Le happy end, c’est le passage obligé du film hollywoodien qui se respecte : on ne va quand même pas déprimer le public. Mais il est toujours possible de jouer avec les codes en donnant à sa fin une apparence de joyeuseté alors qu’en fait ça pue le glauque, toute cette affaire. Tout est question d’habileté.

1. E.T.

A la fin d’E.T., tout se déroule au mieux : Elliot aide son pote l’extraterrestre à regagner sa maison – ce qui était son objectif depuis le début puisqu’il voulait absolument téléphoner chez lui. Les grands méchants de la CIA ratent leur coup, et tout redevient comme avant. Enfin sauf pour Elliot qui, après être passé par des aventures ultra-traumatisantes – la découverte de l’existence des extraterrestres, d’un complot étatique visant à le cacher et la peur que le gouvernement ne prenne ton pote pour le disséquer – se retrouve en fait tout seul puisque son pote est parti et ne reviendra jamais. Ca m’étonnerait pas qu’il finisse comme Macauley Culkin, çui-là.

2. Rencontre du troisième type

A la fin du film, Roy Neary, qui a passé le film entier à recevoir les quolibets de tout le monde parce qu’il a essayé d’attirer leur attention sur l’existence des extraterrestres, décide de partir avec ses nouveaux potes vers de nouvelles aventures galactiques puisque de toute façon il ne se sentait pas à l’aise sur terre. Super. Sauf que Neary a une femme, des gosses, une vie. « En fait, votre père a choisi de partir vivre sur une autre planète parce qu’il ne vous aimait pas… » Ou comment financer l’ordre des psychologues pour les 100 ans à venir.

3. Le Livre de la jungle

On parle donc d’un gosse abandonné dans la jungle, élevé par des loups sous le haut-patronage d’une panthère noire puis d’un ours, poursuivi par un orang-outan et un tigre, manquant d’être mangé par un serpent et qui, au bout du bout, retourne à la civilisation parce que y’a une petite fille qui lui fait de l’oeil.

Mais à quel moment c’est cool ? Mowgli n’arrivera jamais à se fondre dans la civilisation ! Sans compter que la notion de consentement, dans la jungle, elle doit pas être claire – on plaint la petite fille. Terminus prison ou clochardise pour Mowgli. Quant à Baghera et Baloo, ils vont bien se faire chier sans Mowgli.

4. The Dark Knight Rises

Quelle est la probabilité pour que la fin de la trilogie Batman de Nolan soit un rêve d’Alfred et pas du tout la réalité ? 100% : alors certes on voit Alfred croiser Bruce tranquille en terrasse en Italie, mais ça n’a aucun sens. On parle de Bruce Wayne, le mec le plus riche du monde – et s’il peut se payer la vie tranquillou à Florence ainsi décrite, c’est qu’il n’a pas renoncé à son argent. Comment voulez-vous qu’il apparaisse en public comme ça ? Vous imaginez Zuckerberg en terrasse publique à Florence ? Sans compter que les chances de survie de Batman avec une bombe nucléaire sont minces. Bref, il est mort, le Bruce.

5. Harry Potter

Voldemort est mort, génial ! Et 40 ans plus tard, voilà nos héros qui amènent leurs enfants au train pour Poudlard ! Super ! Ca n’est venu à l’esprit de personne que Voldemort était déjà mort et revenu par le passé et que certains des potes du méchant risquaient de vouloir continuer le combat ? Sans compter que l’intégralité des fonctionnaires du ministère de la magie ont été contaminés par la peste noire et qu’il faut procéder à une grosse épuration et reconstruire Poudlard, recruter des profs… Que des emmerdes.

6. Avatar

A la fin d’Avatar, Jake Sully sauve la planète Pandora – et condamne la terre. Ce qui signifie donc qu’il vient virtuellement de tuer l’intégralité des humains à la mort en les privant d’Unobtanium. Bonne ambiance.

7. Casablanca

A la fin de Casablanca, Humphrey Bogart, qui a renoncé à l’amour au nom d’une cause plus grande et plus juste, s’éloigne du théâtre des événements avec un flic français corrompu qui a décidé de devenir un résistant de la dernière minute et qui lui promet le début d’une grande et longue amitié. Bogart est donc condamné à la solitude et surtout voué aux gémonies de la libération, ses trafics scrutés et démantelés, son amitié suspecte avec un corrompu passable de procès et sa traditionnelle indépendance d’esprit hautement menacée. Mais sinon c’est cool parce que Viktor Laszlo a pu s’échapper avec Ingrid Bergman.

8. Monstres et Cie

SUPER ! En fait, rire libère beaucoup d’énergie qu’avoir peur. Du coup c’est trop bien parce que les monstres n’ont plus besoin de faire peur pour avoir de l’électricité ! C’est génial.

Heu, pas si génial en fait. Ils vont faire quoi les monstres de leur journée, maintenant ? Bosser à l’usine ? Il existe des systèmes de formation continue dans le monde des monstres ? Ou alors c’est le chômage de masse, l’alcoolisme, le désoeuvrement et la violence conjugale ? Je pose la question.

https://www.youtube.com/watch?v=8IBNZ6O2kMk

9. Un jour sans fin

Donc si on résume, pour choper Andie MacDowell, Bill Murray vient de passer 8 ans coincé dans le même jour à alterner les blagues rigolotes, les apprentissages, les meurtres, les suicides, les cambriolages et plein d’autres trucs plus ou moins affreux. Le type, pendant 8 ans, a fait des tueries de masse et de simples croche-pieds (on ne voit pas tout à l’écran), tout ça pour choper une meuf. Et une fois qu’il est libéré de ça, il va faire comment pour avoir une vie normale ? C’est quoi le but de la vie d’un mec qui vient de passer 8 ans à essayer de choper une meuf quand il y arrive enfin ? Vide abyssal. Terreur. Horreur.

10. Quand Harry rencontre Sally

Après deux heures de film, on est passé de la détestation réciproque à l’amour en passant par l’amitié. Et nos héros finissent ensemble. Mais nos héros finissent ensemble pourquoi ? Par dépit, parce qu’ils n’ont rien trouvé d’autre ailleurs, alors qu’ils ne sont pas tout à fait compatibles – mais bon, on vieillit, hein…

Vu comme ça, c’est quand même moins romantique.

Coup de blues.

Via : Ranker