« Oups ! » Le dernier mot prononcé par un courtier avant de liquider une entreprise cotée en bourse sans faire exprès. Le dernier mot prononcé par Maginot quand les Allemands ont contourné sa ligne. Le dernier mot prononcé par le commandant ivre mort d’un pétrolier échoué en Alaska. Généralement, dire « oups » ne permet pas d’éviter la prison.

1. La ligne Maginot

On a investi 5 milliards de francs entre 1930 et 1936 pour fabriquer une ligne infranchissable que les Allemands ne parviendraient jamais à passer. Et les Allemands ont simplement décidé de contourner la ligne en passant par la Belgique et les Ardennes. En parité de pouvoir d’achat, cela représente environ 2,3 milliards d’euros aujourd’hui. Pour un truc qui n’a servi à rien. On pourrait ajouter à cela les heures de débat effectuées à la chambre pour voter la construction de la ligne avec les salaires correspondants des députés.

2. L'arnaque UraMin

En 2006, il ne faisait mystère pour personne que Sarkozy allait être élu président de la république l’année suivante. Anne Lauvergeon, qui dirige Areva (une entreprise stratégique et en grande partie publique), décide contre l’avis de toute sa direction, d’investir dans une société canadienne, UraMin, qui affirme détenir plusieurs mines d’uranium en Afrique. Sauf que cette société est en réalité totalement bidon et les mines soi-disant extraordinaires taries. Areva débourse quand même 1,8 milliard d’euros pour acquérir les droits d’exploitation. Au total, le temps qu’Areva lâche l’affaire, l’entreprise aura perdu 3 milliards d’euros et aura été renflouée par l’Etat pour éviter une faillite.

3. Le courtier qui se plante

Nous sommes en 2003 quand une société d’investissement japonaise, Mizuho Securities, demande à un de ses courtiers de vendre une partie de ses actions au prix unitaire de 610.000 yens. Mais là, le courtier s’emmêle les pinceaux et propose le deal suivant : il met 610.000 actions de la société en vente au prix de… 1 yen. Cette erreur a occasionné une perte sèche de plus de 350 millions d’euros à l’entreprise.

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4. La sonde climatique Mars Polar Lander

Parfois, la mondialisation n’a pas que du bon. La NASA avait en effet décidé de confier la construction du système de navigation de sa sonde à destination de Mars à un sous-traitant britannique. Sauf que, lors du paramétrage des outils, celui-ci a utilisé le système de mesure impérial en lieu et place du système métrique. Personne ne s’en est rendu compte et la sonde a fini par s’écraser à l’atterrissage. Au total, on parle d’une perte de 125 millions de dollars.

5. Le commandant bourré qui crée une marée noire

En 1989, le commandant de l’Exxon Valdez, un navire pétrolier, est totalement bourré à la barre de son petit bateau. Celui-ci s’échoue en Alaska et cause une catastrophe sans précédent, 42 millions de litres de pétrole se déversant sur les côtes et tuant plus de 250.000 oiseaux, sans compter les poissons. La première estimation du coût de ce petit faux pas de bourré était d’environ 2,5 milliards d’euros (ce qui correspond à l’amende qu’Exxon a été condamné à payer avant qu’un deuxième jugement ne revoie cette somme à la baisse).

6. La vente de l'Alaska

Le tsar Alexandre II ne savait pas quoi foutre de l’Alaska. Un jour, il s’est dit qu’un peu de fraîche ferait pas de mal pour refaire son palais, et c’est ainsi qu’en mars 1867, il a décidé de vendre cette petite terre inutile aux Etats-Unis, pour 4,5 millions de livres sterling de l’époque. Et vous savez ce qu’il y a finalement, en Alaska ? Je vous le donne dans le mille : du pétrole. Qui doit rapporter environ 4,5 millions de livres chaque jour.

7. La SNCF et les trains trop larges

En 2014, la SNCF a commandé 341 nouveaux TER pour moderniser son réseau pour une valeur totale de 2,7 milliards d’euros. Oui, c’est beaucoup d’argent. Sauf que ces nouveaux trains étaient plus larges que certains quais de gare. Oupsie : l’entreprise a donc dû moderniser 1300 gares en urgence, ce qui lui a coûté la bagatelle de 50 millions d’euros (impactés, évidemment sur le prix toujours aussi transparent des billets).

8. Quand un chasseur australien lâche 24 petits lapins dans la nature

En 1859, le chasseur Thomas Austin a envie de chasser le lapin et en lâche donc 24 dans la nature pour se faire un peu plez. Sauf que le lapin n’existe pas en Australie et que l’animal ne souffre d’aucun prédateur sur le territoire. Et ça se reproduit vite, le lapin. Depuis, l’Australie a un ENORME problème de lapins : ils étaient 10 milliards en 1970 dans tout le pays à bouffer les récoltes. C’est devenu un vrai fléau qui coûte 500 millions de dollars chaque année aux agriculteurs. Du coup, les autorités ont déployé un plan d’action, répandant un virus pour tuer les lapins. Ils sont 10 millions à être morts en quelques années, mais continuent pourtant de proliférer.

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9. L'invasion des Malouines

Ok. Imaginez que vous êtes une dictature en perte de vitesse et que vous voulez regagner l’appui de votre population en créant un immense élan patriotique. Imaginez maintenant qu’à quelques kilomètres de vos côtes, il y a un îlot tout petit avec plus de moutons que d’humains qui vous a autrefois appartenu avant d’être placé sous domination britannique. Imaginez que cet îlot est à peine gardé. Que faites-vous ? Vous envoyez vos troupes l’envahir en pensant que la Grande-Bretagne ne s’emmerdera jamais à intervenir à l’autre bout du monde pour récupérer son bien. Et vous vous fourrez le doigt dans l’oeil. La guerre des Malouines, perdue par l’Argentine, a finalement coûté au pays 850 millions de dollars et 700 jeunes soldats morts.

10. Le traité de Versailles

Maintenant, imaginez que vous venez de faire la guerre pendant plus de 4 ans, que c’était horrible, que vous avez perdu énormément de jeunes actifs, mais que vous avez gagné la guerre et que vous voulez bien le faire comprendre. Qu’est-ce que vous faites contre l’avis de tous vos alliés ? Vous faites payer très très très très très cher le perdant. Et c’est ce qui s’est passé lors du traité de Versailles : l’armistice prévoyait le versement de réparations de guerre démentielles de la part de l’Allemagne, tellement démentielles que le pays n’a jamais été en état de les payer vraiment. Résultat : l’Allemagne est entrée dans une crise terrible qui, accentuée par le krach de 29, a conduit le pays vers le nazisme et le monde entier vers la deuxième guerre. Allez savoir combien ça a coûté exactement tout ça, mais si on considère que la deuxième guerre mondiale est une conséquence directe des conditions du traité de Versailles, je pense qu’on peut dire que rien n’a coûté plus cher au monde que l’orgueil français.

Toujours tourner plusieurs fois la langue dans sa bouche.

Via : College Humor