Dans la série qui bat tous les records, on pourrait ajouter celui du massacre qui a choqué le plus de monde : les Noces Pourpres, quand Robb Stark, sa femme, sa mère et ses potes se font tous zigouiller par les Frey alors qu’ils étaient leurs invités. Mais des tueries comme ça, où on butte à la pelle des gens sans défense, il y en a un paquet dans l’Histoire. Même que Game Of Thrones s’inspire souvent de faits réels. Et dans l’histoire de France on a aussi nos petits massacres qui auraient pu être dans la série.

1. Les mâtines de Bruges

Pendant la Guerre de Flandre, qui opposait les Français aux Flamands, la ville de Bruges est passée plusieurs fois d’un camp à l’autre. Mais le 17 mai 1302, le gouverneur français Jacques de Châtillon reprend la ville de force alors qu’il avait conclu un accord selon lequel il ne ferait pas ça. Bien sûr, c’est la guerre, alors les accords non respectés c’est un peu courant. Sauf que les résistants flamands ils ont pas trop apprécié, alors au petit matin du 18 mai, pendant que tout le monde pionçait, ils sont entrés discrètement dans la ville pour buter tous les partisans français. Pour les reconnaître, ils entraient dans chaque maison et demandaient « Des gilden vriend ? » qui veut dire « Ami des guildes ? », donc si tu parlais pas flamand et que t’étais pas un de leurs potes t’étais baisé.

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2. Le massacre de la Saint-Valentin

En février 1349, à Strasbourg, la situation était un peu tendue. On n’était pas trop sereins quoi. La population s’était rebellée pour renverser le pouvoir en place, qui était composé de bourgeois dont pas mal de Juifs. Et il faut dire qu’à l’époque, la population ne kiffait pas tellement les Juifs. On les accusait entre autres d’empoisonner les puits d’eau et de favoriser la peste noire. C’est vrai, les gens étaient un peu cons à l’époque. Donc là, le pouvoir a changé et les anciens dirigeants qui assuraient la protection des Juifs ne pouvaient plus le faire. Résultat, le 14 février, le jour de la Saint-Valentin, les Strasbourgeois se rendent tous dans le quartier juif pour conduire ses habitants au cimetière où ils allument un grand bûcher. 900 Juifs seront tués, mais comme on n’est pas non plus des barbares on a épargné ceux qui acceptaient d’abjurer leur foi, les petits enfants et les belles femmes. Oh ça va, hein, on ne juge pas. Non je rigole, les mecs n’avaient aucune race.

3. Le massacre de la Saint Barthélémy

Là aussi le contexte était très tendu. Pendant toute la deuxième moitié du XVIe siècle, on est en plein dans les guerres de religion en France. En gros, on a pas mal de guerres civiles entre catholiques et protestants. En 1572, on a une période de paix, mais les catholiques les plus durs sont totalement contre, ils veulent vraiment buter du protestant. La reine Catherine de Médicis veut marier sa fille Marguerite de Valois au prince protestant Henri de Navarre, histoire de sceller la paix. Le 18 août 1572, les deux se marient, même si le Pape n’était pas chaud du tout (il n’a jamais donné son accord.) Quatre jours plus tard, il y a une tentative d’assassinat contre un noble protestant, l’amiral de Coligny, de quoi bien exciter la population, même si on ne sait pas qui a tenté de le zigouiller. Comme on craint une réaction des protestants, le roi décide d’ordonner le massacre de leurs chefs, sauf que dans la nuit du 23 au 24 août, la situation dégénère, et on finit par massacrer tous les protestants dans leurs maisons. Ça dure plusieurs jours, et comme les gens n’aiment pas trop les Italiens non plus, ils les butent aussi au passage. L’ambiance devait être géniale.

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4. La Michelade

Quelques années avant le massacre de la Saint-Barthélémy, on en avait eu aussi un sympa pendant la Saint-Michel à Nîmes. Ici on est toujours dans une opposition catholiques VS protestants. Tout a commencé le 29 septembre 1567, on faisait une petite foire avec la bonne ambiance et tout et tout, jusqu’à ce que des soldats insultent une marchande de légumes et lui foutent ses produits par terre pour les piétiner. Pas cool. Tellement pas cool que tout le monde commence à se ramener, ça forme un attroupement puis une émeute. Le premier consul, catholique, tente d’apaiser les choses mais ça dérape un peu et il doit se réfugier chez l’évêque du coin. Les protestants ont alors emprisonné des moines et des clercs, et le lendemain ils ont tué tout ce petit monde pour finalement les jeter au fond d’un puits. Ils n’avaient absolument rien fait, mais ils étaient catholiques, donc c’était suffisant. Il n’y a absolument aucune morale. Je suis triste.

