Il existe un synonyme caché de l’expression »jeu de société en famille », et ce synonyme c’est « enfer sur terre ». Il existe également une raison pour laquelle les jeux de sociétés les plus populaires le sont, populaires : parce qu’ils sont tellement nuls qu’ils en appellent au plus petit dénominateur commun de l’humanité, l’envie d’écraser l’autre, l’appât du gain, la haine. Le Monopoly, c’est Donald Trump en tout plat.

1. La bonne paye

Sous-titre : « Mais qui paiera la facture ? »

« Pour gagner il vous faudra être le joueur qui sait le mieux gérer son argent, le gagnant étant celui qui à la fin de la partie aura le portefeuille le plus rempli ! » (sic). Donc en gros, si on jouait au jeu de la vie qui est déjà pas mal chiante comme ça à l’heure de se détendre ? Hein ? Si on jouait à qui a le plus gros portefeuille d’actions ? Si on jouait à qui a le plus de thunes ? Ce serait sympa pour détendre l’atmosphère en famille. Ensuite, on peut se faire une partie de Politix, le jeu où chacun donne son avis sur le chômage. Surtout ceux qui ont gagné à la Bonne Paye, ils font figure d’autorité.

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2. La course à l'héritage

Sous-titre : « Au 13, impasse du Sans-Retour ».

Bon c’est vrai que le Cluedo c’est mou ; du coup, on pourrait faire un Cluedo en y enlevant toute forme de réflexion et tout remplacer par des pièges tout nuls en carton pourri. Ensuite, on se déplacerait sur un plateau moche et on ferait en sorte de ne pas s’amuser du tout. Puis on allumerait le gaz en se faisant des sourires.

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3. Le mille bornes

Slogan : « Le jeu du coup fourré »

Le mille bornes est sans doute le jeu dont le nom est le plus mensonger du monde. Quand quelqu’un n’arrive jamais à démarrer de la partie, on dit de lui qu’il est « capot« . En conséquence, certaines personnes appellent ce jeu le capot, car ils ont plus à cœur de faire en sorte qu’un individu de leur choix soit capot plutôt que de réaliser leurs mille kilomètres. Pendant la deuxième guerre, ces personnes auraient probablement été kapo elles-mêmes, et la boucle est bouclée.

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4. Le Triominos

Slogan : « Forcément, ça crée des liens ! »

Des liens dont on ne peut se défaire, le genre de liens qui servent à Guantanamo quand on interroge les succès. Mis à part les vieux sages chinois, les dominos font chier tout le monde. Dès lors, qui a eu l’idée saugrenue d’inventer les triominos ? Etait-ce une tentative délibérée de créer du malheur ? Est-ce que ce monde est sérieux ?

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5. La bataille corse

Slogan : « Ah bah on connaît aucun autre jeu, on va se faire une bataille corse »

Suite à l’élection de la bataille « jeu le plus pourri de tous les temps », les créas d’Ennui Inc. ont décidé de se pencher sur un nouveau concept à même de repousser les frontières de la nuisance. C’est comme ça qu’est née la bataille corse, un dérivé de la bataille, ce jeu interminable basé uniquement sur la chance et sans aucun intérêt, en y adjoignant une dose de douleur : c’est en effet la douleur qui prédomine à la bataille corse quand les mains des adversaires s’abattent l’une sur l’autre pour empocher le pactole (entendez, deux 5). Jouer à la bataille corse, c’est se transposer mentalement dans une chambre d’hôtel Formule 1 lors d’un séjour triste, la veille de l’enterrement de mémé.

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6. Le Monopoly

Slogan : « Achetez, vendez, négociez, gagnez ! »

Avatar plus compliqué (et plus long) de la Bonne paye, le Monopoly propose aux enfants de s’initier à l’âpreté de la vie en les mettant en concurrence avec des adultes sur le terrain économique. Les trois phases de jeu suffisent à remplir tous les cercles de l’enfer, la case prison et la case chance symbolisent à elles seules toutes les inégalités sociales, et puis il y a les connards qui disposent leurs hôtels partout en espérant palper un maximum de thunes et, étonnamment, ce sont les mêmes qui, dans la vraie vie, montrent c’est qui qui domine du point de vue économique. Une légende raconte qu’aucune partie de Monopoly n’est arrivée à son terme depuis 1986, le plateau finissant toujours renversé au bout d’1h40 de jeu en moyenne.

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7. Le jeu des 7 familles

Slogan : « Famille je vous hais »

« Dans la famille relou, je voudrais le jeu nul ». « Dans la famille connard, je voudrais le père ». « Comment tu me parles, toi ? » « File-moi ta putain de carte, connard. » Le tout devant une imagerie particulièrement triste inspirée des images d’Epinal. Le pire, dans ce jeu, c’est qu’aucune des 7 familles ne paraît mieux que la sienne, alors même qu’elle est manifestement vraiment très très nulle, la sienne, vu qu’on y passe le dimanche après-midi à jouer au jeu des 7 familles.

8. Le Trivial Pursuit

Slogan : « Révélez votre part de génie »

Concours de taille de bite pseudo-intellectuel, le Trivial Pursuit est l’occasion de mettre à profit le savoir encyclopédique que vous avez emmagasiné sur les champions de ski des années 1980 et la pensée d’Heidegger. C’est aussi et surtout l’occasion de vérifier toutes les 15 minutes la date de publication du jeu pour vérifier que la réponse que vous venez de donner avec assurance et qui a été démentie dans la bonne humeur générale par la carte officielle est vraiment fausse et qu’il ne s’agit pas d’une erreur liée à la caducité du jeu. Mécanique d’espoir/désespoir, l’assurance prenant un coup sur la casquette aussitôt la vérification effectuée sur Internet ou dans le Quid quand on vit il y a 25 ans. « Pourtant, j’en étais persuadé ». Aucun demi-point n’est jamais accordé aux réponses certaines qui s’avèrent fausses. Chienne de vie.

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9. Le Mastermind

Slogan : « Le plus célèbre des jeux de logique »

Le plus célèbre des jeux inconnus, surtout. Le Mastermind est un jeu de pute. Déjà, ses petits boutons colorés sont idéals pour étouffer un enfant ou un chien ; ensuite, il s’agit juste d’une resucée de bataille navale dont tout l’imaginaire a été effacé au profit d’un simulacre de logique. Les gens veulent se faire croire qu’ils sont en train de faire un genre de partie d’échecs ou de jeu-de-go sur un plateau en plastique triste ; en réalité, ils sont juste en train de faire une partie de jeu triste sur un plateau en plastique triste.

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10. Le Mémory

Slogan : « Le jeu numéro un des maisons de repos »

Qu’on se le dise : trouver l’emplacement d’une girafe bleue parmi un panaché de cartes renversées ne prouvera pas votre supériorité intellectuelle. Sauf bien sûr si vous combattez avec acharnement la maladie d’Alzheimer, auquel cas on ne parle plus de jeu, mais bien de thérapie.

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Dans jeu, il y a je. Dans se jeter par la fenêtre aussi.

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