Avec Gladiator, les combats de gladiateurs ont pris dans nos esprits la forme de luttes à mort pour la survie de Russel Crowe. En réalité, on choisissait pas ses gladiateurs comme ses radiateurs, puisque ceux-ci ne signent généralement pas de contrat pour venir chauffer l’espace convexe au sein duquel on vit.

1. Les mecs étaient des esclaves maltraités

Après la révolte de Spartacus, on s’est rendu compte qu’avoir des esclaves baraqués et formés au combat, et bah c’était dangereux. Dès lors, les gladiateurs étaient des professionnels à partir de la fin du III° siècle avant Jean-Claude. Ils signaient un contrat avec celui qu’on appelait leur laniste, celui qui montait une écurie de gladiateurs, et faisaient une déclaration devant un tribun de la plèbe afin d’éviter les engagements forcés. Les contrats, dits autocrati, précisaient une durée d’engagement ou un nombre maximal de combats. Ils prêtaient ensuite serment à leur laniste et reconnaissait à celui-ci un droit de maltraitance, même si, dans les faits, celle-ci était rare. Les gladiateurs recevaient alors une prime dont la valeur était variable selon l’ancienneté du gladiateur.

Les gladiateurs qui survivaient longtemps étaient riches et très admirés.

2. Ce n'était que des mecs ultra baraques

Et bah pas trop. En réalité, il existait une foule de profils différents correspondant plus ou moins à l’ancienneté du gladiateur et à son poids, un peu comme à la boxe. Entre un secutor et un mirmillon, pas grand’chose de commun : les différentes catégories ne s’affrontaient qu’en de rares cas. Par ailleurs, jusqu’en 200 après notre ère, il était possible d’organiser des combats de femmes.

3. Les mecs s'entraînaient sous les coups de fouets

Non, comme les athlètes et les guerriers, ils allaient à l’école des gladiateurs. Le gladiateur était inscrit à des ludi, des écoles de formation appartenant à des lanistes ou à l’empereur, seul laniste accepté à Rome. Ces écoles étaient dispatchées un peu partout dans l’Empire. A Rome, on comptait quatre écoles impériales pas trop loin du Colisée où les mecs s’entraînaient dans de bonnes conditions et disposaient d’une chambre personnelle quoique spartiate.

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4. Ils mouraient tout le temps

Non, ç’aurait été beaucoup trop coûteux. En gros, les gladiateurs se formaient dur dur jusqu’à leur premier combat avant de monter, s’il y survivait, dans la hiérarchie interne et bénéficiait de grades avancés. En gros, on estime que 25% des gladiateurs mouraient lors de leur premier combat. En plus, les gladiateurs ne faisaient que 3 à 5 combats par an et, plus ils avançaient, plus leurs combats étaient rares. Ca pouvait grave valoir le coup de s’engager.

5. Le combat avait lieu jusqu'à la mort

Parce que, précisément, le combat n’avait pas lieu jusqu’à la mort : il avait lieu jusqu’à ce qu’on puisse désigner un vainqueur. Donc, la mort était une possibilité, mais une bonne grosse blessure aussi et surtout la fatigue d’un des combattants, le cas le plus courant. Le gladiateur épuisé signale alors sa situation en levant le doigt et l’éditeur, c’est à dire l’empereur à Rome mais des entrepreneurs privés dans d’autres lieux, peut décider de le laisser vivre ou non. Le gladiateur demande en effet à être épargné. Mais l’éditeur n’est pas le seul à décider : la foule scande des trucs et, selon l’intensité mise au combat par l’infortuné, l’éditeur rend sa décision (le plus souvent, il l’épargne).

6. Les gladiateurs vivaient seuls et malheureux

On trouve de nombreuses références à la vie de famille des gladiateurs, qui habitaient généralement des maisons normales avec une femme et des enfants. A la cool la vie.

7. Ils étaient souvent confrontés à des bêtes sauvages

Non, il s’agissait de combats différents. Un type de gladiateur, le bestiaire, affrontait parfois des fauves, mais en de rares occasions. Les bêtes étaient utilisées pour les condamnés à morts qui ne possédaient pas d’armes. Les spectacles de chasse avec des bêtes venaient en complément des combats entre gladiateurs. Tout cela était bien codifié.

8. La formule "Ave Caesar, morituri te salutant" n'était pas utilisée

En réalité, elle a été prononcée une fois en 52 par des soldats condamnés et devant se battre à mort devant Claude, mais jamais par des gladiateurs.

9. Les gladiateurs se battaient à mort pour leur survie

Les gladiateurs ne s’en voulaient pas les uns aux autres et développaient des stratégies de coopération logiques : la mort d’un mec était coûteuse pour tout le monde, y compris pour le laniste. On cherchait donc à démontrer que l’on combattait valeureusement sans pour autant blesser l’autre trop violemment. Un peu comme au catch aujourd’hui il s’agissait surtout d’assurer le spectacle, pas de tuer.

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10. Un gladiateur trop puissant pouvait en venir à défier l'empereur en popularité

Peut-être en popularité, mais pas vraiment à le concurrencer ou à être menaçant comme Maximus auprès de Commode. Les gladiateurs avaient tout intérêt à pas faire de la merde pour obtenir in fine leur petite vie peinarde et ne pas se faire égorger comme des cons.

Moi j’ai installé chez moi un gladiateur à convection.