L’été apporte son lot de joie : la nuit tombe tard, les apéros sont nombreux, la chaleur est présente, les vacances se rapprochent et le bonheur pointe son nez. Il n’est pas le seul : jamais très loin du bonheur, on retrouve évidemment son corollaire, l’enfer, qui en été prend une seule et unique forme : le moustique. Incarnation du malin, le moustique nous pique pour son bon plaisir. Et on a beau avoir l’habitude, c’est toujours aussi affreux.

1. La surprise

Hmmm… Quelle est donc cette étrange sensation d’engourdissement qui s’empare tout à trac de mon mollet ? Pourquoi cette envie frénétique d’y faire passer mes doigts dans un mouvement circulaire et pourtant appuyé visant à soulager un inconfort manifeste ? C’EST QUOI LE BORDEL PUTAIN ?

2. L'observation

Bien, le diagnostic me semble clair : à la vue de cette boulinette grossissante et rougeaude qui attire mes doigts comme un aimant une boucle de ceinture, il semble que j’ai été la victime d’une piqûre de moustique. Il s’agit de ne pas perdre pied et de réussir à passer outre ce désagrément qui GRATTE SA MÈRE.

3. La résistance au grattage

Le maître Lao Tseu disait souvent que le corps n’est qu’une projection du corps dans l’esprit et qu’en maîtrisant son esprit on pouvait maîtriser son corps. Bien sûr, la démangeaison est immense, mais je suis sûr que… Non ou alors peut-être pourrais-je plus simplement passer mes doigts autour de la zone et ainsi sans directement attaquer le problème faire croire à mon esprit que je suis en train de régler le… BORDEL ÇA GRATTE TROP MEEEERDE.

4. Le grattage compulsif

Il est des instants dans la vie d’un homme ou l’homme se change en animal. En bête sauvage. En monstre. En véritable puissance autodestructrice qui peut s’arracher véritablement des morceaux entiers de peau avec les ongles bordel de merde ça fait du bien oh oh oh oh oh oh oh oh je vais jouir.

5. La tentative de méditation

Il n’est pas possible de céder ainsi à ses passions. Se maîtriser. Penser le monde et soi dans le monde. La démangeaison, déjà, cesse, baisse, s’arrête, c’est bon : j’ai repris le contrôle de mon corps et de moi-même. Finalement, il s’agissait simplement de prendre le problème par le bon… MERDE ÇA REGRATTE FAIT CHIER.

6. L'arrachage de morceaux de peau en hurlant

En m’emparant de cet outil légèrement tranchant, couteau ou autre, je suis à même de faire cesser les douleurs inhérentes à l’intrusion de ce moustique dans mon existence paisible. Et donc je suis prêt à me détruire la jambe s’il le faut, mais je suis sûr qu’en retirant en toute fureur l’espace touché par la piqûre tout s’arrêtera. CONNARD DE MOUSTIQUE DE MERDE JE VAIS T’ECLATER LA TRONCHE.

7. L'arrêt des grattages dans le but d'exploser la tronche du moustique responsable

Ah ouais, tu croyais m’avoir comme ça ? Et bah on va en discuter un peu plus calmement, toi et moi. Ouais, on va dialoguer. Je crois que la seule force à même de me détourner de mon envie de me gratter, c’est ma haine de toi. « Petit petit petit petit moustique » « petit petit petit petit… » Où est-ce que tu te caches CLLLLLLLLLLAAAAAAAAAAAAAAC AH MERDE JE L’AI RATÉ JE VAIS TE BUTER FILS DE PUTE.

8. L'application de cortisone sur la zone piquée

J’aurais dû y penser plus tôt, suis-je bête ! C’est fait pour ! C’est parfait ! Ah voilà, c’est appliqué. Plus qu’à attendre. BORDEL ÇA PIQUE ENCORE.

9. La méthode Coué comme quoi ça gratte plus

Bon allez ça gratte plus. J’ai qu’à essayer de me rendormir, penser à autre chose et tout ira bien. Allez. N’y pensons plus.

10. L'arrivée d'une deuxième piqûre qui fait oublier la première

Putain ça me gratte sous le pied maintenant. Mais plus du tout sur le mollet. Je vais aller dormir dans un placard.

C’est ensuite que viennent les pleurs (et le mal de dos).