C’est la journée mondiale de l’environnement. HOURRAAAA ! L’occasion rêvée de se remettre le nez dans tout ce qui fait que la planète meurt à petit feu (voire à grand galops). Voilà pourquoi on a décidé de faire un petit focus sur les déchets parce qu’à ce sujet on a l’air plutôt mal barrés. Et quand on parle de déchets, on pense en particulier au plastique. En 2016, on dépassait ainsi les 396 millions de tonnes de déchets plastiques dans le monde. Pas ouf. Mais au delà de ces chiffres horriblement angoissants, il y a quelques petits trucs qu’on ne soupçonne pas en ce qui concerne nos bonnes vieilles ordures.

1. Le plastique noir est un truc vraiment pas ouf

Si le plastique est globalement de la merde, les plastiques ne sont pas tous logés à la même enseigne. Le plastique noir est ainsi le plus pourri. Oui oui, on parle bien du plastique de tous vos appareils électroniques, de jouets pour enfants, d’emballages alimentaires et de tout un tas de trucs. D’un côté le plastique noir est bien pratique parce qu’on peut le créer à partir d’autres plastiques (contrairement au plastique transparent qui ne peut être fabriqué à partir de plastiques d’autres couleurs) qui viennent le plus souvent de produits électroniques. Or ces derniers sont plein d’additifs chimiques vraiment pas eco-friendly. Donc plastique noir = toxicité maximale. Super nouvelle non ?

2. Même nos pipis et nos cacas sont ultra polluants

Déjà parce que chaque fois qu’on passe par la case toilettes, c’est 9 litres de flotte qui se barrent aux oubliettes. Mais en plus parce qu’on est nous-mêmes devenus tellement suintant de perturbateurs endocriniens que nos déjections sont devenues aussi polluantes C’est logique, à force de bouffer des trucs toxiques, on est devenus toxiques. Mais on a aussi un problème de quantité. 400 millions de tonnes de caca humain produites chaque année (sans compter le caca animalier) c’est un peu trop de merde pour notre douce planète.

3. Même l'espace devient dangereux à cause des débris qu'on envoie en orbite

On aurait tendance à croire que les déchets ne concerne « que » la Terre. Héhé, MAIS NON ! On a été assez malins pour se dire qu’on pouvait aussi balancer nos merdes dans l’espace. Loin des yeux, loin du cœur. Le problème c’est qu’on n’y est pas allé de main morte et à l’heure actuelle il y a pas moins de 130 millions de débris artificiels en orbite autour de la terre. A tel point que la terre vue depuis l’espace est désormais entourée d’une pellicule de débris. Dans le pire des scénarios à venir si on ne réduit pas cette quantité de déchets, on pourrait même se retrouver étouffés par ces déchets orbitaux qui tournent à plus de 28 000 km/h autour de notre tête. Heureusement qu’il existe des super-héros de l’ombre comme l’astrophysicienne Fatoumata Kebe qui tente de mettre au point une sorte de « balai intersidéral » afin de rassembler ces déchets (on vous recommande l’article de Usbek & Rica n°26 à ce sujet).

4. Jeter un mégot dans le caniveau c'est comme le jeter dans la mer

Aaaaah les mégots et la pollution, c’est une grande histoire d’amour. Rien que dans notre pays, c’est 30 milliards de mégots qui atterrissent chaque année dans la nature. On savait déjà que fumer c’était pas bon pour la santé. Eh bien SURPRISE ! C’est aussi super mauvais pour la planète. Sans blague ? En France il n’existe qu’un seul centre de recyclage des mégots en Bretagne, et encore ils ne peuvent traiter que les mégots intacts (c’est à dire, pas ceux qui sont écrasés par terre ou mouillés). Ainsi à Grimaud on a disposé des petites plaques au niveau des bouches d’égout avec inscrit « la mer commence ici » pour inciter les fumeurs à jeter leurs mégots à la poubelle et non dans les égouts où ils auront une plus forte de chance d’atterrir dans les océans. Or un seul mégot pollue 500 litres d’eau. Outre l’amende à 68 euros à laquelle nous nous exposons désormais en jetant un mégot par terre, ça devrait peut-être nous faire un peu réfléchir.

5. Quand on pense recycler nos déchets, en fait on les envoie dans les pays plus pauvres

La dernière vidéo de Hugo Clément et de ses tatouages est édifiante. Les pays aisés ont un peu la flemme de traiter leur déchets donc pour un moindre coût ils les envoient en container dans des pays pauvres qui se retrouvent écroulés sous des déchets de particuliers Français (entre autre) sans avoir les infrastructures nécessaires pour les traiter. Un scandale dont la France n’est pas la seule responsable. Même combat entre les Philippines et le Canada à qui on vient de renvoyer 6 ans d’ordures échouées sur l’archipel. Quant aux Etats-Unis, 70 % de leurs déchets sont exportés ! Il y a même un marché qui régule ça, c’est le Global Waste Trade. Trop happy que nos merdes soient cotées en bourse !

