Au départ, manger bio c’était manger éthique et responsable. Et puis c’est devenu un genre de grand gloubiboulga récupéré par les marques qui ne veulent pas passer à côté d’un marché et on n’y comprend plus goutte. Depuis que le bio a envahi la grande distribution (46% des produits bio vendus en France le sont en supermarché), entre réglementation pas très claire, produits transformés et méconnaissance du sujet, on se retrouvent bien dépourvu quand la bise est venu. Il y a des gestes qui sauvent.

1. Vérifier si tout est bio ou pas

En magasin spécialisé, on peut trouver des conserves que l’on imagine volontiers bio puisque c’est écrit sur la façade du magasin et à peu près partout à l’intérieur ; sauf qu’en y regardant de plus près, on s’aperçoit par exemple que les produits estampillés bio ne le sont pas entièrement. On peut ainsi imaginer dans un magasin bio des sardines dont seul l’assaisonnement est certifié AB. L’explication est simple : comment voulez-vous donner un label bio à un poisson sauvage ? Il faut donc également être attentif aux autres certifications, comme celle de la pêche responsable dans le cas des sardines.

2. Être un peu malin sur les saisons...

Parce que c’est bien de consommer bio, mais les cerises bio en plein milieu de l’hiver, il y a quand même moyen qu’elles viennent du bout du monde et que l’empreinte carbone de leur consommation ne soit pas tip top assez logiquement.

3. ... Et surveiller les provenances

Parce que selon la provenance des légumes que l’on achète, le coût écologique de leur consommation ne sera pas le même. En plus du transport induit par l’importation de produits, certains légumes bio sont produits dans des conditions extrêmement polluantes pour l’environnement. C’est le cas notamment des tomates ou poivrons d’Espagne qui poussent dans la province d’Almeria, un désert total où Sergio Leone tournait ses westerns. Serres, irrigations catastrophiques pour l’environnement… Pour autant, rien dans la réglementation européenne n’empêche à ces produits d’obtenir le label bio.

4. Non, vraiment, surveiller les provenances

Le bio n’est pas qu’un mode de vie, c’est un marché. Et comme la plupart des marchés, celui-ci s’est internationalisé à vitesse grand V et devient extrêmement concurrentiel : les escroqueries au label bio sont donc légions. Plus grave encore, il devient très compliqué de surveiller les conditions de production de produits importés de Chine et qui peuvent parfois obtenir un label AB en trompant les autorités. En consommation local, on évite ce genre de problèmes.

5. Ne pas (trop) acheter en grandes surfaces

C’est bien de consommer bio, mais cela ne signifie pas pour autant que l’on consomme de manière éthique. Si les produits bio sont beaucoup moins chers en grande surface que dans les magasins spécialisés, c’est parce que la grande distribution négocie très très serré avec les agriculteurs, comme pour tous les autres secteurs non bio. En allant dans de grands magasins, on peut donc trouver des produits bio pas bien chers mais dont la vente ne permet pas aux agriculteurs de vivre dignement.

6. Bien comprendre ce qu'est le bio

Pour obtenir le label AB, il suffit de proposer des produits contenant moins de 0,9% d’OGM et moins de 5% d’éléments non-bios en cas de produit transformé, le tout cultivé sans engrais chimiques. Voilà : ensuite, tout est permis. Irrigation massive, surexploitation agricole… Tout ça n’est pas interdit par le label.

7. Le mieux est donc d'acheter local

En achetant des produits bio et français on est au moins à peu près sûr d’obtenir des produits de qualité et vraiment bios. C’est vraiment le premier et le meilleur des conseils.

8. Privilégier les produits bruts

Parce que les produits transformés contiennent potentiellement plus d’éléments non bios, sans compter sur tout ce qui est additif, sucre, sel, colorants, etc. A n’y plus rien comprendre en lisant l’étiquette.

9. Lisez les étiquettes

Assez rapidement, on se rend compte si on s’apprête à acheter un truc absolument dégueulasse et qui n’a de bio que le nom ou si on va vraiment contribuer à se faire plaisir et à un monde meilleur en même temps.

10. Se méfier du marketing

Emballages couleur carton ou bois et étiquettes vertes. Les mentions peuvent être trompeuses et les visuels carrément non contractuels. De la même manière que désormais les vendeurs de chocolat n’indiquent même plus « chocolat » sur leurs tablettes parce qu’elles ne contiennent pas la dose minimale de cacao sans que personne ne s’en rende compte, les vendeurs de faux bio savent très bien comment vous faire croire que vous consommez bio alors que c’est une grosse arnaque.