L’Histoire c’est cool à étudier, et c’est encore plus fun quand il s’y passe des événements pas piqués des hannetons (oui j’ai volé cette expression à l’arrière-grand-père). Et ça tombe bien puisqu’il y en a un bon nombre, c’est un peu le principe des trucs qu’on retient dans les manuels : plutôt les trucs insolites. En voici un petit aperçu dans le domaine de l’histoire militaire. Mettez vos ceintures, on démarre le panzer.

1. Bataille des Thermopyles, 11 août 480 av JC

Ok, c’est connu, mais pas si connu non plus. Déjà les 300 Spartiates étaient soutenus par un autre contingent grec et ils n’étaient pas en slip de cuir mais en armure cuirassée. Les hoplites sont en effet des fantassins lourds, dont le but est de charger et d’encaisser de grands chocs. C’est donc une mauvaise idée d’envoyer de l’infanterie légère sur des soldats bien équipés et entraînés. Vous voyez une grosse vague qui s’écrase contre une falaise ? Bah pareil.

Bilan : succès défensif des Spartiates, dont le sacrifice a permis l’organisation de l’armée coalisée grecque. On ne peut pas chiffrer les pertes perses, mais on se doute qu’elles sont salées…

Crédits photo (creative commons) : Domaine public

2. Sac de Rome de 1527

En 1527, Charles Quint veut la mettre profond au Pape. Il envoie donc son armée marcher sur Rome, ce qui fait 35 000 hommes dirigés directement vers la ville. C’est alors que la garde suisse décide de couvrir la fuite de leur saint père le 6 mai 1527 en les ralentissant… à 147 contre 35 000, pendant que 42 autres soldats escortent le Pape. Ils seront les seuls survivants.

Bilan : Succès de l’opération de la garde suisse qui arrive à évacuer le Pape.

3. Bataille de Myong-Yang, 26 octobre 1597

Bataille navale qui, comme son nom l’indique, ne se passe pas en Europe mais en Corée. La flotte japonaise veut passer par le détroit Myeongnyang mais l’amiral Yi Sun-Si est pas d’accord. Et en plus Yi Sun-Si n’aime pas être pris pour un con. Donc il met les 13 navires dont dispose la flotte coréenne après une défaite désastreuse en rang au fond du détroit et bloque gentiment 333 navires japonais qui se rentrent dedans.

Bilan : La flotte coréenne reste quasi-intacte, les seuls dégâts sérieux consistant en une épidémie de côtes cassées côté coréen à cause des fous rires devant à la branlée infligée. Côté japonais c’est 31 navires par le fond, 92 hors service, et quelques 8 à 12 000 morts. Rekt.

Crédits photo (creative commons) : 太田天洋(1884~1946)

4. Bataille de Rorke’s Drift (Afrique du Sud), 22-23 janvier 1880

Après avoir mis en déroute une armée coloniale britannique, les Zoulous envoient 4000 guerriers au poste de Rorke’s Drift, tenu par 170 Anglais dotés de testicules en titane et de 20 000 cartouches de fusils. Se battant d’abord de jour, puis à la lueur des flammes de leur hôpital en feu la nuit, les soldats repoussent à la baïonnette les Zoulous qui finissent par fuir à l’annonce des renforts ennemis. Il restait 900 cartouches aux Anglais.

Bilan : 17 morts et 14 blessés chez les Britanniques, contre 351 en face. Faut pas courir en slip devant des fusils aussi.

5. Bataille du Jutland, 31 mai-1er juin 1916, Mer du Nord

La plus grosse bataille navale de la 1ere guerre mondiale, opposant la flotte anglaise à celle allemande. Les Allemands perdent 11 navires contre 14 chez les Anglais, mais sachant qu’ils ne tiennent leur avantage que grâce à un miracle, ils décident de rentrer au port. Problème, les Anglais se tiennent entre la flotte allemande et la maison. Problème résolu… en passant au travers de l’armada britannique comme des sauvages.

Bilan : mitigé, mais la flotte allemande a pu rejoindre ses ports.