5. Le massacre de Nesle

Pour replacer le contexte, pendant environ dix ans à partir de 1467, le roi de France Louis XI a été opposé à son cousin le Duc de Bourgogne, qui voulait être roi. Donc tout ça se joue à coups de batailles pour prendre des villes, et tutti quanti. En juin 1472, c’est le Duc qui fait son petit bonhomme de chemin avec son armée de 80.000 hommes pour aller faire tomber des villes. Quand il arrive à Nesle, en Picardie, il tombe sur un fort défendu par 500 archers qui ne veulent rien lâcher. Sauf que les habitants de la ville, derrière, ils ont un peu les chocottes quand même, alors ils décident d’aller négocier pour qu’on ouvre les portes au Duc de Bourgogne tout en gardant la vie sauve. Un accord est conclu, les archers déposent les armes, on ouvre les portes. Sauf que quelques archers n’étaient pas de cet avis, et ils ont tué deux soldats bourguignons. La boulette. Tout le monde a subi les conséquences de la bourde, puisque tous les habitants ont été tués, et tous les archers se sont fait couper le poing. La ville de Nesle, qui à l’époque était plutôt pas mal, ne s’en est jamais relevée.

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6. Massacre du moulin de l'Agau

On retourne à Nîmes dans les petites histoires de querelles entre protestants et catholiques. Ça se passe en 1703, et les protestants n’ont toujours pas digéré la révocation de l’édit de Nantes (qui les autorisait à exercer leur culte religieux.) Donc ils se soulèvent régulièrement. Et le 1er avril 1703, plusieurs centaines d’entre eux s’étaient réunis en secret dans un moulin pour célébrer la fête des Rameaux au calme. Sauf que le maréchal du coin avait des espions qui ont pu l’avertir qu’une petite teuf illégale était en cours. Ni une ni deux, il s’est ramené avec ses soldats qui ont encerclé le moulin y ont foutu le feu, empêchant tout le monde de sortir avec leurs armes. Seule une jeune fille a réussi à s’échapper, ouf. Mais elle a été tuée par strangulation le lendemain, faut pas déconner.

7. Massacre des prisonniers d'Orléans

Le 9 septembre 1792, on est au début de la Terreur (quand, en gros, les révolutionnaires veulent emprisonner ou buter tous ceux qu’ils considèrent comme étant des ennemis de la révolution.) En plus de ça, les Autrichiens et les Prussiens menacent d’envahir la France, donc tout le monde est un peu à cran. Ce jour-là, 52 prisonniers de la prison d’Orléans doivent être conduits à Paris pour être jugés. Sur le chemin, à Versailles, ils tombent sur une foule bien agressive. À un moment, ils sont séparés de leurs gardes, et là tout dégénère, la foule leur tombe dessus pour les massacrer. Il faut imaginer un peu la tuerie. Seuls 9 prisonniers ont réussi à s’enfuir. On imagine que leurs caleçons étaient loin d’être propres après ça.

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8. Massacres de Fougères

En novembre 1793, les batailles entre les royalistes qui s’opposent à la révolution (les vendéens) et les républicains se poursuivent. Après avoir écrasé la ville de Fougères, les Vendéens poursuivent leur route vers Saint-Malo, laissant des blessés et des malades à Fougères pour qu’ils se fassent soigner. Petit problème cependant : la ville n’était plus gardée, et quelques soldats républicains sont revenus sur les lieux que les leurs avaient perdus plusieurs jours avant. Quand ils sont tombés sur les blessés et malades vendéens, ils les ont tous tués, sans pitié. Mais parce qu’ils sont quand même sympas, ils ont épargnés les bonnes sœurs qui s’occupaient de les soigner. Des chics types.

9. Massacre des Lucs-sur-Boulogne

Un an plus tard, toujours pendant la guerre opposant les Vendéens et les républicains, on a eu le droit encore à du très très moche. À ce moment-là, on voit ce qu’on appelle les « colonnes infernales », qui sont des troupes républicaines qui se déplacent pour aller éliminer les dernières forces vendéennes. En passant dans le village des Lucs-sur-Boulogne, les soldats républicains ont remarqué qu’il n’y avait pas beaucoup d’hommes, donc ils en déduisent que les mecs font partie des troupes vendéennes qui les ont attaqués un peu plus tôt dans la journée. Pour se venger, ils décident d’exterminer les femmes, les vieillards et les 130 enfants restés au village et réfugiés dans une chapelle. Ils ont commencé à tuer les personnes à l’extérieur de la chapelle à la baïonnette, puis comme les autres étaient barricadés à l’intérieur, ils ont foutu le feu. Aussi simple que ça.

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10. Massacre des Italiens d'Aigues-Mortes

« Les étrangers ils viennent voler notre travail », c’est un peu ce genre de pensées débiles qu’avaient la plupart des Français pendant la deuxième moitié du 19e siècle quand beaucoup d’immigrés arrivaient dans le pays. Pendant l’été 1893, à Aigues-Mortes on recrute des ouvriers pour un boulot saisonnier, sauf qu’il y a moins de places que d’habitude. On embauche moitié Français, moitié Italiens. Et ça, les Français qui sont restés sur le carreau le prennent très mal. Ça part en baston, et les Italiens doivent se réfugier dans une boulangerie. On leur promet de ne rien leur faire s’ils acceptent de se faire escorter jusqu’à la gare pour s’en aller, donc ils acceptent. Sauf que sur la route, la foule décide plutôt de les buter, et les gendarmes n’arrivent pas à les stopper. Maintenant on comprend pourquoi les Italiens ne nous portent pas dans leur cœur.

Franchement, Game of Thrones c’est pas un peu soft à côté ?