La mort. La mort, la mort, la mort. Qui n’éprouve pas à son égard ce mélange de fascination et de répulsion, cette envie de percer le mystère sans devoir le toucher de près, cette conviction profonde qu’il ne nous concerne pas tout en sachant déjà que cet espoir est condamné ? Qui ne trouve pas que la phrase précédente était beaucoup trop longue ? Qui lit cette introduction alors qu’il y a des infos beaucoup plus intéressantes dans le top ? Qui ?

1. Combien y'a t il eu de morts depuis le début de l'humanité ?

93% des 108 milliards d’humains qu’a compté la Terre depuis les débuts de l’humanité. Soit une centaine de milliards, en gros. Ce chiffre vaut si l’on calcule à partir de -50.000 avant Jean-Claude, ce qui est une date contestée par certains spécialites. Enfin ce qui est sûr, c’est que ça fait quand même un joli paquet de monde.

2. Les morts sont-ils connectés ?

Apparemment oui. D’ici 5 ans, le nombre de profils Facebook de personnes décédées sera supérieur au nombre de profils Facebook de personnes vivantes. Comme Facebook ne ferme pas automatiquement les profils, c’est assez logique, dans la mesure où les bébés ne s’inscrivent pas sur Facebook, contrairement aux adultes qui ont une bonne grosse tendance à mourir. De là à dire qu’il faudrait installer la fibre dans les cimetières, hein…

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3. Quel siècle a été le plus meurtrier ?

Bah c’est pas super mais c’est clairement le vingtième. Avec deux guerres mondiales, des génocides à n’en plus finir, deux bombes atomiques et des guerres partout, c’est pas hyper illogique. Mais ça éclate même le génocide des peuples sud-américains et la peste noire. Bref, le progrès, c’est pas toujours pour le mieux.

4. Quelle est la principale cause de mortalité au XXI° siècle ?

6 millions de personnes sont mortes depuis le début du XXI° siècle. La cause de mort prématurée (avant 75 ans) la plus courante, tala ! C’est le cancer ! COUCOU LE CANCER ! COUCOU LE CANCER ! SALUT !

5. Quand est-on déclaré mort ?

Autrefois, c’est l’arrêt du coeur qui servait à établir la mort. Plus de pouls, plus de vie. Sauf que depuis les années 60, le paradigme a changé : un patient dont le coeur bat mais qui est déclaré en état de mort cérébrale est considéré comme mort. Ce changement a permis de développer le don d’organes et donc de sauver des vies (une histoire assez bien racontée dans Réparer les vivants).

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6. Combien de personnes meurent chaque année ?

60 millions environ. Dont 587.000 en France, soit un décès toute les 54 secondes. Ce qui fait pas mal de monde, quand on y pense, quand même. Et laisse entendre qu’on va probablement mourir pour de vrai à la fin. Même si c’est pas vrai pour nous, hein, pas vrai que c’est pas vrai ?

7. Quelle est l'espérance de vie dans un cimetière ?

Si l’on prend l’intégralité des occupants et qu’on y ajoute celle de ceux qui s’y rendent, on obtient un chiffre près de zéro. Gare.

8. D'où vient la représentation de la mort en faucheuse ?

Cette représentation remonte à l’Antiquité et correspond en réalité à celle que l’on se faisait de Cronos, le dieu du temps. Cronos portait souvent un globe et une faux. C’est que, père des dieux de l’Olympe, Cronos a été renvoyé sur terre après une sordide histoire d’avoir mangé ses enfants suite à son combat perdu avec Zeus (qui est l’un de ses enfants, hein). De là, il a fondé une modeste communauté agricole, d’où l’attribut de la faux. On notera que Cronos avait des ambitions simples, en fait, dans la vie, façon retour à la terre après avoir été le dieu tout puissant. En tous les cas, pas de rapport avec le fait de faucher les gens, donc.

9. Peut-on vraiment puer la mort ?

Affirmativement. Les corps en décomposition puent la mort. C’est prouvé et c’est sûr.

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10. Qu'est-ce qu'il y a après la mort ?

Alors évidemment la question n’est pas si simple. Si l’on raisonne d’un point de vue purement théologique, on pourrait dire que oui, oui, il existe une permanence de l’esprit au-delà de la matière ne serait-ce que par le souvenir ou l’amour qui, lui, ne s’éteint pas du côté de celui qui a survécu ; mais qu’est-ce que le souvenir, si on en revient aux fondements ? Souvenir, du latin subvenire, se présenter, venir au secours. Venir au secours des vivants, donc, comme une sorte de main tendue à ceux qui restent pour continuer à leur procurer de l’espoir. Dès lors, la permanence de l’autre se présente comme une projection personnelle, non moins réelle et toujours tangible. Alors, peut-on continuer à vivre par les autres quand la vie s’est tarie ? Certains pensent plutôt que, quand on est mort, on se fait grave chier pendant super longtemps.

Et Mort Shuman ?

Sources : Slate, France Inter, Planetoscope