliorer ses problèmes de transit.

Sauf que c’est pas parce que tu tues un dictateur que ton pays se transforme directement en démocratie, c’est un peu plus compliqué que ça. Ainsi, sa mort a causé une période de forte instabilité politique, avec luttes de pouvoir, assassinats et autres joyeusetés. Finalement, c’est son petit-neveu Octave qui s’impose et devient le premier empereur de Rome. Une belle avancée démocratique.

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7. Maximilian Habsburg

Maxou ne s’attendait pas à régner un jour. Petit frère de l’empereur d’Autriche-Hongrie Franz-Joseph, il n’avait aucune vue sur le pouvoir. Mais la vie est pleine de surprises : par un jeu d’alliances et de mariages, il se retrouve parachuté empereur du Mexique en 1864. On a donc un Autrichien qui dirige le Mexique, qui est alors une province française, ce qui nous ramènerait 35 points dans notre réserve à moutarde si on était dans une partie de Kamoulox. Même s’il n’est qu’une marionnette de la France, il essaie quand même de faire les choses bien et tente de lancer des réformes progressistes sur place. Sauf que le Mexicain est un homme fier, tu lui dis pas ce qu’il doit faire comme ça, t’es pas sa mère. Suite logique, 3 ans plus tard, badaboum, il se fait bananer par des révolutionnaires.

Cette assassinat ouvre une autoroute vers le pouvoir à Benito Juarez, aujourd’hui encore célébré comme un héros au pays. Cet assassinat marque surtout la fin du protectorat français sur le Mexique.

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8. Louis I d'Orléans

Loulou est le petit frère du roi Charles le Fou, qui méritait réellement son surnom. A un moment, comme il devenait de plus en plus déglingo, on commence à penser qu’une régence ça serait pas mal non plus. Sauf que son neveu, le Duc de Bourgogne (à 2 lettres près, ça donne Booba), se dit que lui aussi il aimerait bien être roi il y a pas de raison fais nétour, frère. Réaction logique et modérée, il fait assassiner son oncle en novembre 1407 dans les rues de Paris.

Smart move, puisque ça a permis à sa famille de gagner un pouvoir politique non négligeable. Par contre, ça a aussi donné 70 ans de guerre entre Orléans et la Bourgogne, parce qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

9. Abraham Lincoln

En 1860, en pleine guerre idéologique sur la question de l’esclavage, le plus célèbre chasseur de vampires du monde est élu président des Etats-unis. Ses positions abolitionnistes sur la question étant connues, le Sud fait sécession, pour continuer à être raciste de son côté sans emmerder le monde. Mais le Nord vient les emmerder en leur disant qu’il est pas question qu’ils se séparent. L’Union fait la force, je vous rappelle. 5 ans et près de 600.000 morts plus tard, le Nord gagne la guerre. Sauf que dans la foulée, Lincoln se fait un peu secouer le crâne à coup de plomb. Ah, c’est sûr, il va beaucoup moins bien marcher maintenant.

Sauf que le bon Abraham avait prévu tout un tas de réformes pour tendre vers l’égalité entre noirs et blancs. Son successeur Andrew Lincoln étant beaucoup moins engagé que lui sur le sujet, la lutte pour les droits des noirs a pris pas mal de retard.

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10. Martin Luther King

Décembre 1955. Rosa Parks, noire-américaine, refuse de céder sa place dans le bus à un blanc. C’est donc fort logiquement qu’elle se fait arrêter. Action-réaction. Mais ce fait divers, c’est la goutte d’eau qui met le feu aux poudres : des centaines de noirs descendent dans la rue pour défendre leurs droits, derrière la figure de proue, Martin Luther King, également appelé « l’homme au nom de famille le plus stylé du monde ». En organisant tout un tas de rassemblements non-violents, il parvient à obtenir quelques améliorations en faveur des droits des afro-américains. Puis, le 4 avril 1968, il se fait assassiner. Faites pas les surpris, vous vous attendiez les gars, c’est le sujet du top.

Dès le lendemain, des émeutes monstrueuses éclatent. Le gouvernement accepte alors encore plus de lois égalitaristes pour calmer tout ce beau monde parce que ça commence aussi à puer pour lui. Même quand il est mort, ce type était encore badass.

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11. (Bonus) François Fillon

Au cours de la campagne présidentielle 2017, François Fillon, seul véritable candidat anti-système, unique solution d’avenir pour la France, est victime d’une véritable cabale des médias. Soit-disant, sa femme et ses enfants auraient bénéficié d’emplois fictifs. Tout le monde se moque de lui et l’opinion publique lui taille alors un costard. Et gratuitement avec ça.

Il le dit lui-même : plusieurs des ses amis politiques parlent d’un véritable assassinat politique, et le mot me semble faible. Mais pas d’inquiétude, il n’a rien à se reprocher. Il ira voir les juges, et il leur dira la vérité en les regardant droit dans les yeux, sans sourciller.

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RIP Docteur Lenoir :'(

Sources : Ranker

Rfi

Wikipédia

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