une_europe
Crédits photo (creative commons) : andrew_Writer, montage Topito

Les premiers réfugiés arrivent donc en France, contre vents, marées et commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Les témoignages de leurs périples vont se multiplier et on va donc (re)découvrir les conditions dans lesquelles ces migrants réfugiés ont dû fuir leur pays. Pour la plupart d'entre nous qui rentrons de vacances, ça mérite de s'y pencher d'un peu plus près pour comparer avec nos propres voyages.

  1. Tu voyages léger
    Quand tu pars d'un pays en guerre, tu ne demandes pas combien tu emmènes de t-shirt et si tu auras vraiment de besoin de tes tongs. Ici, pas de superflu, pas de chaussures qui prennent trop de place dans la valise et qu'on ne mettra pas. Pas de valise non plus d'ailleurs.
  2. Tu voyages souvent en famille
    Des moments forts vécus avec la famille proche, des souvenirs impérissables. De nombreuses fois, c'est vrai qu'il arrive de craindre que toi ou un membre de ta famille puissiez mourir, mais tout ça renforce les liens non ?
  3. Tu vois du pays, plein
    Parfois jusqu'à 7-8 pays pour un seul voyage ! Grèce, Italie, Hongrie, Serbie, Russie, Roumanie, Allemagne... Il se peut que tu découvres que l'habitant ne soit pas partout des plus accueillants et est tendance à mettre des petits barbelés pour protéger son potager, mais c'est ça l'aventure et la rencontre avec l'autochtone !
  4. Tu multiplies les moyens de transport
    L'avion c'est très pratique et tu cumules des Miles, mais c'est tellement surfait: on n'a presque plus l'impression de voyager tellement c'est aseptisé et rapide. Alors qu'en voyageant pour fuir son pays, on mixe la marche sur des kilomètres, le bateau pneumatique en plein nuit, la cale d'un bateau, l'arrière d'un camion surchauffé...
  5. Tu découvres les joies du voyage organisé
    Un voyage all inclusive à l'arrière d'un camion par exemple. Mais qui peut aussi connaitre quelques travers, admettons. Il arrive que tout ne soit pas super bien ficelé et que ce passeur, qui semblait certifié et honnête, finisse par se barrer avec l'argent en te laissant en plan avec ta détresse. Uniquement parce qu'il sait que tu ne pourras pas lui mettre une sale note sur Tripadvisor.
  6. Tu ne sais jamais vraiment quand tu arrives...
    Les vacances planifiées c'est d'un ringard quand on y pense. Ne pas pouvoir faire de projet, ne plus regarder en arrière, ne pas savoir où on dort, se laisser porter par l'assistance humanitaire quand il y en a, c'est quand même autre chose...
  7. ...Ni quand tu repars
    Puisqu'il n'est même pas certain que tu puisses rester et qu'on te renvoie parfois simplement d'où tu viens. Ça dépendra du bon vouloir des politiques locaux, de ce qu'en pense l'opinion et surtout de sa capacité à s'indigner de la situation. Un voyage réussi, ça tient à peu de choses...
  8. Tu ne fais pas que voyager, tu poursuis tes rêves
    Quand la majeure partie des gens se contente d'aller à l'étranger pour se reposer et prendre du bon temps, le réfugié rêve quant à lui de découvrir l'Europe pour offrir des jours meilleurs à ses enfants en les faisant vivre sur des terres pacifiées... Ça ne manque pas d'ambition.
  9. Tu es souvent globalement content de ton séjour
    Quand tu as fui la guerre en Syrie ou que tu as été otage dans le désert du Sinaï, tu es souvent plutôt positif en débarquant chez nous. Même à Calais. Finalement assez des Japonais, Chinois, Américains qui se plaignent de l'accueil dès qu'ils sont rentrés au pays auprès de leur Tour Operator.
  10. Tu peux finir en Une des journaux
    Alors oui, il y a un vrai risque que ce soit en photo quand tu seras mort ou en une d'un journal local avec des titres d'un autre âge, mais la médiatisation a forcement un prix. Et ça fait de belles photos de vacances non ?

Pas convaincu par ces conditions de voyage ? Eux non plus en fait.
Vous pouvez aider ces réfugiés par une des solutions proposées sur ce bon article de Slate.

NB: avant de vous lâcher dans les commentaires: Et oui on sait, il y a plein d'autres malheurs dans le monde. Ce n'est pas pour autant qu'on doit se dire "boh un de plus ou de moins..."