Dans tous les films à gros budget, il existe un moment où on se fout sur la gueule. Quand on suit les aventures solitaires d’un franc-tireur, ça se joue au pistolet façon Ok Corral ; quand on suit les tribulations d’une armée en pleine guerre, ça vire au charnier. Mais le cinéma américain a une très grande capacité à créer des enjeux guerriers en promouvant les imbéciles à la tête des états-majors militaires. Le genre de mecs qui prennent des décisions absurdes et condamnent tout le monde au nom de leur propre stupidité. C’est énervant à la fin de mourir pour rien.

1. Dans Le Réveil de la Force, le Premier Ordre envoie ses troupe en plein cœur du feu ennemi

Lorsque le Premier Ordre débarque sur Takodana, il pose ses vaisseaux face aux Républicains et les Stormtroopers qui en sortent, totalement désorganisés, se font canarder dans un genre de pêche au canard nouvelle génération. Ça n’a AUCUN sens. N’importe quelle stratège militaire déciderait de poser le vaisseau loin du centre névralgique des combats pour permettre aux Stormtroopers de descendre afin de se regrouper en formation de combat AVANT d’attaquer. Mais pas le Premier Ordre qui n’en a manifestement rien à foutre de dépenser des milliers de roupies galactiques pour former ses combattants lobotomisés et les envoie au casse-pipe direct. Niveau fascisme, on a vu mieux organisé. De toute façon, le Premier Ordre n’en est pas à sa première stupidité parce que si vous vouliez conquérir totalement un Empire intergalactique, est-ce que vous détruiriez sa capitale ? Hein ? Une fois que vous aurez pris le pouvoir, comment vous ferez pour imposer l’ordre et diriger désormais qu’il n’y a plus aucune infrastructure centrale ? Non mais les mecs, je te jure…

2. Dans The Patriot, le Général Cornwallis décide de faire confiance à Mel Gibons sans aucune raison

Dans le film, il y a un moment où le grand méchant, Cornwallis, doit traiter avec Mel Gibson. Gibson a kidnappé les chiens de Cornwallis et tué des dizaines d’officiers britanniques. D’ailleurs, il a tué tellement de gens que le type a connu plus de gens morts que vivants dans sa vie, il a l’air d’un dingo total, mais quand il arrive avec un drapeau de la paix et des chiens chez Cornwallis, celui-ci le reçoit à la cool. S’ensuit une négociation ubuesque où, pour faire libérer ses potes, Mel Gibson fait croire qu’il a capturé des officiers qui, en fait, sont morts. Il n’a aucune preuve de rien de rien, est incapable de répondre aux questions de Cornwallis, est une proie ultra-facile à attraper et torturer si besoin, mais Cornwallis, pas bégueule, décide tout simplement de le croire et de libérer les prisonniers dont il dispose.

Le général le plus con du monde.

3. Dans Le retour du roi, la manœuvre de diversion d'Aragorn est lamentable

Roi du Gondor et tout et tout, Aragorn est un mec courageux qui adore le prouver à tout le monde en faisant beaucoup de bruit. Comme il flippe à l’idée que Frodon se fasse choper en plein milieu du Mordor par un certain œil pas toujours arrangeant, il se dit que ce serait cool d’aider son petit pote en créant une diversion pour capter l’attention dudit œil. Bon, jusque là, ça ne paraît pas si bête, même si, on le répète, Aragorn fait surtout ça pour montrer qu’il est trop courageux et sympa. Sauf que le plan d’Aragorn consiste à attaquer la porte du Mordor avec une armée en lambeaux pour faire diversion en essayant de tenir le choc contre les orques pendant que Frodon s’occupe de faire fondre la joaillerie. L’équivalent, en langage du maître du mal, d’un moustique qui te pique sur le bras.

Du coup, la baston ne peut pas durer plus de 10 minutes. Il se trouve que ça tombe bien puisque c’est le temps qu’il faut à Frodon pour détruire l’anneau, mais ça, Aragorn ne pouvait rien en savoir. Il a juste décidé d’envoyer tout le monde mourir pour donner 10 minutes de répit à son poteau minuscule.

Le mec aurait pu organiser un siège, créer une retraite pour vider les rangs des armées ennemies, faire un milliard de trucs pas trop cons, mais il décide d’envoyer tout le monde à la mort pour prouver qu’il a du courage. Aragorn est le pire roi que le Gondor ait jamais eu.

4. Quel débile déciderait d'envoyer une unité entière pour sauver UN soldat, même s'il s'appelle Ryan ?

Personne ne pourra jamais justifier cette expédition décidée par le chef d’état-major des États-Unis. Toute l’unité risque de mourir pour ramener UN mec parachuté au mauvais endroit au mauvais moment. La Normandie est un champ de mines, les nazis tuent tout ce qui ne parle pas Allemand, la position alliée est très dure à tenir et a besoin de toutes les forces vives possibles, mais non, Ryan vaut qu’on lui envoie un bataillon entier. Et ça ne manque pas : tout le monde meurt. Super décision les mecs.

