Si je vous dis « censure », vous pensez tout de suite aux bips de la télé américaine ou alors à un film interdit aux moins de 16 ans. Mais ça, c’est parce que vous n’êtes pas imaginatifs. Au CSA et au MPAA, ils ont des vrais professionnels, des mecs inventifs et de temps en temps un peu foufous.

1. Nuit et brouillard – flouter les képis

Pour la faire simple, Nuit et brouillard est un documentaire sur les camps d’extermination nazis. Autant dire, un sujet dans lequel tu n’as pas envie d’apparaître. Ce fut le cas de ce beau pays qu’est la France. Et vu que personne n’aime qu’on lui mette le nez dans le caca, le gouvernement de l’époque a exigé que les képis des gendarmes soient floutés sur les images d’archives. Un tel niveau de non race me donne presque envie de dire bravo.

2. Eyes wide shut – essayer de cacher des gens tout nus avec des gens moins tout nus

Eyes wide shut, c’est l’histoire d’une plongée un peu glauque dans le monde de l’échangisme. Mais le problème, avec l’échangisme, c’est qu’on peut y voir plein de gens tous nus, qui potentiellement, baisent. Mon dieu, mais que faire pour rendre ce déferlement de luxure acceptable par toute la famille? Planquer les personnes incriminées derrière des inserts de mecs en pèlerine. Ils baisent toujours, hein, mais on les voit moins. On aurait pu aussi déconseiller ce film aux enfants, mais c’était un peu trop compliqué à mettre en place.

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3. Pulp Fiction – virer la clope de l'affiche

Autant buter des mecs au kilomètre, ça passe, autant Uma Thurman qui fume sur l’affiche, c’est pas possible. Je veux dire, c’est mauvais pour la santé, quoi.

4. Une journée en enfer – virer le N word

A un moment dans le film, Bruce Willis a pour défi de marcher dans Harlem avec une pancarte où est marquée en gros « I hate niggers » (que l’on pourrait traduire par: « la population issue de l’Afrique subsaharienne éveille chez moi des pensées xénophobes »). La télé américaine, un brin frileuse avec les termes racistes a jugé pertinent de changer l’écriteau par « I hate everyone » (que l’on pourrait traduire par: « appelez-moi DarkSasuke666 »), beaucoup plus family friendly. Du coup, la scène n’a plus aucun intérêt. Voilà, voilà…

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5. La vie d'Adèle – censurer un film deux ans après sa sortie en salle

C’est ce qu’a obtenu un groupement d’associations conservatrices, jugeant le film était un peu trop hard pour une exploitation commerciale traditionnelle, ce qui, en effet, peut se discuter. Néanmoins, ces assos ont réussi à obtenir une réétude du visa d’exploitation alors que le film était déjà en DVD. Soit un tout petit peu trop tard…

6. Une nuit en enfer – changer le nom du bar

A l’époque de la sortie du film, le comité de censure américaine a considéré qu’un bar qui s’appelle « titty twister » ou « pince téton » ne pouvait pas être un établissement respectable et a préféré le renommer « kitty twister » ou « pince chaton ». Par contre, ils n’ont pas grillé qu’à côté du nom, il y a le dessin d’une femme en train de se faire pincer le bout du sein droit et l’ont laissé tel quel. C’est con les mecs, vous y étiez presque!

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7. South Park – changer le titre du film pour un truc pas franchement mieux

Au commencement, le film devait s’appeler « South Park: Hell breaks loose », c’est à dire, l’enfer se déchaîne. Malheureusement, l’emploi du terme « enfer » dans un titre était inacceptable pour les institutions religieuses américaines. Du coup, le film s’appelle désormais « plus long, plus grand et pas coupé », soit clairement un jeu de mots avec la bite. Mais là, ça passe. Allez comprendre pourquoi.

8. Plein de films – virer le World Trade Center

Certes, je peux admettre que le 11 septembre 2001 a été un événement traumatisant dans l’histoire des Etats-Unis. Néanmoins, effacer systématiquement ces bâtiments des films sortis peu après a un intérêt qui demeure un mystère pour moi. Mais j’ai une mauvaise nature.

9. L'essayeuse – censurer un film plusieurs fois de suite, parce que bon

Seul film porno de la liste, celui-ci demeure un cas d’école dans la catégorie overkill. Ce film a d’abord été interdit aux moins de 18 ans, puis classé X. Mais ça ne s’arrête pas là. Parce que le film a été classé X, puis interdit à la diffusion. Puis le gouvernement a ordonné la destruction des bobines. Après, je suppose que le réalisateur devait être fiché S, mais ils se sont dit que ce serait peut-être too much.

Vas-y, crache tes commentaires de bip. De toute façon, je m’en fous, je te bip comme une bip, sale bip. Bip.