Crédits photo (creative commons) : Jean-Michel Bernard

T’as lu Kafka, "La Métamorphose", le gars qui se réveille un matin transformé en cloporte géant ? En paraphant l’acte de propriété d’un habitat équipé de jardin, tu signes un pacte avec le diable. Insensiblement mais inexorablement et à ton corps défendant, tu te métamorphoses en...jardinier(e). Farcis toi les oreilles au persil, et n’écoute pas le chant des sirènes du jardin, car voici ce que tu risques...

  1. Tu deviens retraité avant l'heure : alors que tu ne demandais rien de plus qu’une table, des chaises et un parasol à apéro dans ton jardin, tu te retrouves à semer et repiquer sans trêve ni repos, qu'il pleuve ou qu'il vente, le moindre germe qui passe sous ton gant de jardinage.
  2. L'escargot devient le plus redoutable des ennemis : jusque là, ils étaient les gais compagnons des jours pluvieux, avec leurs quatre cornes télescopiques si marrantes à faire disparaître de l’index. Aujourd'hui, tu les traques tel un inspecteur de Scotland Yard. Tu t'en débarrasses sans scrupules grâce à des petits granulés empoissonnés ou, plus lâche, en les balançant subrepticement chez le voisin.
  3. Le côté fashionista en prend un coup : ex-impératrice du shopping de boulevard, tu furètes désormais en bavant de désir au rayon Vilmorin de ton hypermarché, fantasmant graines de persil et plantoir ergonomique.
  4. Tu accordes de l'importance à des choses inutiles : Tu passes une bonne heure chaque soir le cul en l’air, à compter les douze feuilles de ton chêne en pot (un gland ramassé à Fontainebleau), à renifler chaque nouvelle pousse de ton bébé figuier (on fête ses sept feuilles aujourd’hui), à lancer des regards désespéro-enamourés à ta glycine en espérant la convaincre de se mettre à produire autre chose que du vert.
  5. Ton chien devient potentiellement dangereux : alors qu'avant, vos relations n’étaient qu’harmonie céleste humanocanine, elles sont désormais concurrence territoriale et lutte pour l’empêcher d’enterrer ses croquettes sous ta lavande sacrée.
  6. Une vie sociale réduite à néant : quand les copines te demandent "T’as vu l’expo machin ?", tu réponds invariablement "Nan, mais j’ai coupé mon herbe.".
  7. Tu continues d'être un retraité avant l'heure, again : lorsque la Pentecôte s’annonce, au lieu d’aller te gondoler à Venise, tu ne penses qu'au rayon engrais-qui-pue de chez Truffaut que tu iras dévaliser main dans la main avec ton JC.

Et vous, vous voyez d'autres indices ?