5. Dans Gallipoli, la seule décision raisonnable aurait été la retraite

L’officier le plus gradé, dans ce film qui se déroule en Italie pendant la Première Guerre mondiale, décide tout simplement d’envoyer inlassablement des soldats au combat contre les troupes ennemies, y compris après qu’on l’a averti que ça ne servait à rien à part à tuer des soldats. Aucun d’entre eux ne parvient jamais à gagner les rangs de l’ennemi, ceux-ci demeurent intacts, les positions ennemies sont trop bien tenues tout ça ne sert à rien, il vaudrait mieux battre en retraite et rassembler tout le monde pour créer un nouveau front, bref. Mais le mec continue à les envoyer, jusqu’à ce que tout le monde meure. C’est ce qu’on appelle s’en tenir à ses principes.

6. Dans Zoulou, Michael Caine considère qu'au nom de la grandeur de l'Angleterre, il faut se faire massacrer

Ok voilà les forces en présence : d’un côté, un contingent de 100 soldats britanniques, loin de chez eux, forcés de se battre dans une guerre à laquelle ils n’adhèrent pas. De l’autre, quelque chose comme 10.000 Zoulous en feu qui se battent pour leur liberté et sont prêts à tout pour détruire l’armée britannique. Quelles sont les chances, pour le contingent anglais, de s’en sortir ? Aucune. N’importe quel officier aurait ordonné la retraite et le retour en Angleterre. Michel Caine, lui, est un genre de colon fanatique : on ne déserte pas. Résultat, tout le monde se fait massacrer et les Zoulous se portent bien, merci pour eux. Qui a dit que le but de la stratégie militaire, c’était de gagner la guerre ? Bah non, on sait bien grâce au cinéma que c’est surtout de défendre son honneur !

7. Pourquoi s'évertuer à conquérir une colline ne présentant AUCUN intérêt stratégique ?

Dans Hamburger Hill, qui se déroule aux prémisses de la guerre du Vietnam, une division entière reçoit pour ordre de conquérir une colline fortifiée d’un kilomètre de haut défendue d’arrache-pied par l’armée ennemie. À part pour dire qu’on a réussi à la prendre, la colline en question ne présente aucun, mais alors aucun intérêt stratégique pour le gain ou la perte de la guerre, c’est un détail qui a à peu près autant d’importance que de savoir si vous allez manger du taboulé ou une salade de pâtes ce midi. Du coup, tout le bataillon a été envoyé au suicide – 400 soldats morts et même pas de colline vraiment à la fin.

8. Toutes les stratégies d'attaque dans les films du cinéma antique

La scène est ultra connue : deux armées se font face, attendent un peu, reçoivent un ordre et se jettent l’une contre l’autre jusqu’à ce que leurs rangs s’entremêlent et que ça se transforme en corps à corps en un contre un dans un bordel monstre qui conduit à l’extinction d’à peu près tout le monde.

C’est n’importe quoi. Même à l’Antiquité, personne ne se serait risqué à lancer son armée comme ça contre une autre armée, tout simplement parce que ç’aurait été la certitude de perdre la bataille. Ce que les armées faisaient, en revanche, c’était de se jeter contre l’ennemi de manière organisée, en phalanges, pour créer une onde de choc dans les rangs opposés et ainsi prendre immédiatement le dessus. Les troupes restaient regroupées par camp et il n’y avait certainement pas de mêlées absurdes dans le genre de celles qu’on voit dans TOUS les films de guerre pour montrer à quel point le héros passe près de la mort mais tue plein de méchants.

9. Dans Le retour du Jedi, l'empereur prend une décision stratégique DÉBILE

Le plan de l’empereur est le suivant : faire semblant de laisser filtrer les plans de l’Étoile de la mort à l’Alliance rebelle pour l’attirer sur une planète et ensuite l’annihiler grâce à l’Étoile de la mort. Plutôt malin.

Mais à quel moment était-il stratégique de laisser filer les vrais plans du bouclier de l’Étoile de la mort ? Il était globalement possible de transmettre des faux plans, lesquels auraient ainsi ôté tout espoir aux rebelles de jamais pouvoir vaincre l’Empire. L’empereur aurait dès lors pu siroter un thé peinard en regardant ses ennemis mourir, et non pas voir toute son œuvre détruite par les rebelles. Rien que pour cette décision, l’Empire devait mourir.

10. Pourquoi ne pas filer des putains d'armure aux Spartiates, dans 300 ?

Dans 300, les guerriers spartiates se battent à 300 contre 1,7 millions de Perses. On pourrait discuter de l’intelligence de mener une telle guerre, mais passons. En revanche, à une époque où la stratégie militaire avait déjà un peu avancé, où on pouvait raisonnablement porter un bouclier et des armures quand on faisait la guerre, qui peut justifier que le haut-commandement spartiate ait laissé ses soldats se battre torse poil ? Quelqu’un a-t-il déjà pris une décision aussi bête ? Si l’idée était de pouvoir à tout moment être pris en photo pour faire un calendrier des dieux du stade morts, c’est réussi ; dans le cas contraire, c’est n’importe quoi.

Moi je suis pour la désertion face à un tel commandement.

Sources : Cracked, Hitek, Thoughtco.com