Habiter dans un endroit beau, c’est ce dont la plupart des gens rêvent. Sauf que quand on habite dans un endroit très beau, on risque de voir des gens débouler des quatre coins du monde (ou même de la ville) pour venir visiter ou se prendre en photo. Et personne n’a envie d’habiter dans un coin à touriste, parce que, comme on le sait tous, un ou deux touristes ça va, mais beaucoup de touristes, c’est un cauchemar. Voilà les coins où les locaux voudraient bien un peu de tranquillité.

1. Venise

Les habitants de Venise vivent depuis des années un enfer : leur ville est tellement populaire que les touristes y viennent en masse. Ils rendent les rues impraticables, forcent les locaux à emprunter des chemins différents et font flamber les prix de l’immobilier. Le pire, pour certains riverains : le bruit des valises sur les pavés, qui est pour eux une vraie torture.

2. La rue Crémieux (Paris)

Les habitants de « la rue la plus instagrammable de Paris » en ont marre des djeuns qui viennent se prendre en photo devant leurs jolies façades colorées. Et c’est vrai que ça doit être chiant de voir défiler des débiles qui ne pensent qu’au nombre de likes qu’ils vont faire sans se soucier une seule seconde des riverains. Parce que ça ne se limite pas à une petite photo au milieu de la route pavée : certains vont se foutre dans les embrasures des portes ou tournent des clips avec la musique à fond. Bref, des nuisibles. Les habitants ont monté une asso et cherchent à imposer des limites contre ça.

3. Notting Hill (Londres)

C’est cette fois-ci le quartier le plus instagrammable de Londres. Comme dans la rue Crémieux, on y trouve des façades toutes mignonnes et colorées, ainsi que des touristes qui se prennent en photo, n’hésitant pas à monter sur les murets et perrons des maisons. Imaginez sortir de chez vous et trouver quelqu’un en train de prendre la pose juste devant votre porte. De quoi énerver n’importe qui.

4. Palma de Majorque (Espagne)

La plus grande ville de l’île de Majorque a interdit en 2018 la location d’appartements aux touristes. Ils ne peuvent maintenant plus louer que des maisons ou se résigner à aller à l’hôtel. La faute à une trop grande affluence qui a fini par agacer les locaux, même si ces derniers vivent en partie du tourisme. Pour eux, les touristes ont tué l’authenticité du lieu. Ils ont même fait des manifs, déguisés en touristes (avec des chapeaux, des valises et tout) pour montrer leur agacement. A voir si la loi sur la location fera son petit effet.

5. Barcelone

Barcelone a reçu en 2017 de la part du journal anglais The Independant le titre de « ville qui déteste le plus les touristes ». Et c’est vrai que sur place, les tags insultants envers les vacanciers sont nombreux. Mais pourquoi ils les détestent tant ? Déjà, parce qu’il y en a de plus en plus. Ce qui a eu, entre autres, pour conséquence de faire augmenter les loyers de plus de 16% en 2016. Les locaux n’arrivent plus à se loger. La vie en général devient plus chère, il n’y a plus de place pour circuler, les commerces sont bondés, et les touristes sont irrespectueux. Bref, ça fait beaucoup pour les Barcelonais qui se sentent pris au piège. Ils ne veulent pas éradiquer les touristes (qui les font quand même un peu vivre) mais juste réduire leur nombre.

6. Madrid

Dans la capitale espagnole, c’est grosso modo le même constat. Les habitants sont peu à peu chassés du centre qui devient beaucoup trop cher et n’accueille plus que des touristes. Dans le quartier de Lavapiés, les habitants ont manifesté avec des valises à roulettes et ont célébré un enterrement symbolique des voisins pour alerter sur le fait que ça craint beaucoup.

7. Milan

La capitale de la mode italienne en a marre des touristes cons et des vendeurs à la sauvette qui vendent des trucs cons aux touristes cons. Résultat, Milan a interdit l’utilisation des perches à selfie en public. Prenez ça dans votre gueule, les touristes bien trop nombreux.

8. La Croatie

Dans bon nombre de villes balnéaires de Croatie, les habitants (surtout les anciens) ont le sentiment de se faire arnaquer : ils se sentent envahis et ne gagnent pas un rond alors que les gros promoteurs s’en mettent plein les poches. Beaucoup finissent par se casser, faute de trouver des solutions.

9. Lisbonne

Encore une capitale qui devient le royaume des Airbnb et qui se vide peu à peu de ses habitants. Comme il n’y a plus de locaux, les commerces de proximité, les petits cafés d’habitués et tout finissent par fermer, et la ville perd toute sa saveur. Les habitants sont pas contents, et ils le font savoir avec des jolis tags sur les murs du genre « Tourists go home » ou d’autres amabilités du même acabit.

Vaut mieux un touriste que la tourista.