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Crédits photo (creative commons) : Roger Wollstadt

Voilà, c'est fait. Pour la cinquième fois, le Bayern Munich ramène à la maison la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. On aime ou on déteste, mais un tel palmarès force le respect. En quarante ans de présence quasi-continue au plus haut niveau européen, la pelouse munichoise a vu défiler une belle brochette de cadors. Voici les onze indéboulonnables, les onze meilleurs, les onze plus grands que le Bayern ait porté.

  1. Gardien : Sepp Maier
    Oliver Kahn ? Non, préférons son père spirituel, ce bon vieux Sepp et sa carrure de bûcheron, ses réflexes incroyables, son jeu sans point faible, sa constance sans faille et son mental à toute épreuve. En un mot, Sepp Maier. Moins kung-fu fighting cannibale que King Kahn, mais quel gardien. Et ce Palmarès : trois Coupes des Champions, une flopée de Championnats et de Coupes nationales accompagnées d'un Euro et d'une Coupe du Monde avec la RFA. Un patron.
  2. Arrière droit : Klaus Augenthaler
    Curieusement, personne ne s'est jamais imposé au Bayern comme une légende indiscutable à ce poste. En revanche, ça se bouscule au poste de libero. Le coach de l'époque eut donc la merveilleuse idée de déplacer "Auge" (L'OEil) à droite pour dépanner. Sauf que l'Allemand fait mieux, il se rend indispensable. Toutes les qualités d'un grand défenseur sont présentes, un mental de guerrier germain et une collection bien remplie de lucarnes des 40 mètres. A la mode allemande.
  3. Arrière gauche : Paul Breitner
    Coupe afro, opinions politiques bien senties, embrouille "kolossale" avec la Fédération allemande, frasques et escapades en tous genres. Paul Breitner est un joueur en avance sur son temps, un mec loin de rentrer dans le moule des athlètes-robots d'outre-Rhin. Sur le terrain, par contre, c'était du très lourd : un physique en acier trempé, une technique d'orfèvre, un sens du jeu de numéro 10, une frappe de panzer et l'art de se hisser à la hauteur des grands évènements. La fibre tricolore nous aurait bien fait voter Lizarazu, mais il faut reconnaitre que Paulo était bien plus fort que le Basque.
  4. Stoppeur : Hans-Georg Schwarzenbeck
    Peut-être pas le meilleur intrinsèquement. Mais son entente avec Beckenbauer était d'une telle qualité qu'on ne peut décemment pas les séparer. Lui, c'était celui qui besognait dans l'ombre pendant que Kaiser Franz revêtait l'habit de lumière. À lui aussi, le but le plus important de l'histoire du club : l'égalisation à la 120ème en finale de C1 1974 qui offre au Bayern un match à rejouer (pas de tirs au but en ce temps-là) et sa première Coupe aux grandes oreilles. Un porteur d'eau de luxe.
  5. Libero : Franz Beckenbauer
    La classe, la force tranquille du demi-dieu qui se passe un petit coup de peigne entre une relance au laser et une montée dévastatrice balle au pied. Mais aussi, Franz, c'était le meneur de jeu qui permettait au Bayern de se passer d'un vrai numéro 10, le monstre de courage qui joua toute la prolongation d'Italie-RFA 1970 à fond malgré une clavicule brisée, ou encore le meneur d'hommes capitaine des champions du monde 1974. Le meilleur joueur allemand de l'histoire. Peut-être même le meilleur joueur européen de tous les temps. Un joueur du futur, avant le futur.
  6. Milieu récupérateur : Lothar Matthäus
    Avant de devenir un coach moisi, Lothar était un mastodonte. Les trentenaires d'aujourd'hui l'ont connu comme libero, les plus anciens se souviennent, eux, d'un demi défensif d'une puissance et d'une hargne inconnues jusque-là. À 20 piges, le futur recordman allemand des sélections avait proprement renvoyé les vieux machins sur le banc. En club, comme en sélection et à un poste où l'Allemagne a toujours fait dans le poids lourd. Plutôt Deschamps que Zizou, mais 150 capes avec la Mannschaft. Le tout, sans coupe à la brosse. Et avec toutes ses dents. Un truc qui ne se discute pas.
