pis
Crédits photo (creative commons) : Francesco Antunes

Cette fois c'est la crise. Elle vous avez maintes fois prévenu, elle n'en peut plus de retrouver des flaques d'urine sur/sous/à côté de la cuvette après chacun de vos passages. Vous avez beau la trouver un peu dure avec vous (elle pourrait vous laisser un peu de temps, vous n'avez que 32 ans), vous sentez bien que cette fois, c'est sérieux. Elle a même osé proférer la menace suprême : "Je veux pas le savoir, la prochaine fois tu t'assois pour pisser !". TERRIBLE. Vous avez beau vous débattre, arguant que vous préféreriez vous faire émasculer sur le champ, avec un couteau suisse rouillé, que de tomber si bas, elle ne vous écoute plus. Plus qu'une seule solution : suivre nos 10 précieux conseils pour devenir maître de votre pipi ('Pipi Master') et ainsi préserver le peu de dignité qu'il vous reste.

  1. Si tu peux soigneusement remonter la lunette avant de commencer ton ouvrage...
    Ça parait pas grand chose, mais la lunette est plus large que le haut de la cuvette, et elle réduit donc d'autant votre surface de tir. On ne se rajoute pas de difficultés les mecs, on ne joue pas les héros : plat du pied, sécurité. Quand vous serez aguerris, on pissera comme des foufous, lunette rabattue, mais ne brûlons pas les étapes. Sans compter que c'est pas une mauvaise idée de ne pas inonder de pisse l'endroit sur lequel vous poserez vos cuisses lors de visites prochaines. Pour Madame, on pensera à la remonter après, ça sera apprécié... mais on en reparlera plus tard ! Restez concentré, rien n'est joué.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Si vous en foutez quand même partout, et que vous rabaissez la lunette après votre passage, votre douce n'y verra que du feu.
  2. Si tu peux prendre bien garde au positionnement de tes pieds avant de dégainer...
    On reprend les fondamentaux, vu votre situation ça ne sera pas du luxe. On se positionne bien en face de la cuvette, les pieds parallèles entre eux, et perpendiculaires à l'axe horizontal qui traverse le milieu des toilettes. On adopte la posture du chef d'orchestre, sûr de lui, prêt à donner ses instructions, devant son pupitre, juste avant de prendre sa baguette en main. On sort son engin tranquillement, on l'agrippe solidement, mais avec souplesse. Soufflez un grand coup si vous êtes tendu. Relâchez un peu les épaules aussi, la crispation est votre pire ennemie. C'est dans vos cordes. On ne se met pas la pression, tout va bien.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Si vous marchez en canard, laissez vos pieds placés à 10H10, comme d'habitude. On ne va pas tout révolutionner d'un seul coup.
  3. Si tu sais empoigner ton bazar avec sûreté et fermeté...
    Oui ça parait évident, mais si vous pissez encore à côté, à votre âge, c'est que vous n'êtes pas franchement un foudre de guerre. Une main suffit largement, non pas que votre oiseau soit si petit que ça, mais parce que votre autre main vous sera bien utile ailleurs, on y reviendra. Le plus important, c'est le placement : pas à la base de la verge, sinon vous n'aurez aucune emprise sur le tir, mais pas non plus sur le gland, parce que... ça serait complètement con. On cherche le juste milieu pour orienter la lance au bon endroit. Important : on déboutonne son jean complètement. La braguette ouverte ne suffit pas.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Pas la peine pour autant de descendre votre pantalon sur vos chevilles : vous auriez juste l'air d'un con (ce que vous êtes, vraisemblablement, si vous pissez encore à côté à 32 ans).

  4. Si tu peux décalotter ta biroute, systématiquement et avec méthode...
    Là encore, on est dans le b.a.-ba. L'idée c'est de dégager complètement votre méat (plus communément appelé "trou de bite") afin que le jet puisse sortir sans gêne, notamment de la part de la peau du prépuce. Par ailleurs, il est préférable que l'urine soit le moins possible en contact avec votre sexe, vous gagnerez ainsi en fraîcheur (vous puerez moins du bout, pour être clair), ce qui est plutôt un bon point. Vous êtes prêt ? On va lâcher les vannes.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : En cas de rapport sexuel non prémédité dans les toilettes du boulot ou dans un parking souterrain (quel gentleman vous faites...) cette "fraîcheur" préservée sera appréciée par votre belle.

