On se doute que tu connais bien les chansons Disney, mais connais-tu les versions québécoises ? On oublie bien vite qu’il y aussi des francophones en Amérique et ils ont leurs propres doublages de films avec bien souvent des paroles traduites littéralement de l’anglais (c’est bien un truc bizarre des québécois ça) et des voix qui changent souvent drastiquement de nos VF bien-aimées. On vous laisse découvrir les meilleures chansons Disney en version québécoise, essayez d’être objectifs !

1. Ce rêve bleu, Aladdin

Les paroles : La version québécoise de « A Whole New World » s’appelle « Un nouveau monde », ce qui est beaucoup plus logique. Ça sort d’où cette histoire de rêve bleu d’ailleurs ? Pourquoi un rêve serait bleu ?

La voix : Dans la VF, Jasmine a la voix d’une minette pré-pubère un peu niaise et on s’était fait à l’idée (il faut dire qu’elle n’a que 15 ans). Dans la VQC, la voix de Jasmine est plus mélodieuse, elle chante plus juste et ça nous plait. Le point va aux mangeurs de poutine.

2. Comme un homme, Mulan

Les paroles : En français de France, on a droit à de belles réflexions sexistes de la part de Shang comme « Vous êtes plus fragiles que des fillettes » et « Vous n’êtes qu’une bande de femmelettes ». En français québécois, cela donne « Vous êtes les plus moches de toutes mes recrues » et « Vous n’êtes tous que des flancs-mous ». On comprend bien sûr l’idée d’associer au personnage de Shang un caractère machiste et misogyne, mais ce parti pris n’a pas été adopté au Canada. Au Québec, on ne comprend pas le concept d’associer la faiblesse au genre féminin, et ils ont bien raison (surtout qu’on ne retrouve rien de tout cela dans la VO).

La voix : Les deux versions sont très bien et on y croit à fond. Petite préférence pour la VF avec la voix du bon Patrick Fiori

3. L'air du vent, Pocahontas

Les paroles : Le version française n’a cette fois encore pas vraiment respecté le sens de la chanson originale. Aussi, « Can you paint with all the colors of the wind ? » devient « Peux-tu peindre en 1000 couleurs l’air du vent ? » en VF alors que la VQC l’a traduit par « Peux-tu peindre avec toutes les couleurs du vent ? ». Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué n’est-ce pas ?

La voix : C’est peut-être parce que j’ai grandi avec, mais en ré-écoutant l’Air du vent en version française, j’ai des frissons quand Pocahontas chante « Comprends-tu le chant d’espoir du loup qui meurt d’amour ? » mais je n’ai rien ressenti en écoutant la version québécoise. Point (subjectif mais balek) pour la France.

4. Les bannis ont droit d’amour, Le bossu de Notre-Dame

Les paroles : Cette fois, c’est la version française qui se rapproche le plus de l’oeuvre originale. On y parle de richesse spirituelle et non matérielle avec des paroles comme « Fais que l’on m’aime Dieu immortel, Nous implorons ta grâce, ô roi éternel, Je ne désire rien, Ni gloire, ni bien », ce qui est une traduction plutôt respectée de la VO. Au contraire, dans la version québécoise, on a droit à « Seigneur, nous implorons toutes tes faveurs, Toi Tout-Puissant, Accorde-nous puissance, richesse et bonheur ! », pas très chrétien de réclamer pouvoir et thunasse alors que d’autres crèvent la dalle. Par contre, pour le titre, on préfère clairement la version québécoise.

La voix : Claudia Meyer, interprète de la version française, a une très jolie voix mais cela ne suffit pas pour surpasser la performance de Lara Fabian. Si vous trouvez que les voix des princesses Disney sont nasillardes et se ressemblent toutes, essayez donc la version québécoise ! Le choeur de la foule est lui-aussi très harmonieux dans le version québécoise alors qu’il est insupportable en VF.

5. Un monde sans barrière, La belle et le clochard 2

Bon cette fois il n’y a aucun doute, la version française est 1000 fois mieux sur tous les points.

Les paroles : Zéro poésie, zéro harmonie et grammaire approximative. Par exemple : « Etre avec de vrais chiens pour être comme eux un vrai chien », les gars auraient pu faire un effort. En français, cela donne « Découvrir, avec de vrais chiens, le vrai chien que je suis » ce qui est plus joliment tourné et qui plus est, mieux traduit de la version originale : « Be with real dogs who’ll bring the real dog out in me ».

La voix : Dans la version québécoise, Scamp a visiblement 50 ans et pas un super sens du rythme.

6. Un gars comme toi, Le bossu de Notre-Dame

Les paroles : Contrairement aux paroles de Dieu aide les exclus (Les bannis ont droit d’amour), les québécois mettent cette fois-ci un point d’honneur à respecter les paroles originales. On a donc « Un gars comme toi, une fille n’en trouve pas tous les jours » et « Un gars comme toi, crois-moi ça peut faire des dégâts » mais en soi, cela ne change pas grand chose à la chanson qui est plutôt similaire des deux côtés de l’Atlantique.

La voix : Les voix des gargouilles sont plutôt agréables et mélodieuses dans les deux chansons, mais la version québécoise est peu intelligible par moments.

7. Jamais je n'avouerai, Hercule

Les paroles : En France, Meg dit « Et toi qui croyais connaître la chanson » alors qu’au Québec, elle dit « Je croyais que j’étais vaccinée contre ça ». Pas sûr que cette version aurait plu aux antivax.

La voix : Grosse préférence pour la voix canadienne avec le petit accent québécois sympa. Dans la VF, on a encore droit à une voix de princesse Disney qui ressemble à toutes les autres et c’est un peu dommage.

8. Partir là-bas, La petite sirène

Les paroles : Bien que plus respectueuse de la version originale, la version québécoise marche moins que la version française. A vrai dire, tout est dans le titre. Quand Ariel chante en regardant le rivage, les mots « Partir là-bas » sont bien plus mélodieux que « Parmi ces gens ».

La voix : Cette fois, la voix française typique « princesse Disney » de Claire Guyot fonctionne mieux que celle de la version québécoise, moins juste et moins mélodieuse.

9. Pauvres âmes en perditions, La petite sirène

Les paroles : Les deux traductions se valent même si, encore une fois, le Québec reste plus fidèle aux paroles d’origine.

La voix : Il y a eu deux doublages français de La petite sirène, mais quoi qu’il en soit, les deux sont meilleurs que la version québécoise qui a souffert de fausses notes et d’une doubleuse qui ne chante pas très très juste. Déso.

10. Où est la vraie vie ?, Raiponce

Les paroles : Depuis le film Raiponce, le Québec et le France utilisent les mêmes textes pour le doublage des films Disney, le débat est donc terminé.

La voix : Il est difficile de départager la VF et la VQC car je trouve les deux voix absolument magnifiques. Néanmoins, Maeva Méline dans la version française interprète Raiponce avec une voix vraiment trop enfantine alors que la voix de Catherine Brunet dans la version québécoise est plus mature, ce qui colle mieux au personnage adolescent de Raiponce.

Pour conclure, les français aiment bien mal traduire les chansons mais ça rend souvent un résultat plus poétique qu’en traduisant littéralement comme au pays où il fait -30°C. Dans tous les cas, le débat est terminé puisque les chansons Disney ont à présent les mêmes textes et très souvent les mêmes interprètes en France et au Québec.

Sources : Topsicle Cinema, Doozy, Urbania