La Tchétchénie n’est pas un endroit cool. La république de Tchétchénie, qui fait partie de la fédération de Russie, est en effet sous le feu des projecteurs depuis un an pour ses actions répressives voire totalement massacrantes envers les populations LGBT. Entre fanatisme religieux, folie furieuse du président Kadyrov, soumission au pouvoir de Poutine et impunité totale, on se retrouve dans une situation totalement alarmante à visée d’éradication totale. La terreur.

1. De quoi parle-t-on ? Il n'y a PAS de gays en Tchétchénie

C’est du moins la position officielle de Kadyrov quand on l’interroge sur la question. Pour lui, les gays sont « le démon » et comme il ne saurait y avoir de démon parmi les Tchétchènes, il n’existe pas d’homosexuels. A un journaliste qui voulait connaître sa position sur les rapports accablants concernant le traitement des gays, Kadyrov a répondu : « Cette question est un non-sens. Nous n’avons pas ce genre de personne ici. Nous n’avons pas de gays et s’il y en a, emportez-les au Canada. Prenez-les loin d’ici pour que nous n’en ayons pas chez nous, pour purifier le sang de notre peuple. »

Purifier le sang, toujours un super programme, ça.

2. Au cas où y'en aurait, il existe des camps de concentration pour homosexuels

Enfin il n’y en a pas, il n’y en a pas… En avril, Novaïa Gazeta, un média russe d’opposition, a publié un article relatant le plan de répression mus en place par le pouvoir contre les homosexuels. Les homos sont arrêtés, torturés, forcés de livrer le nom d’autres homosexuels et, la plupart du temps tués. En avril, le journal évoquait le cas de 100 personnes. De nouvelles exactions ont eu lieu en août.

3. Un bras de fer s'est mis en place entre la communauté internationale et le pouvoir tchétchène

Suite à ces révélations, la communauté internationale s’est emparé du sujet avec une relative prudence. C’est que Kadyrov est le protégé de Poutine et les deux étant un peu dingues, on n’a pas envie d’aller à l’escalade. Amnesty International a pourtant relayé l’accusation, et un certain nombre de responsables politiques d’envergure également – mais sans trop crier, hein. Ce qui est sûr, c’est que Kadyrov nie tout en bloc (tout en affirmant que s’il existait des homos dans le pays, il faudrait, je cite, « les jeter ») et Poutine, pour gagner du temps, a fait mine d’ouvrir une enquête interne.

4. Le pouvoir n'hésite pas à s'attaquer à des personnes connues

Très récemment, un chanteur russe connu, Zelimkhan Bakaev a été porté disparu alors qu’il se rendait à Grozny au mariage de sa soeur. Il est à l’heure actuelle impossible de savoir s’il a été ou non assassiné. Les autorités tchétchène affirment qu’il se trouve à Berlin mais ont publié une vidéo de lui dans un appartement que certains ont reconnu comme un appartement témoin utilisé par le pouvoir et situé en Tchétchénie. L’homosexualité du chanteur de 26 ans n’ayant jamais été rendue publique, cette exaction et ce meurtre potentiel sont encore plus dérangeants (si c’était possible de faire plus dérangeant).

5. Les familles sont invitées à tuer eux-mêmes leurs homos

D’après un rescapé des prisons clandestines où l’on torture les homosexuels, les familles des prisonniers sont appelées à participer à la répression avec les autorités. Le pouvoir demande solennellement aux familles de dénoncer, réprimer et tuer les éventuels homosexuels qui se situeraient parmi eux. Une horreur.

6. Les corps des homosexuels tués sont enterrés n'importe comment

Ce même rescapé explique que les homosexuels tués dans les camps sont enterrés sans faire aucun cas des lois islamiques en matière de respect de la sépulture. Un comble pour un pouvoir qui se revendique de l’islam en continu.

7. Il s'agit d'une entreprise d'éradication

Le 20 avril 2017, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères britannique a affirmé devant la Chambre des communes que le pouvoir Tchétchène cherche à éradiquer les homosexuels du pays. Rafles, dénonciations, meurtres gratuits, le tout sans enquête et sur simple présomption en raison d’une seule appartenance sexuelle : cela ressemble énormément à l’entreprise nazie envers les Juifs. Énormément.

8. De manière plus générale, il y'a un problème russe en la matière

Jusqu’en 1993, l’homosexualité était considérée comme un crime en Russie. Si ce n’est plus désormais le cas, la situation est complexe, car l’opinion publique est à demi favorable au rétablissement des répressions envers les gays ; de ce fait, aucune législation n’a été mise en place quant à la défense des droits LGBT : en Russie, la discrimination envers une personne sur la base de son appartenance sexuelle est légale. De plus, en 2013, une loi a été votée interdisant, je cite « l’information auprès des mineurs au sujet des relations sexuelles non traditionnelles », entendez pas entre un homme et une femme.

Terrifiant.