Le scandale du plastique français exporté en Malaisie

Hallucinant. On a retrouvé votre bouteille de lait... dans une décharge sauvage en Malaisie !Exportée depuis la France, une partie de nos déchets se retrouve déversée dans ce pays d'Asie en toute illégalité.On décrypte ces images accablantes et on interpelle le ministre de l’Environnement ?#LePlastiqueNonMerci, une initiative France Inter & Konbini

Publiée par Hugo Clément sur Mardi 4 juin 2019

6. Le simple fait de laver nos vêtements constitue un acte polluant

L’industrie du vêtement est la deuxième la plus polluante au monde. Mais la pollution du textile ne se limite pas à sa fabrication. Le simple fait de laver nos fringues libèrent des microfibres en plastiques (en ce qui concerne les vêtements synthétiques) qui se retrouvent à leur tour dans les océans et dans le bide des poiscailles qui finissent à leur tour dans notre bide. C’est beau ce cycle de la vie.

7. On a construit des centrales nucléaires mais OUPS on ne sait pas les détruire

Quand on sait que les 3/4 de l’électricité en France proviennent du nucléaire, c’est encore un peu compliqué d’envisager de changer de modèle. Et pourtant, le nucléaire est certainement ce qui représente le plus grand danger de l’humanité. Le volume des déchets nucléaires en France est un million et demi de mètres cubes (plus ou moins 4 tours Montparnasse, miam). La « bonne nouvelle » c’est que 90 % de ces déchets radioactifs ne seront plus nocifs au bout de quelques siècle, yay. En revanche, pour les 10 % restants il faudra attendre 100 000 ans. Seul souci, il faut prévenir les gens qui seront là dans 100 000 ans. Mais vu que nous on sait causer que depuis à peine 10 000 ans, on ne sait pas trop à quoi pourrait ressembler le langage des êtres vivants qui seront là dans 100 000 ans. Donc on cherche des pictogrammes tout pétés pour dire « hey, cassez vous on a chié à 500m de profondeur ! ». Je vous laisse avec cette vidéo du Monde qui résume très bien cette situation ubuesque.

8. Les matières plastiques mettent en moyenne 400 ans à se dégrader

Enfin on croit. Bah oui parce qu’on n’a pas encore de plastique vieux de quatre siècles puisque les premières formes de plastique n’existent que depuis la fin du XIXe siècle et qu’on n’en produit en masse que depuis les années 50. On en aurait produit a peu près 9 milliards de tonnes depuis cette époque et on devrait atteindre les 12 milliards de tonnes d’ici 2050. C’est tellement immense comme chiffre que ça n’a pas de sens.

9. 91% des déchets plastiques ne sont pas recyclés

Ce qui est génial avec le plastique c’est qu’on a trouvé le moyen de l’utiliser tellement dans tout et n’importe quoi qu’on ne sait plus vivre sans. Le problème c’est qu’on n’a jamais capté vraiment comment le détruire. Ce qui fait qu’on produit sans limite et qu’on jette sans limite. Du coup on se retrouve avec 91 % de déchets plastiques non recyclés et à ce jour rien ne nous permet d’inverser la courbe. Bientôt c’est plus un continent de plastique qui se baladera dans le Pacifique mais c’est une terre de plastique sur laquelle on vivra avec quelques rares espaces encore respirables. Génial non ?

10. Boire de l'eau dans des bouteilles en plastique c'est être content de payer 300 fois plus cher un bien quasiment gratuit au départ tout en polluant la planète

Donc oui, oui c’est bien con. Alors je sais ce que vous allez me dire. Rien de tel qu’une bonne Hépar pour soigner sa gueule de bois (avec un son petit goût de magnésium, c’est un délice). Je connais vos arguments, je suis passée par là. Mais bon, là on n’a plus trop le temps de faire des chichis. Arrêtons cette mascarade de l’eau en bouteille qui pollue, bousille nos nappes phréatiques et nous coûte doublement une blinde. C’est la plus grande absurdité du monde moderne. Imaginez un peu si on nous vendait de l’air en canette, vous trouveriez ça débile non ? Bah voilà.

Bon allez, en attendant de finir en suicide collectif, on peut déjà réduire notre production de déchets. Youpi.

Source : France Inter, Futura Science, Le Monde, National Geographic, France Tv Info

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