
Crédits photo (creative commons) : madamepsychosis
Prendre du temps avec vos enfants pour leur raconter de jolies histoires, c’est bien. Mais vous vous demandez parfois d’où vous vient cette jubilation à tirer sur des monstres dans les jeux vidéos et à voir des têtes tranchées dans « Games of thrones ». Ne cherchez plus : ça vient de très loin, du temps où vos dents de lait poussaient encore et vous réclamiez en battant les cils tous les soirs : «Maman! Raconte-moi une histoire!». Car, oui, c’est bien dans les contes pour enfants qu’on trouve du gore, du terrible et de l’amoral. Y’a qu’à voir…
- Abandon et Perversion: Hansel et Gretel (frère Grimm) : ça commence par un classique abandon dans la forêt noire et bondée de loups. Un abandon par qui? Tout bonnement par leur chère et tendre petite maman. Ensuite, poussons la perversion à son comble: Gretel, la petite soeur, doit travailler dur pour mettre à exécution le plan de la marâtre propriétaire de la maison en pain d’épice. Le plan en question? Une broutille: engraisser son propre frère pour qu’il soit cuisiné à la marmite. La petite soeur devra assister à la scène bien sûr.
- Joie de la fraternité: Les Trois petits cochons (conte traditionnel) : frères cochons qui passent rapidement de 3 à 1. Voir ses propres frères se faire dévorer par un loup ou voir ses parents se faire couper à la tronçonneuse (Dexter), finalement, c’est plus ou moins la même chose non?
- De l’hémoglobine toujours: Barbe Bleue (Charles Perrault) : voilà un peu ce qu’on raconte aux petites filles: Vous épousez un homme respectable. Pas besoin de chercher un logement, il a déjà tout ce qu’il faut. Il part en voyage d’affaires. Vous en profitez pour faire le tour du propriétaire, vous ouvrez une porte que vous n’étiez pas sensée ouvrir et là, charmante petite découverte: du sang du sol au plafond et des femmes égorgées. Franchement pourquoi interdire Dexter à vos enfants?
- Des joies de la famille recomposée: Cendrillon (Charles Perrault) : avant d’être repérée par le Prince Charmant, on peut dire qu’elle en a bavé la pauv’ fille. Déjà elle commence par assister au dernier soupir de sa gentille maman. Et puis pendant une bonne quinzaine d’années, elle doit cravacher de l’aube à la nuit tombée pour finir par devoir dormir au fond de la remise dans les cendres alors que ses demi-soeurs se la coulent douce.
- « Maximum humiliation »: Le Vilain Petit Canard (Hans Christian Handersen) : pauvre canard qui commence également sa vie en assistant au massacre de sa mère par un chasseur. Il se fait recueillir par une cane qui le trouve tellement moche qu’elle ne trouve rien de mieux que de l’abandonner. Voilà: tu n’as plus de parents? tu es moche? ben…. débrouille-toi tout seul mon gars!
- La tristesse ultime: La petite fille aux allumettes (Hans Christian Handersen) : pour les enfants au coeur bien accroché. Certes, pas de sang ni de violence dans ce conte mais une tristesse continue et une fin des plus tragiques. Voyez plutôt: un soir de la Saint Sylvestre, une petite fille erre dans le froid pieds nus (on lui pique ses chaussures dès le début du conte) et le ventre vide. Elle n’ose pas rentrer de peur de se faire battre par son père. La magie du conte? Dès qu’elle craque une allumette, elle voit des scènes heureuses de sa vie. Arrive le moment où elle n’a plus d’allumette alors que se passe t’il ? Et bien elle meurt tout simplement de froid. Chienne de vie.
Et vous, d’autres histoires comme celle-là qui donnent envie de tuer son chien ?
Plus de livres pour enfants beaucoup plus calmes (ou pas) sur l’excellent « File dans ton livre »
Découvrez le Guide de Survie du Jeune Papa, le 1er livre de Topito :
Commentaires au top
T'as quelque chose à dire, une réaction ? C'est ici. Oui, c'est bien fait hein ?
PREM’S :D
Top 7 avec 6 points ? Sinon très bon top ! :D
Le Petit Poucet aurait eu sa place dans le top aussi. Depuis que j’ai vu Florence Foresti en faire l’analyse dans Mother Fucker, je me suis rendu compte qu’il donnait pas mal dans l’amoralité…
Dans la version Disney des 3 petits cochons, je crois qu’ils se font pas bouffer
Ben oui, il faut une fin heureuse… à l’améwicaine ;-)
Et Peau d’Âne ?
Pôpa qui veut épouser sa fifille obligée de se déguiser pour le fuir, c’est pas très glop non plus.
et le petit chaperon rouge? au depart ça symbolisait un viol avant que disney le rende attrayant.
Le conte du Génevrier des frangins Grimm : ou comme une mère tue son fils en lui coupant la tête avec un coffre puis le donne à manger à son mari et à sa fille. Ce dernier finira par revenir à la vie sous la forme d’un oiseau et à tuer sa mère en lui lançant une meule sur la tête.
Le conte le plus ignoble de tous (selon moi).
La petite fille aux allumettes m’a traumatisée!
A lire dans ce style, les contes écrits par Tim Burton, avec « La Triste Histoire du Petit Enfant Huître », ou « L’enfant avec des clous dans les yeux »… le genre de titres qui font rêver. En vo si possible ;)
De façon générale, ne jamais lire des contes d’Andersen si vous avez une tendance à la déprime. Le héros meurt à la fin dans une histoire sur deux (au moins)
Le plus effrayant de tous, c’est incontestablement celui-là :
http://0z.fr/iVwTY
Bah oui, c’est évident…
…et la réalité est parfois pire que les contes pour enfants les plus gores :
http://0z.fr/wj9DC
et celui-là risque de durer… indéfiniment !
« le petit noel des animaux » – ecrit et raconté par Cartman -(south park) evidement ca commence comme une conte et ca finit trash
sinon la petite fille aux allumettes m’a toujours fendu le coeur
Haha, il suffit de lire du Grimm pour avoir du gore, et ne pas s’arrêter sur les « grands classiques ».
Je me souviens du conte des 7 corbeaux, où comment la petite soeur d’une fratrie de 8 doit sauver ses grands frères transformés en corbeau.
Devant un palais de cristal dans le glacier d’une montagne, elle perd la clé sensée ouvrir la porte… Et trèèès logiquement, se coupe elle-même le petit doigt afin qu’il fasse office de clé.
A lire aussi – le titre est éloquent – : « La jeune fille sans mains »…
Et les souliers rouges alors ? Ces godasses qui font danser une jeune fille jusqu’à l’épuisement, tant et si bien qu’elle se fait couper les chevilles. Et les pieds coupés dans les souliers, qui continuent de s’éloigner en dansant…
D’Andersen, lisez « Petit Klaus et Grand Klaus »… Meurtre, chantage, adultère, massacre de chevaux à coups de pelle… Un régal !
C’est tiot la petite fille aux amulettes
Ajouter mon commentaire