Si tu es au lycée, tu as du commencé à fricoter avec les figures de styles. Tu sais, ces trucs un peu relou dont tu avais vaguement entendu parler au collège sauf qu’à l’époque ça se limitait aux comparaisons et aux métaphores. Non là on parle de figures de styles dignes d’un bon commentaire composé. Et va savoir pourquoi t’as jamais réussi à te la rentrer dans le crâne cette liste tout droit sortie de l’enfer de la langue française. Mais rassure-toi, des figures de style tu en fais tous les jours sans le savoir. La preuve avec l’ouvrage incontournable de Mathilde Levesque Figures Stylées qu’on recommande vivement aux âmes perdues du bac de français.

1. "Lol" est un palindrome

Et la prochaine fois que tu te demandes ce que c’est qu’un palindrome (c’est à dire un mot qu’on peut lire dans les deux sens) il te suffira de penser « LOL ». Eh ouais ma gueule.

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2. Le chleuasme pour se faire mousser l'air de rien

Si cette figure de style a un nom proche la morve et du vomi, elle désigne pourtant le fait de se dévaloriser volontairement dans l’objectif d’obtenir au moins un réconfort, au mieux un compliment. Du genre dire « Je suis trop laide et bête, ma vie c’est du caca » à ton meilleur ami qui te répondra naturellement « Nan t’es bonne, vazi j’te ken ».

3. "L'épanorthose, enfin... un truc dans le genre"

L’épanorthose, on en fait tout le temps, à longueur de journée, parce qu’on est des grosses feignasses à l’oral. On l’utilise quand on parle et qu’on rectifie en direct notre propos. Très pratique à utiliser quand tu sens que ton interlocuteur n’est pas ultra d’accord avec toi, du genre « Moi j’adore m’étaler des excréments sur le visage c’est vraiment ma passion [réaction désapprobatrice] enfin… c’est sympa quoi mais je peux faire sans ».

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4. Quand tu fais une hyperbate. Mais genre tout le temps. Et que tu kiffes. Parce que c'est fun.

Encore une figure incontournable du langage courant qui consiste tout simplement à rajouter des éléments de phrases quand on pensait que la phrase était pourtant finie. Alors qu’en fait non. Mais qu’on croyait que si.

5. "Encore hier je faisais un oxymore comme une honorable bouffonne"

Charmante figure très présente dans la poésie pour associer deux idées contradictoires comme suit : « carnivore végan », « raciste humaniste » ou encore « respectable FDP ». Un mot bien complexe pour parler d’un truc si simple, en somme.

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6. Faire une prétérition sans dire qu'on fait une prétérition

Je m’explique. La prétérition voit le jour quand on dit qu’on ne dit pas quelque chose alors qu’on le dit quand même. Par exemple, quand un journaliste dit « sans transition » eh bien le fait de dire « sans transition » est en soi une transition, pigez le délire ? Ou encore quand tu parles de ton beau-frère en disant « Il est pas méchant mais quand il me traite de chienne infecte c’est quand même pas très gentil ». Sauf si tu es effectivement de race canine et que tu as un petit abcès, auquel cas ton beau-frère signale juste que tu es ce que tu es et ne s’avère donc pas « méchant » ce qui annule donc ton acte de prétérition.

7. "C'est pas mal Topito quand même"

Voici une belle litote toute fraîche pour dire que vraiment Topito c’est du pur génie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, les litotes consistent à dire le moins pour suggérer le plus. Ainsi la prochaine fois que tu dragueras cette charmante jeune femme tu pourras l’aborder ainsi « T’es pas mal toi », séduction assurée si c’est une tête de litote.

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8. La prosopopée ou l'art de faire parler les morts

Non ça n’a rien à voir avec une séance de spiritisme. Tu fais en fait une prosopopée quand tu commences à faire parler Louis XIV, ton chat ou une chaise. Trois entités qui n’ont décemment pas le droit de parole dans la mesure où la première est morte, la seconde ne parle pas l’humain et la troisième maîtrise mal la langue française. En revanche, quand tu as bu une bouteille de vin seul/e et que la bouteille commence à te demander comme tu vas, tu nages en pleine prosopopée.

9. "Balek" est une apocope

Quels sont les points communs entre « balek », « askip », « métro », « p’tit dèj » et « télé » ? On leur a amputé les jambes. Enfin pas vraiment hein, on n’est pas des salauds non plus ! L’apocope c’est juste le fait de couper la fin d’un mot, comme un diminutif. EH ouais gro. Tiens d’ailleurs « gro » (sans « s », j’insiste) n’est pas une apocope mais une aphérèse de « negro » (sans « é » j’insiste). Oui car l’allocution « Wesh, gro » qu’on a bizarrement transformé en « Wesh, gros/se » vient des Etats-Unis du mot « negro » qui n’a pas la même résonance qu’en français, de tout évidence. Voilà mdame. Tiens d’ailleurs « mdame » n’est pas une apocope mais une syncope, c’est à dire une élision de lettres au milieu du mot. Bon OK J’ARRÊTE.

10. "WO fais pas ta Nadine de Rothschild avec ton antonomase làààà"

Comme en témoigne ce bel élément phrasé, l’antonomase consiste à utiliser un nom propre comme un adjectif. Alors bien sûr pour cela, il est préférable d’utiliser le nom de quelqu’un de connu dont la référence fonctionnera. Parce c’est si je vous dis « Franchement Kim Kardashian elle fait trop sa Louise Pierga avec son p’tit boule et son corps de déesse », ça ne devrait pas vous parler. Sauf si vous connaissez Louise Pierga et que vous savez qu’elle est plus bonne que la plus bonne de toutes tes copines.

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Et pour en savoir plus, on vous le redit, galopez vers le livre de Mathilde Levesque Figures Stylées .

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