Crédits photo (creative commons) : Ammar Abd Rabbo

La sortie au cinéma du "Dictator", dont le personnage principal est interprété par le récidiviste Sacha Baron Cohen, nous rappelle à quel point la fonction de dictateur est dévaluée et vidée de toute considération en Occident. Lionel Jospin ne disait-il pas, il y a une dizaine d'année, que "L’État ne peut pas tout" ? Ce n'est pas l'avis de tous. Avec un peu de volonté, au contraire, l'État peut tout. Et bien pire encore.

  1. Mouammar Kadhafi, Libye, 1969-2011
    Il l'a dit : la culture libyenne est parfaite. Alors Kadhafi a choisi de s'habiller en bédouin dans les réunions internationales, et même de planter sa tente dans les jardins de l'Elysée. Prends ça le protocole !
  2. Saparmurat Niazov, Turkménistan, 1991-2006
    Lorsqu'un type inconnu prend le pouvoir dans un nouveau pays, il est obligé de se faire connaître. Niazov a choisi d'ériger dans la capitale une statue dorée à son effigie qui tournait avec le Soleil. Et de mettre son livre comme seul programme du bac.
  3. Kim Jong-Il, Corée du Nord, 1994-2011
    Le génie du leader nord-coréen transparaît partout à Pyongyang : entre autres, une tour de 200 mètres à la gloire de son idéologie, un hôtel pyramidal de 300 mètres, un métro qui sert aussi d'abri antiatomique. Entre autres.
  4. Idi Amin Dada, Ouganda, 1971-1979
    Parce qu'un champion de natation et de boxe qui arrive à la présidence, c'est la marque du vrai self-made-man. Et que se déplacer en chaise à porteurs, c'est comme manger avec le petit doigt en l'air : c'est classe.
  5. Joseph Staline, URSS, 1925-1953
    Présider le plus grand pays du monde, c'est bien. Vouloir dévier les fleuves et planter des forêts aux frontières pour qu'on les voie de l'espace, c'est mieux.
  6. Christophe Henri, Haïti, 1806-1820
    Admettons-le : une monarchie sans palais, c'est comme une démocratie sans élections. Le "Palais Sans-Souci" haïtien devait rivaliser avec Versailles, et avait pour le protéger la plus grande citadelle des Caraïbes.
  7. Mobutu Sese Seko, Rép. dém. du Congo / Zaïre, 1965-1997
    Pour marquer la rupture avec le passé, il faut y aller fort. Obliger toute sa population à changer son nom, par exemple. Et en changeant le sien en "Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l'arrêter", le président a montré l'exemple.
  8. Pol Pot, Cambodge, 1975-1979
    Être amoureux de la campagne, c'est mignon. Vouloir en faire profiter tout le monde, c'est généreux. Et proclamer l'éradication des villes pour y arriver, ça c'est de l'esprit de sacrifice !
  9. Jean-Bedel Bokassa, Centrafrique, 1966-1979
    Peu de gens se sont fait sacrer empereur au XXème siècle. Bokassa est de ceux-là, et avec le panache : le sacre a coûté un tiers du PIB.
  10. Nicolae Ceausescu, Roumanie, 1965-1989
    Quand on a un projet en tête, il faut pas faire les choses à moitié. Ceausescu a rasé le Bucarest historique pour construire un palais présidentiel colossal. 2,7 millions de tonnes de marbre qui trônent au centre de la ville et un énorme complexe souterrain en cas de problème.

Et vous, vous êtes plutôt dictateur de gauche ou dictateur de droite ?