  7. Milieu récupérateur : Franz Roth
    Pas le plus connu encore, mais l'un des plus utiles. Et durable, en plus, dans la plus pure tradition germanique. Une régularité de métronome, une puissance de taureau, une ténacité de pittbull et l'art de répondre présent dans les grands rendez-vous, comme ses trois caramels plantés en autant de finales européennes en attestent. D'ailleurs, le tristement célèbre coup franc de Glasgow face aux Verts en 1976, c'est lui. Un mec qui, chez nous, a sa place au Panthéon des tortionnaires avec Schumacher et Materazzi. En Bavière, c'est évidemment un Dieu.
  8. Milieu offensif : Karl-Heinz Rummenigge
    Encore un qu'on a replacé au poste de ses débuts, en faux ailier, pour lui garantir une place au top. Après la retraite de Gerd Müller, c'est à Karl-Heinz que le Bayern a confié les clés de la machine à buts. Et encore une fois, ce fut une réussite avec trois titres de meilleur scoreur de la Bundesliga. Histoire de situer l'homme, c'est le seul à avoir dépassé le renard Müller au classement des buteurs. Et puis, quelle entente légendaire avec Breitner. A l'époque, on parlait même de "Breitnigge". Des deux pieds, en solo ou collectivement, rien n'était à jeter. Et une tête bien remplie, avec ça, puisqu'il a été président du club de 2002 à 2008, avant de rentrer dans le Conseil d'Administration. Comme si c'était banal, après tout.
  9. Milieu offensif : Mehmet Scholl
    Mehmet Scholl, où l'éternelle histoire du fils d'immigré turc qui devient une icône allemande. Il faut dire que le petit bonhomme a les stats pour lui et un record de titres de champion d'Allemagne partagé avec Oliver Kahn. Et puis, il y a son sens du jeu hors du commun, sa capacités de dribble et ses coup francs "juninhesques" avant Juninho. Ribéry, c'est sympa. Mais ça manque de frappes enroulées dans la lunette pour approcher le grand Mehmet. Et puis quand Franck aura joué 392 matchs avec Munich, là, on pourra discuter.
  10. Attaquant : Gerd Müller
    L'extra-terrestre du tableau d'affichage. 365 buts en 427 matches dans une Bundesliga qui était, à l'époque, le meilleur championnat du monde. Évidemment, il a pratiquement 100 buts d'avance sur son dauphin au classement. Müller, c'est aussi 40 pions en 34 matches lors de la saison 1971-72. Un instinct de tueur incroyable pour se trouver là où il faut, au moment où il faut, et planter dans toutes les positions inimaginables avec toutes les parties du corps. À Munich, on lui a même taillé une expression sur mesure : "es müllert" (ça mullérise) pour décrire l'efficacité irréelle de cette machine à faire cauchemarder les défenseurs. Un mangeur d'enfants, en pire.
  11. Attaquant : Uli Hoeness
    Le dernier représentant dans ce Top de la grande équipe triple championne d'Europe des années 70. Un décathlonien à la pointe de vitesse d'un sprinter avec une frappe et des centres de tireur d'élite. Un gars à peu près compatible avec Müller, histoire que les défenseurs européens se fassent dessus rien que d'imaginer le Bayern se pointer sur le terrain. Pas le dernier des abrutis non plus, puisqu'il a continué comme dirigeant au club une fois les crampons raccrochés, jusqu'à prendre la succession de Kaiser Franz comme président en 2010. Avant de se faire gauler pour avoir détourné 10 millions au FISC. Comme les plus grands de ce monde. Y a pas de secret.
  12. Entraîneur : Udo Lattek
    Six Championnats, trois Coupes, une C1 gagnée et une finale perdue : le bâtisseur de la première grande équipe du Bayern coiffe au poteau et pour un petit titre la Légende Ottmar Hitzfeld, le sorcier des années 2000. Son sens tactique effrayant et son don inné pour la psychologie ont permis à ce modeste joueur de D2 de gérer avec brio un ensemble de stars aux personnalités hors normes. Mourinho avant l'heure. Et sans les polémiques du Lusitanien. Et le jeu en plus.
  13. Evidemment, on aurait également pu citer Oliver Kahn, Willy Sagnol, Bixente Lizarazu, Bastian Schweinsteiger, Franck Ribéry, Roland Wohlfarth ou encore Valérien Ismaël. Mais le foot ne se joue qu'à onze. Bon par contre, à la fin, ce n'est quand même pas toujours le Bayern qui gagne...