Porté dans les année 90 et 2000 par les Dardenne d’un côté, Poelvoorde d’un autre et Dikkenek au milieu, le cinéma belge bénéficie d’une assez forte popularité en France. Les succès des films de Félix Van Goreningen en est une autre illustration. Mais le cinéma belge reste fortement associé à une double tradition, celle de la misère sociale à se flinguer et celle du surréalisme dérivé de Magritte. En fait, c’est un peu plus complexe. Et donc plus intéressant.

1. Kikoo le cinéma social à se flinguer

Les frères Dardenne : Ken Loach si tu remplaces l’accent cockney par l’accent wallon. On va en prendre plein les yeux : maisons délabrées, mecs bourrés au café en marcel, rond-points. Passion rond-point. Ah. Marche aussi en version flamande avec Van Groeningen. Mais, en réalité, cet étalage miséreux se double le plus souvent d’un humour omniprésent. Bon. Peut-être pas chez les Dardenne, mais chez Belvaux ou Akerman, si.

2. L'image est par définition moche, puisqu'on ne montre que des choses moches

La façon de filmer va tellement loin dans la volonté réaliste qu’elle donne la troublante impression de regarder la vie à sa fenêtre. A condition de vivre dans un HLM. En face d’un rond-point.

3. Les seuls bons acteurs belges se pressent de venir tourner en France

Poelvoorde, Dequenne, Damiens, De France, Efira : ils ont tous franchi les (D)Ardennes. Personne n’a envie de passer sa carrière à tourner devant des rond-points. Ce qu’on dit moins, c’est que Montand dans Un soir, un train, d’André Delvaux et Corbery, Dussolier, Morel ou encore Ornella Muti ont aussi joué dans des films de Lucas Belvaux, par exemple.

4. A part la misère sociale, le cinéma belge ne s'inscrit que dans une veine surréaliste

Humour absurde, situations malaisantes, réalisme magique. On retrouve ça dans C’est arrivé près de chez vous, on retrouve ça dans les films de Delvaux, chez Bouli Lanners, même chez Groeningen. Le parangon du genre est sans doute Les lèvres rouges, de Harry Kümel, film érotico-vampiresque des années 70 devenu absolument culte. La tradition surréaliste est très ancrée dans la fabrication culturelle belge, c’est vrai. Mais un film comme Les convoyeurs attendent ne rentre pas du tout dans ce schéma.

5. La plupart des acteurs sont des amateurs choisis pour leur "gueule"

Le choix s’inscrivant bien entendu dans cette volonté de réalisme appuyé. Ce n’est pas le cas. On a cité plein d’acteurs belges précédemment et les films les plus connus sont soutenus par des comédiens francophones de grand talent.

6. Le cinéma belge est bavard

Les dialogues, très écrits, forment une sous-école du cinéma d’auteur. Il n’y a qu’à voir la scène de fête de Belgica, sans doute la meilleure scène de fête jamais réalisée, pour se convaincre du contraire.

7. Dikkenek est le seul film belge vraiment marrant

Penser ça, c’est ne pas avoir vu Je me tue à le dire, Camping Cosmos ou Je suis mort, mais j’ai des amis.

8. Le cinéma belge est un cinéma récent ponctionné par les producteurs français

La Belgique a une longue tradition de cinéma. En réalité, la Wallonie a même été le mètre-étalon du cinéma documentaire au lendemain de la Première guerre mondiale. C’est en Belgique que le genre se développe réellement, en parallèle de ce qu’il se passe en Angleterre. Une lignée qui perdure encore aujourd’hui, notamment à travers le travail documentaire d’une cinéaste comme Chantal Akerman, décédée récemment, et qui menait des expérimentations sur la forme, y compris en fiction.

Par contre, les films ne se visionnent qu’une fois.

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