6. Guerre d’Hiver 1939-1940, Finlande

Ici, il est plus question d’un homme : Simo Häyhä. Pendant la campagne d’invasion de la Finlande par l’URSS, ce paysan a pris son fusil (sans lunette), s’est caché dans la neige et a tué du russe. Entre 500 et 700 russes. American sniper est en PLS.

Bilan : Simo Häyhä a survécu à la guerre, et bizarrement il fut surnommé par les soviétiques « la mort blanche ».

7. Bataille de Stonne, 15-27 mai 1940, France

Durant cet épisode du Blietzkrieg en France, 2 chars B1 Bis bloquèrent 2 jours consécutifs les Allemands qui tentaient de prendre le village de Stonne. Le 16 mai, un premier B1 détruit sans pression une colonne de 13 panzers et 2 canons d’infanterie. Le 17, les Allemands envoient plutôt des soldats qui se mettent à couvert dans un fossé car le deuxième B1 ne peut pas tirer si bas. Ils déchantent quand le char met une chenille dans le fossé pour rouler dans le sens de la longueur.

Bilan : un beau succès défensif pour 2 chars français revenus à la base, l’un avec 140 impacts sans pénétration, l’autre repeint en rouge, et les Allemands bloqués 2 jours par 2 chars.

Crédits photo (creative commons) : Les Meloures

8. Bataille de Pont Saint Louis, 20-27 juin 1940, France

Si un de vos amis étranger vous taquine sur le légendaire « french surrender », montrez lui la bataille de Pont Saint-Louis. 9 français cantonnés dans la casemate alpine du Pont Saint-Louis ont tenu tête pendant 7 jours à 5 000 soldats italiens car ils n’étaient pas au courant que la France avait capitulé. Fin du fin, ils ont été sommés d’abandonner par des agents de liaison français. Comme la fortification était restée inviolée, les 9 français ont scellé l’accès (histoire d’emmerder encore peu les Italiens).

Bilan : 9 soldats en parfaite santé, contre 200 morts et 600 blessés. Pas mal.

9. Bataille de Bir Hakeim, 26 mai-11 juin 1942, Lybie

Erwin Rommel a été encensé comme le Renard du désert avec son Afrika Korps pour ses actions de tacticien. Pourtant c’est bien 3 723 français qui lui ont infligé une défaite stratégique à Bir Hakeim, face à 37 000 hommes. Un beau petit ratio de 1 contre 10, oui. Ce qui a ensuite permis la victoire alliée d’El Alamein.

Bilan : côté français 140 morts, 229 blessés et 814 prisonniers. Côté allemand, c’est 3 300 tués, blessés ou disparus, 272 prisonniers, 51 chars détruits ainsi que 49 avions, et une centaine de véhicules divers.

Crédits photo (creative commons) : Domaine public

10. Bataille pour la colline 3234, 7-8 janvier 1988, Afghanistan

Lors de l’invasion soviétique qui visait l’Afghanistan, les moudjahidins ont eu la brillante idée qui suit : « hey ils sont 39 en haut de cette colline, on est 250, on se les fait ! ». Sauf que les 39 en question étaient des parachutistes soviétiques, retranchés à 3200m d’altitude. La tentative de s’emparer du sommet a tourné au massacre côté afghan, tandis que les Soviétiques ont tous été élevés en héros de la patrie.

Bilan : sur les 39 parachutistes, 6 sont morts et 28 blessés. Les moudjahidins ont presque tous péris. Une brillante idée en effet.

Voilà déjà un petit aperçu plus ou moins anecdotique de ce qui s’est fait d’impressionnant en histoire militaire. Bien entendu d’autres batailles auraient pu figurer dans ce top mais être exhaustif là-dessus est impossible. En tout cas on espère que ce top vous a plu, et on se retrouve pour un prochain top d’ici là. A plus les loulous !

Source : Wikipédia (et l’album « The Last Stand » du groupe Sabaton, qui m’a donné l’envie et l’inspiration de faire ce top)