Une semaine après la sortie du dernier Cash Investigation sur le coton, on est encore bien déprimé par l’industrie textile (la deuxième la plus polluante au monde après le pétrole, je précise). Difficile d’avoir toujours la foi pour porter des vêtements quand on sait qu’ils sont presque toujours blindés de pesticides et fabriqués dans des conditions plus que douteuses. Alors pour agir en son âme et conscience, mieux vaut réfléchir deux minutes avant de passer à la caisse (ou à la casserole selon ton niveau d’intimité avec le/la vendeur-euse).

1. Checker les labels

Hahaha. Plus facile à dire qu’à faire comme qui dirait. D’autant plus qu’aucun label ne garantit à 100 % que la fabrication d’un vêtement soit fait dans de bonnes conditions, déso. Par ailleurs et comme le dénonce Cash Investigation, il existe des labels comme BCI (Better Coton Initiative) qui nous laissent supposer que le vêtement est fabriqué à partir d’un coton responsable alors que c’est plus compliqué que ça. Pour tout comprendre à ce système complexe et un peu bidon je vous invite à vous rendre sur cet extrait explicatif.

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2. Ne pas se fier au "Made in France" (mais préférer quand même ça au "Made in China")

OK c’est bien de valoriser le Made in France, mais n’en déplaise à Arnaud Montebourg, le « made in » ça veut pas dire grand chose puisque ça ne désigne que le lieu d’assemblage et non de fabrication. En gros, un t-shirt « made in France » peut être fait de matières venant de l’autre bout du monde. En revanche, le « made in France » permet au moins de s’assurer que les conditions d’assemblage ont respecté les droits de l’homme (parce que jusqu’à preuve du contraire, l’esclavage est interdit en France). Le seul souci c’est que l’étape de l’assemblage n’est pas la plus significative dans la conception d’un vêtement… Bref c’est un peu mieux mais c’est loin d’être parfait et suffisant de se limiter aux produits Made in France pour flatter sa bonne conscience.

3. Fuir le coton

C’est ni plus ni moins ce qu’on a envie de faire quand on a vu l’enquête de Cash Investigation. Le marché du coton génère plus de 37 milliards d’euros chaque année et certains pays comme l’Ouzbékistan en sont devenus les parrains mafieux en envoyant de force des cueilleurs de coton dans les champs pour un salaire de misère. Malheureusement, le coton ouzbèke se retrouve souvent dans nos fringues et souvent sans qu’on le sache. Donc le coton c’est cool mais en fait c’est pas cool du tout. Mets plutôt un sac poubelle, ça ira mieux avec ta gueule.

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4. Privilégier les vêtements d'occase #PassionBraderie

Si tu ne peux pas calmer tes pulsions de shopping, tourne-toi vers l’occase. Les braderies, les recycleries ou les vide-dressing de fashionistas (si ça ne te donne pas trop envie de vomir), le tout c’est d’acheter à moindre coût des vêtements pour leur éviter la poubelle et tout ça sans contribuer à l’industrie textile qui se fait sur le dos de populations précaires.

5. Ne pas se faire berner par le "Green Washing"

Le green washing c’est une technique de communication qui consiste à faire croire que pour toi la planète c’est trop ta priorité et que du coup tu vas faire des jolies zétiquettes vertes pour rappeler l’herbe des prairies. Toutes les marques s’y mettent. Sauf que les chartes éthiques dans lesquelles elles expliquent leur projet social et solidaire (la bonne blague), c’est bien joli mais ça ne veut rien dire. Juridiquement rien n’oblige les marques à vraiment mettre en application les principes qu’elles revendiquent. Un joli flan en somme qui va juste nous donner bonne conscience en achetant une chemise avec une étiquette verte qui ne garantira en rien de bonnes conditions de fabrication.

6. Globalement acheter moins de vêtements

On va pas se mentir c’est le seul et vrai meilleur conseil qu’on peut vous donner. Le vrai problème dans l’industrie textile c’est la surconsommation. En France, on achète en moyenne 30 kilos de fringues par an, combien finiront enfouies dans la penderie sans jamais servir, ou pire encore, à la poubelle dans le froid et la peur ? Est-ce qu’on a vraiment besoin de posséder 15 pantalons et 25 paires de chaussures surtout quand on a qu’un seule paire de jambe ?

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7. Ne pas se ruer sur les t-shirt à 3 € parce que ça veut dire que le gamin qui l'a fait n'a même pas été payé cette somme pour le fabriquer

Les petits prix, ça fait tourner de l’œil. Mais un t-shirt à 3 € ce n’est pas viable économiquement, ça veut dire qu’il y a forcément quelqu’un qui en paye de prix. Donc tant pis, achète moins et achète plus cher. Mais plus cher c’est pas encore trop ça, de nombreuses marques de moyenne ou haute gamme proposent des vêtements à prix bien plus élevés tout en ne garantissant pas non plus de bonnes conditions de fabrication. Oui ça vous déprime hein ? Je sais, c’est dur. Pour bien faire, le plus simple c’est donc de se référer au point 6.

8. Priviléger les petits créateurs

Aïe. Souffrance et malheur dans ton porte-monnaie, je sais. Mais ces petits créateurs indépendants c’est comme la bouffe en circuit court. Plus la structure est petite, plus il est simple de tracer l’origine des matières utilisées et de surveiller leurs méthodes de fabrication. Alors oui ça coûte plus cher. Ça coûte même très cher. Mais ça te donne plus garanties. Si c’est trop cher, je t’invite à nouveau à te référer au point 6.

9. Prendre conscience qu'en fait, il n'y a aucune certitude sur rien

Ouais c’est un peu la déprime j’avoue, mais en matière de textile, rien ne permet de t’assurer que ce que tu portes est éthiquement correct. Même si tu suis tous nos conseils. Même si tu épouses Elise Lucet. Donc le seul conseil c’est de t’informer (auprès de collectif comme l’éthique sur l’étiquette), de te renseigner et commencer par ne plus contribuer financièrement aux marques qui en font le moins et éventuellement privilégier celles qui en font un peu. Sinon, te référer au point 6 qui décidément constitue le meilleur conseil de ce top.

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A POIL ET A VAPEUR MOI J’DIS.

Sources :

Cash Investigation, le coton: l’envers de nos t-shirt

Street Press

Sloweare

Europe 1