Environ 2% de la population souffrirait (façon de parler) de psychopathie. Absence d’empathie, considération des autres comme des leviers pour s’élever, incapacité à se lier avec les autres… Les idées reçues sur la psychopathie sont nombreuses et très souvent fausses, la faute notamment à la sacralisation de la figure du psychopathe dans la littérature policière et criminelle. Mais les psychopathes sont avant tout des êtres humains qui vivent au milieu de nous et dont on connaît très probablement des spécimens.

1. Les psychopathes n'ont aucun sentiment

Généralement, quand on pense psychopathie, on pense zéro sentiment. L’idée est que les psychopathes sont mus uniquement par l’envie d’atteindre leurs objectifs et que tout sentiment qui viendrait se mettre en travers de leur route serait automatiquement éliminé. Mais c’est pas vrai ! Les psychopathes ont des émotions, positives comme négatives : ils peuvent être tristes, avoir peur, se mettre en colère… Le truc, c’est que leur image sociale, extérieure, est une image calme. Mais intérieurement, c’est tout autre chose : d’ailleurs, le diagnostic de psychopathie est étroitement lié à un seuil de tolérance très faible à l’agression. Les psychopathes peuvent aussi avoir des joies autrement qu’en dominant le monde, rire ou chanter. Parfois faux, même.

2. Pour eux, tout est bon pour arriver à leur fin

C’est faux : les psychopathes ont bénéficié d’une éducation semblable à la nôtre et ils savent très bien faire la part du bien et du mal telle qu’elle est usuellement définie dans les sociétés dans lesquelles ils vivent. Le truc, c’est qu’ils réfléchissent tellement à l’éthique et à la morale qu’ils finissent par s’en fabriquer une à eux seuls. La confusion des sentiments qui les habite tend généralement à entremêler les notions de bien et de mal, mais la culpabilité n’est jamais loin. Pour autant, chaque personne diagnostiquée pourra avoir son éthique propre, plus ou moins compatible avec les valeurs de la société.

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3. C'est une maladie mentale, comme la schizophrénie

La littérature scientifique actuelle tend à reconsidérer le statut de la psychopathie : il ne s’agirait peut-être pas d’une maladie mentale en tant que telle mais peut-être des signes extérieurs d’autres maladies mentales qui, assemblées, créent des comportements antisociaux. La psychopathie, décrite comme une maladie mentale monolithique, est en réalité une conception issue d’une certaine éthique normative : se comporter bizarrement, c’est forcément être atteint d’une maladie. Or, les psychopathes ne souffrent pas nécessairement de leur état, contrairement aux schizophrènes ou aux bipolaires. Or, en quoi une absence d’empathie pourrait-elle réellement être préjudiciable directement à celui qui la porte ?

4. C'est un dérivé du narcissisme

Psychopathie et narcissisme ne sont pas du tout des termes synonymes. D’un côté, les narcissiques cherchent par tous les moyens à attirer l’attention ; de l’autre, les psychopathes se servent de la manipulation pour obtenir du pouvoir, le pouvoir étant une fin en soi. Ce qui signifie que l’on peut apaiser un narcissique en lui apportant de l’attention ou en discutant avec lui de l’échelle des valeurs importantes, alors que le psychopathe prendra toute discussion comme un aveu de faiblesse de l’autre.

5. Les psychopathes sont forcément violents

Il n’existe pas de statistiques empiriques officielles, mais a priori moins de 2% des psychopathes s’avèrent violents. Un pourcentage qui n’est pas différent pour les autres catégories de population. Si la psychopathie peut engendrer de la violence, elle n’en engendre pas nécessairement.

6. Les psychopathes sont forcément dangereux

Non. Ca dépend du degré de psychopathie, bien sûr, mais on peut mentir et faire passer son plaisir avant toute prise en compte des autres sans être dangereux pour les autres. Être incapable d’honorer ses obligations et ne pas prendre en compte toute chose qui serait contraire à son bonheur peut même être une force intérieure, même si ça peut devenir insupportable pour les autres. En soi, quelqu’un qui ment et pense à lui n’est pas forcément un sale type, ça peut être quelqu’un d’agréable et d’amusant, à condition qu’on ne le considère pas comme fiable.

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7. Ce sont des solitaires qui refusent le contact des autres

Encore une fois, la psychopathie consiste en un système de pensées où l’empathie n’a pas sa place et où l’objectif principal commande aux comportements. Mais si cet objectif principal consiste par exemple à se faire des amis ou à fonder une famille ? Ils le feront. Et ils le feront bien. Pour autant, ils pourront se montrer destructeurs dans les relations qu’ils tisseront : le truc, c’est qu’un psychopathe ne naît pas en se disant « Oh putain, je suis un psychopathe ! » ! Il ne se rendra pas forcément compte des raisons pour lesquelles ses comportements peuvent détruire les autres.

8. Ils sont remarquablement intelligents

Non. En tous les cas pas ceux qui tuent des gens. Si l’image du serial killer tellement fort et intelligent qu’il n’est jamais chopé est aussi commune que les vélos à Amsterdam, la plupart des tueurs psychopathes sont en réalité légèrement débiles mentaux. Tout le monde n’est pas Ted Bundy et les tueurs qui se font attraper ont généralement semé des indices menant à eux comme le Petit Poucet ses cailloux.

9. Ce sont des personnes presque inhumaines

Eh bien non : ce sont des humains. Et comme les humains ils ont des sentiments contradictoires, des émotions, réussissent parfois dans leurs projets et échouent d’autres fois. Imaginez que vous ayez des pensées contradictoires permanentes en vous : est-ce que vous pensez vraiment que vous réussirez tous les examens, toutes les épreuves de la vie, que vous réussirez au-delà du possible en raison de votre soif de destruction et de votre moteur intérieur ? Bah non, vous vous prenez des bâches, vous vous décevez, vous êtes abattus, et puis parfois vous réussissez, et puis parfois vous cartonnez et c’est la vie et c’est comme ça. Sans compter que les gens finissent par se rendre compte de leur fonctionnement et de ce fait les fuir : il faut tout recommencer à nouveau.

10. Il existe une seule psychopathie

La science reconnaît généralement entre 3 et 16 types de psychopathie : pour faire vraiment simple, il y a le type névrotique, le type psychotique et le type pervers. Ces types correspondent à des schémas de pensée et de comportements différents. Une autre école différencie les psychopathes relevant de la désocialisation, ceux relevant de l’hostilité, ceux relevant de l’absence d’empathie et ceux relevant de l’agressivité et du mensonge. S’il existe des traits communs entre ces personnalités, elles ne se chevauchent pas nécessairement.

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J’aimerais créer le personnage d’un super héros, PsychoPatrick.

Sources : Listverse, La réponse du psy