Maintenant que les fresques murales se sont achetées une respectabilité et qu’elles se mettent à fleurir sur les façades du moindre bled, on se dit qu’il est temps qu’on te fasse un petit topo sur le vocabulaire qu’il y a derrière. Histoire que t’arrêtes de passer pour une pomme dans les nombreux dîners en ville où tu es invité (si si ne sois pas modeste). Tag, graff, peintures murales, panique pas on t’explique tout dans ce petit top de voyou.

1. Un "Blaze" et un "Tag"

Faut bien commencer par le début : le blaze, c’est le pseudo d’un graffeur, son nom de scène, son identité d’artiste quoi. Forcément, c’est aussi sa signature, et il est donc amené à la « poser » un peu partout, au marqueur ou à la bombe : et c’est précisément ça qu’on appelle un tag. « Etiquette » en anglais. Historiquement pour marquer son territoire.

2. Un "Graffiti" ou "Graff" ou "Pièce"

Dérivé du mot latin « grafium » signifiant « éraflure », il est en général indésirable, même si la situation évolue quelque peu ces derniers temps. Pour être précis, il s’agit le plus souvent d’un lettrage, accompagné ou non d’éléments supplémentaires (personnage, background…). Ça peut également être le blaze de l’artiste, ou celui de son crew (de son équipe) mais c’est toujours beaucoup plus élaboré qu’un tag : profondeur, contours, effets de lumières. Il faut des heures pour le réaliser, et il en existe des dizaines de types différents. Posé sans esquisse préalable par exemple, c’est un freestyle. Sans remplissage, c’est un flop. Avec de la peinture métallique, c’est un chrome. En speed c’est un trhow-up… Et cetera.

3. Une "fresque murale" ou "peinture murale"

Une fresque murale peut comporter des graffitis, mais ça n’est pas nécessairement le cas. Personnage, paysage, ou dessins abstraits, il n’existe aucune limite aux sujets qu’elle peut mettre en scène. Elle peut intégrer et jouer avec les éléments réellement présents dans le décor, parfois même sous forme de « trompe l’œil ». Moins « connotées » que le graffiti (et plus accessibles aux néophytes) ce sont elles que les mairies commencent à intégrer dans leurs communes.

4. Un "Stencil" ou "Pochoir"

L’un étant la traduction anglaise de l’autre : le stencil-art consiste en un support (le plus souvent une plaque de carton, de plastique ou de métal), prédécoupée et que l’on fixe sur la surface que l’on souhaite peindre, avant d’appliquer la peinture dans les zones vides. On retire la plaque, et comme par magie, le motif est majestueusement incrusté dans le mur. L’avantage de cette technique c’est qu’elle permet 1) la réutilisation du pochoir pratiquement à l’infini et 2) de poser rapidement, ce qui peut s’avérer pratique dans un cadre illégal. C’est d’ailleurs pour cette raison que Banksy (si tu prononces « Bansky » je te pète les dents une à une) s’est d’abord tourné vers cette technique : travaillant lentement à ses débuts, il risquait moins d’être pris en flag’.

5. Le "marker"

Ok, bon, tu l’as celui-ci. Ajoutons simplement qu’il comporte un embout large, principalement utilisé pour le tag donc et qu’il en existe de multiples variantes. Le baranne ou la torche par exemple, remplis d’encre, ont pour but de couler.

6. Les "Caps"

Un cap c’est la petite buse qu’on emboîte au sommet de la bombe, et dont l’importance est capitale, parce qu’elle détermine la finesse du trait qui en sort. Ainsi il en existe de différentes « tailles » : fat caps (gros trait), skinny caps (plus fin) ou carrément fine caps (très fin), selon la nature de la pièce à réaliser.

7. Le "collage"

Plus éphémère qu’une œuvre à la bombe ou au marker, un collage, comme son nom l’indique, consiste en une impression ensuite placardée sur un mur. Moins résistant, aux aléas de la météo par exemple, le collage a l’avantage de pouvoir être produit en série, et affichés massivement et facilement.

8. Un "spot"

Un spot c’est tout simplement l’endroit où on décide de poser un graff ou un tag. Certains sont gracieusement mis à disposition par les mairies, et auquel cas, c’est tout ce qu’il y a de plus légal. Dans le cas contraire, on parle de vandal, même si tous les graffeurs ne sont pas fans du terme et de sa connotation largement négative.

9. Un "panel" ou un "whole car", ou même un "whole train"

Et nous voilà du côté SNCF de la force, pour un classique du genre : poser un panel, c’est graffer la partie basse d’un wagon, jusqu’à mi-hauteur, en s’arrêtant sous les fenêtres. Si on décide d’aller plus loin, et de recouvrir l’ensemble du wagon, ça devient un whole car. Encore plus loin, tu nous vois venir, il s’agit d’un whole train.

10. "Toyer" ou un "toy"

Là on rentre un peu dans la filsdeputerie, puisqu’il s’agit de l’action de recouvrir le graff d’un autre graffeur, le plus souvent par provocation. Au global c’est assez mal perçu, surtout dans certaines circonstances aggravantes : quand le graff initial est plus élaboré que celui qui le recouvre, ou quand le graffeur originel est plus reconnu. Là ça se fait aps de chez aps. Par extension, ça désigne aussi un graffeur inexpérimenté ou mauvais.

Alors, c’est qui qui va briller la prochaine fois, entre la salade et le dessert ?

Sources : http://www.streetart-brest.fr/media299, http://www.blog.stripart.com/art-urbain/le-vocabulaire-du-street-art/, http://graffiti-encyclopedia.blogspot.com/p/dictionnaire-du-graffiti.html