La vie étudiante nous est vendu comme étant la période la plus faste de notre existence, juste entre celle du lycée où l’on est encore des gamins et celle du premier boulot où l’on devient aigri. C’est vrai que c’est une période sympa où l’on bénéficie de plus de liberté qu’en terminal, surtout si comme moi vous avez fait fac de socio (la meilleure filière), totalisant à peine 22h de cours par semaine. Mais il serait faux de penser que ce sont des années uniquement dédiées au plaisir et à la distraction car y a quand même du boulot et la vie prend une toute autre tournure. On définit ensemble ce que c’est vraiment (et c’est pas la joie).

1. La gastronomie = action qui consiste à se nourrir de pâtes réchauffées avec de l'huile d'olive

Dis comme ça, ça ne vend pas du rêve mais c’est toujours meilleur que les plats du CROUS où tu ne vas jamais car y a 10 km de queue. En vrai ça part souvent en kebab à 3h du matin parce que c’est bon pas cher, les gars sont sympas et ils t’appellent toujours chef. Vraiment y a de quoi se nourrir exclusivement de kebab.

2. Le mémoire = rapport de 80 pages qui va t'arracher des larmes, te faire louper des soirées d'été et te coûter cher en impression

Mais c’est pas grave puisque comme tu vas devoir garder un exemplaire, que dans 3 ans quand tu seras incapable de le résumer, ni même de te souvenir de ton sujet d’étude d’étude, ça te sera utile. Je relis le miens tous les soirs. Son sujet ? Le républicanisme de Philip Petit à travers les positions républicaines de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Oui j’étais une personne chiante.

3. Journée d'intégration = beuverie de 10h à 6h qu'on appelle "tradition"

Et les traditions c’est important il faut toujours les conserver, un peu comme la corrida et le foie gras. Sauf que les journées d’intégration c’est quand même plus sympa car y a souvent vachement d’alcool, de drogue et donc de baise. Tu couches avec quelqu’un mais comme t’es trop bourré tu t’en souviens pas. Oupsi.

4. Les révisions = se foutre devant la téloche avec un livre vaguement ouvert à côté de soi

Ce qui veut dire lire comme un dingue des trucs sans les comprendre la veille du partiel et se dire que lire une fois un chapitre, en fait c’est mieux que rien, même si on le comprend pas. Clairement une période où tu perds toute notion du vrai sens des mots et où réviser devient « ne rien foutre mais le faire en culpabilisant (car on a une conscience tout de même).

5. L'amitié : 10 % se rapprocher des gens sympas / 90 % se rapprocher des élèves qui te filent leurs cours

Perso j’ai rencontré ma BFF dans la file d’attente pour aller choisir notre emploi du temps. Comme on était juste derrière on a pris le même (celui où y avait pas cours le vendredi) et on a commencé à se parler car on avait toutes les deux pas de binômes pour un exposé. Bref le hasard total. Est ce qu’on serait devenues amies si elle avait été plus loin dans la file et que j’avais eu un pote avec qui faire l’exposé ? Probablement pas.

6. La rentrée = 1 stylo bic 4 couleur, une feuille blanche pliée dans ta poche, pas de sac, 1€ pour la machine à café, la gueule de bois

Clairement on ne se met pas la même pression qu’en maternelle où tout était foutu si on n’avait pas la nouvelle gomme Diddl. En études sup’, les angoisses sont certes plus sérieuses mais le problème des affaires s’amoindrit. Ça nous fait un poids en moins dans tous les sens du terme et c’est déjà ça.

7. Le logement = une chambre de bonne de 10m² où en tendant les deux bras tu peux atteindre et ton gel douche et ton paquet de pâtes

Bien pratique pour faire le ménage que tu ne fais jamais car dans un espace aussi petit la notion de propreté change. À quoi bon s’épuiser à tout épousseter, laver, lessiver quand chaque mouvement que tu fais créée le désordre et la pagaille. Tu t’habitues à vivre dans la chaos et ça te prépare pour le jour où tu auras des enfants. Et puis ça à son charme aussi les petits studios.

8. L'argent = mais quel argent ?

On est sur une période où t’es censée profiter à donf parce que tout le monde te dit de le faire sauf que t’as pas une tune. Entre la bouffe, le loyer, les factures, ton budget alcool, ton prêt étudiant pour une école à 8 000 € l’année, bah même Aladdin aurait eu pitié de toi. Et au moins lui il arrive à voler du pain, alors que toi tu te fais gauler en trichant à ton partiel. À Noel tu ne te demandes plus des cadeaux mais de l’argent.

9. Étudiant = personne qui fait des études supérieures pour préparer son avenir et qui parviendra à décrocher un CDI 10 ans après son diplôme, si elle n'a pas été obligée de se réorienter à cause du manque de débouchées de sa filière

C’est triste mais c’est comme ça, après ces années de galère, ces heures à réviser, à lire, à écrire, à t’arracher les cheveux sur des théories compliquées qui ne te serviront jamais, et bah rien ne te garantit que tu trouveras un métier en rapport avec ton parcours, ni même un métier tout court. « C’est la loi du marché t’es bon qu’à te faire niquer » comme dirait M. Pokora.

10. Netflix = ton pire cauchemar, depuis que tu côtoies ce nouvel ami tu as perdu le précédant (le sommeil)

Ah bah très bien cette plateforme qui met automatiquement en lecture un nouvel épisode ALORS QUE T’AS RIEN DEMANDÉ !! Et c’est pas comme si y avait pas 1 milliard de films et de séries. Heureusement tu peux toujours regarder Netflix en accéléré, comme ça va plus vite tu dors plus (ou tu regardes plus de séries).

Profitez car après c’est pire.