La langue française c’est vraiment une belle saloperie. Si, si je vous assure. Quand on voit le nombre de livres sur les règles orthographiques totalement absconses, ça donne une idée de l’ampleur du problème. Et en feuilletant le formidable ouvrage de Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, on découvre que l’orthographe française est une vaste plaisanterie illustrant à merveille notre schizophrénie (rapport au fait qu’on est ultra fier d’avoir une orthographe pleine de non sens, mais qu’on fait quand même des fautes à tous les mots).

1. Les pluriels en "x" sont une erreur de lecture des textes de moines copistes

Historiquement, on constate que le pluriel était souvent écrit avec un « us » comme par exemple dans le mot « cheveus ». Sauf que les moines étaient des grosses feignasses et ont copié « x » à la place de « us » pour aller plus vite, ce qui a donné « chevex ». Le blème c’est que les académiciens qui ont voulu fixer l’orthographe n’ont pas capté l’embrouille et ont cru que l’abréviation de « us » était un « x » (en même temps on peut pas vraiment leur en vouloir) du coup ils ont rajouté un « u » devant le « x » (ce qui a donné « cheveuus »), et donc le fameux « cheveux » avec l’abréviation. Techniquement on a donc le droit d’écrire « cheveus » c’est historiquement valable.

Quant aux hiboux, choux, cailloux et genoux, rien dans l’histoire ne permet de justifier pourquoi ceux-là prennent un « x ». Rien.

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2. "Alléger" prend deux "l" alors que "alourdir", un seul

Clairement c’est pas en comprenant le sens des mots que tu vas commencer à piger de quelle manière on les écrit.

3. Il y a deux "r" à "charrette" et un seul à "chariot"

Pourtant on parle bien d’objet similaire qui a priori ont la même racine ? Mais non. On a plutôt décidé que le bon sens c’était de la connerie et qu’on allait plutôt faire que des coups de pute à tous les coins de mots.

4. Le son /s/ peut s'écrire de 12 manières différentes alors que la lettre "s" peut se prononcer de trois façons seulement

Si, si je vous jure on va faire la démonstration ensemble : s (syphilis), ss (chiasse), c (prépuce), ç (ça), sc (discerner), t (éjaculation), x (six), z (quartz), th (forsythia), sth (asthme), cc (succion), sç (acquiesça). Et à l’inverse si tu croises la lettre « s », tu n’auras que trois options de prononciation : /s/, /z/ ou muet. En gros, pour un seul son on a douze manières de l’écrire et seulement trois de le prononcer. Expliquez-moi pourquoi on nous fait vivre une pareille torture.

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5. Il y a deux "n" à "résonner" et un seul "n" à "résonance"

On poursuit de toute évidence notre quête de non-sens sur l’autoroute de l’absurde.

6. Le mot "style" prend un "y" alors que ça vient du latin "stilus"

Eh ouais ma gueule.

7. On écrit "bruit" avec un "t" (comme dans "bruiter"), mais pourquoi alors on écrit "abri" sans "t" (alors qu'on dit "abriter") ?

Et ça vaut aussi pour les mots « édit » ou « crédit » qu’on écrit « éditer » ou « créditer ». La logique n’est clairement pas palpable.

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8. Ecrire le mot "dix" avec un "x" (qu'on prononce /s/) alors qu'on écrit "dizaine" avec un "z" et "dixième" avec un "x" qu'on prononce /z/

On peut même plus parler d’incohérence à ce stade mais d’arnaque de l’orthographe sur les esprits faibles. Comment peut-on trouver ça cool et formidable d’avoir des règles orthographiques aussi stupides ? Je m’insurge.

9. Les mots "contraindre", "astreindre" et "restreindre" s'écrivent différemment alors qu'ils viennent tout trois du latin "stringere"

Une racine latine qui toutefois n’a rien à voir avec le mot « string ».

10. Ecrire le mot "poids" avec un "d" alors qu'il vient du latin "pensum"

En fait ça sert les cours de latin, surtout pour justifier notre droit à faire des fautes.

11. L'orthographe du mot "monsieur" est juste une insulte à la bienséance

C’est bien le seul mot de la langue où l’on écrit le son /eu/ à la fois « on » et « eur » dans un seul et même mot ce qui repousse les limites de la filsdeputerie orthographique.

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12. Toutes les consonnes du français peuvent être muettes sauf le "j", le "k" et le "v"

Exemples suscitant beaucoup de haine : le c de « tabac », le b de « aplomb », le d de « blond », le f de « œufs », le g de shampoing, le l de « persil », le m de « damné », le n de « ennui » (oui bah il suffit d’en choisir un des deux), le p de « sparadrap » (ou juste « drap »), le q de « Jacques », le r de « monsieur », le s de « succès », le t de « valet », le w de « bungalow », le x de « choux » le z de « nez » et enfin le h de… tout.

13. On écrit "siffler" avec deux "f" et "persifler" avec un seul "f"

NTM lortograff

14. On écrit "la gelée de groseille" et "la confiture de groseilles" (avec un "s")

Bon là c’est vraiment un coup de bâtard, je connais peu de gens qui vous reprendront si vous faites l’erreur. L’explication est pourtant très logique : dans la confiture de groseilles on voit les groseilles, et pas dans la gelée c’est pourquoi on peut l’écrire au singulier. Bah voyons c’est quand même pas compliqué bande de cons.

15. Il n'y a aucune logique à écrire "les cacas que j'ai mangés" (avec un "s") et "j'ai mangé les cacas" (sans "s")

Cette saloperie d’histoire de complément d’objet direct nous a vraiment foutu dedans sur le plan moral. Cela résulte encore d’une astuce de moine copiste. Parce que quand il écrivait « Les cacas que j’ai mangés », le COD précède le verbe, il est donc facile à accorder avec le verbe puisque le COD est sous ses yeux. En revanche, quand il devait écrire « J’ai mangé l’autre jour, par un belle nuit d’été, saisi d’une soif de curiosité blablabla blablabla (…huit pages…) les cacas », il ne pouvait pas savoir tout de suite si ce qui allait être mangé était au pluriel. Bref à cause de cette connerie on a décidé que l’accord se faisait quand le COD était avant le verbe et non après. Merci les moines.

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