Ils l’avaient ouverte, ils l’avaient refermé, rouverte, refermée, rouverte, refermée et finalement ils la rouvrent : la piste Fourniret dans la disparition de la petite Estelle Mouzin semble plus actuelle que jamais. Un nouvel épisode macabre dans cette saga judiciaire affreuse qui n’a eu de cesse, depuis 20 ans, de foutre mal à l’aise tout le monde à grands renforts de révélations horribles sur les crimes de Fourniret. Parce que, si vous en doutiez, sachez que Fourniret est vraiment le plus horrible de nos tueurs en série.

1. La cruauté des crimes est presque inédite en France

La France a eu son lot d’agresseurs sexuels et de tueurs en série, mais Michel Fourniret et Monique Olivier ont redéfini leur niveau d’horreur. Lors de son audition, Monique Olivier a notamment raconté comment elle s’occupait de laver une jeune victime qui implorait sa pitié pour ensuite la livrer à son mari immaculée et pure afin qu’il la viole et la tue. Calme, méthode, horreur : on est loin de l’acte viscéral de tuer que l’on retrouve bien souvent chez les tueurs en série non organisés.

2. Leur préméditation aussi

Michel Fourniret et Monique Olivier préparaient minutieusement les rapts de jeunes filles que Fourniret comptait ensuite torturer, violer et tuer. La méthode était presque toujours la même : Fourniret et Olivier repéraient une victime. Monique Olivier se présentait avec leur fils dans les bras pour donner confiance à la victime et l’inciter à monter à bord de la voiture. Ensuite, c’était parti pour l’horreur.

Mais la préméditation va encore plus loin : dès ses premières correspondances avec Monique Olivier alors qu’il se trouvait sous les verrous, Michel Fourniret évoquait très clairement ses fantasmes et ses envies dans des lettres interminables où il demandait clairement à sa future femme de l’épauler dans sa quête de la virginité immaculée, décrivant précisément ce qu’il comptait faire subir aux jeunes filles.

3. L'utilisation de leur propre enfant pour amadouer les victimes

Selim Fourniret était l’appât utilisé par les époux pour récupérer des jeunes filles. Au-delà de démarche d’utiliser un enfant pour en amadouer un autre, l’idée même de faire appel à son propre fils montre une incapacité totale de Fourniret et d’Olivier à faire preuve d’amour ou d’empathie autrement que pour eux-mêmes.

4. L'histoire du gang des postiches

Incarcéré une première fois pour agression sexuelle sur mineurs, Michel Fourniret fait la rencontre d’un ancien membre du gang des postiches et gagne sa confiance. Celui-ci lui propose un deal : Fourniret doit aller à la rencontre de sa compagne et lui indiquer où est caché le magot du gang. En échange de ce service, il pourra récupérer une partie dudit magot. Deal ? Fourniret accepte. Une fois libéré, il rencontre effectivement la compagne de son ancien codétenu, récupère le magot, tue la femme, garde tout l’argent et s’achète un château à la frontière belge pour perpétrer ses meurtres en toute impunité. Le plus drôle, c’est qu’une fois dehors, l’ancien du gang des postiches ira voir Fourniret pour savoir ce qu’il est advenu de sa femme ; et Fourniret de jouer les pauvres qui n’en savent rien.

5. Du serial killing en mode tayloriste

Pour ne pas dire en mode solution finale. Tout était organisé. Le château à l’abri des regards, le modus operandi, tout. Et tout se passait toujours comme prévu. La machine Fourniret était vraiment bien huilée et s’il avait produit des bagnoles, il serait devenu riche.

6. Aucun remords pour Fourniret

Fourniret est un exemple parfait de récidive que l’Etat n’a pas su éviter. D’abord incarcéré pour des viols et agressions sexuelles sans meurtre, il n’a jamais caché ses fantasmes. Les échanges de courrier avec Olivier en sont témoins et, si Fourniret dissimulait ses pulsions dans des lettres de 15 pages à l’écriture petite et serrée, on ne peut que s’étonner en voyant que l’administration pénitentiaire l’a laissé sortir. Fourniret, au cours de l’instruction et de ses procès, n’a jamais exprimé le moindre remords. Jamais. C’est en cela qu’il est terrifiant également ; à défaut de ressentir du remords pour ses victime, il pourrait exprimer une forme de honte vis-à-vis de sa famille, mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui encore, Fourniret assume et referait pareil.

7. Le nombre de ses victimes est flou

Fourniret a avoué dix meurtres (et a été condamné pour 5 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible). Mais il est soupçonné a minima d’en avoir commis 12 ou 13 et il n’est pas impossible que ce chiffre soit encore beaucoup plus élevé. Une vie d’enquêteur ne suffirait pas à vérifier ce que faisait Fourniret lors des disparitions de différentes jeunes filles entre les années 80 et 2000. D’autant que Fourniret a désormais 77 ans et risque de mourir en emportant avec lui un certain nombre de secrets.

8. Estelle Mouzin, pull over rouge : Fourniret et les cold cases

C’est la disparue la plus connue de France et il n’est pas impossible que Fourniret soit impliqué dans sa disparition. La piste, actuellement étudiée par les enquêteurs, permettrait de mettre un terme à cette enquête qui dure depuis la disparition d’Estelle Mouzin, en janvier 2003. D’abord innocenté grâce à l’alibi que lui fournissait sa femme, Fourniret a été de nouveau considéré comme un potentiel coupable dans cette affaire lorsque celle-ci a reconnu avoir menti. L’enquête est en cours.

De nombreux indices permettraient aussi de relier Fourniret à l’affaire du pull over rouge, survenue en 1974 et qui a débouché sur la condamnation à mort de Christian Ranucci qui n’a cessé de clamer son innocence. Lors de ce viol et meurtre d’une petite fille, les enquêteurs ont recueilli le témoignage d’un mécanicien qui affirmait que la petite avait été enlevée dans une Simca 1100. Or, à l’époque, Fourniret possédait une voiture de ce modèle et a affirmé avoir passé du temps dans la région du crime à cette époque précise. Par ailleurs, le déroulement des événements tel qu’on a pu les reconstituer correspond au modus operandi de Fourniret dans les années 90 et 2000.

9. C'est un type intelligent

Éduqué, intelligent, amateur de Dostoïevski, Fourniret a une capacité hors norme à prévoir ses crimes, effacer ses traces et s’organiser. Cela en fait un prédateur terrible. Mais le pire est que sa femme, Monique Olivier, est encore plus intelligente que lui.

10. La figure de Monique Olivier

Décrite comme ayant un QI supérieur, Olivier a rencontré Fourniret lorsque celui-ci purgeait une peine de prison pour agression sexuelle sur mineurs. Fourniret avait fait publier une petite annonce où il cherchait une correspondante pour partager sa solitude. Ce sera Monique Olivier. S’est alors mis en place une correspondance macabre qui annonçait déjà les meurtres à venir. Se sentant seule et incomprise dans sa famille, dans le Sud, Monique Olivier trouve en Fourniret une figure de mentor. Son intelligence lui a permis de n’être condamnée que pour complicité et non-dénonciation, mais il y a fort à parier qu’elle était une figure active de ce couple de tueurs. Aujourd’hui, Monique Olivier joue les vierges effarouchées et se désolidarise de son ex-mari.

Je vous fourniret mon alibi.