  5. Si tu peux rester maître de ton jet, en tout temps et à tout moment...
    Là on rentre dans le dur. L'idée c'est de pas envoyer la purée comme un phacochère, mais de chercher un rythme de croisière, semi-retenu, régulier et surtout un jet "concentré". À tout moment, vous devez être maître de votre tir. Ça n'est pas à la pisse de se ruer hors de votre urètre, déchaînée comme une rivière en crue. Non, c'est à vous de produire un jet uniforme et droit, que l'on emmène délicatement à bon port. Et on n'hésite pas à jouer du sphincter pour y parvenir, ne faites pas les feignasses. Le jet part en douche ? On coupe tout ! Et on recommence.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Si vous avez mangé des asperges, c'est là que ça va se sentir. On se laisse pas déconcentré, on reste focus sur l'objectif.

  6. Si tu peux garantir une visée précise et sans faille, du début à la fin...
    Si on s'applique à ne pas en foutre partout, c'est surtout pas pour se faire trahir par des éclaboussures indirectes. Il y a donc là une réelle dimension tactique : on privilégiera la faïence, au plus bas de la cuvette, plutôt que l'eau, au fond de celle-ci, de façon directe. Selon la puissance du jet, on pourrait en effet voir des gouttes remonter du fond, et annihiler tous nos efforts.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Au passage, on gagne en discrétion, la faïence étant moins bruyante que l'eau des toilettes. Vous épargnerez aux autres ce fameux bruit de torrent de montagne qui résonne dans tout l'appart' quand vous urinez habituellement, porte ouverte, évidemment.

  7. Si tu peux contenir, sans la moindre faiblesse, la pression de l’élastique de ton slip...
    Le conseil le plus technique de ce top. Vous pissez, votre biroute, dans une main, on l'a dit. Vous avez instinctivement baissé votre slip, pour libérer votre outil, et calé l’élastique sous vos "bouliches". Il s'y cale d'ailleurs parfaitement. Oui, mais c'est pourtant un piège. Ainsi disposé, le vicieux élastique applique une pression importante qui nuit grandement à votre paisible écoulement. C'est là que votre autre main intervient, ayant pour mission de le maintenir vers le bas pour juguler cette pression sournoise qui vous détournerait de votre objectif. A l'aide de votre pouce, contenez donc l’élastique, en le tirant doucement vers le bas.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : Au moment ou vous allez arrêter, on tire bien l’élastique au maximum vers le bas pour éviter tout reflux inapproprié lors de l'égouttage. Les fameuses "trois gouttes pour la route". On n'en veut pas sur la cuvette, mais on n'en veut pas dans notre slip non plus. On assure le coup.

  8. Si tu peux t'égoutter le bout, consciencieusement avec patience et application...
    Sur l'égouttement, y'a plusieurs écoles, et on doit respecter ça. Pour autant, si vous êtes de l'école des "gros-brutos-qui-secouent-leurs-glands-comme-s'ils-participaient-à-un-pogo-dans-la-fosse-d'un-concert-de-métal", va falloir mettre un peu de douceur dans votre jeu. En urinoir, ou en extérieur, continuez d'exprimer votre style agressif en vous agitant le bout comme un désespéré, on n'y trouvera rien à redire. En revanche, le reste du temps, allez-y tout doux, en appliquant tout au long de votre verge, une pression continue et répétée de bas en haut puis en ébrouant légèrement le fruit de votre chêne. On tapote délicatement pour voir les gouttes tomber une à une, comme on épluche un citron-caviar.
    Le petit plus du 'Pipi Master' : : PATIENCE. On ne se presse pas. On prend le temps, on va aller la chercher cette clean sheet !

  9. Si tu peux, en plus de toutes ces précautions, penser à fermer la lunette en tirant la chasse...
    Ne faites pas cette erreur de débutant. Après tous les efforts que vous avez fournis, vous n'avez pas le droit de tout gâcher en commettant cette négligence. Selon la forme de vos toilettes, selon la puissance de votre chasse d'eau et selon les caprices d'une bonne dizaine d'autres variables (Humidité extérieure, PH de l'eau des chiottes, alignement de Pluton et de la Terre...), il est tout à fait possible, qu'en épanchant "dans l'amphore" le fameux "courant d'onde pure" (comme le dit Arago), vous annihiliez tous vos efforts, en voyant refluer, traîtresses, de perfides gouttelettes. Alors on referme le "couvercle arrondi dont l'auguste jointure / Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau". (C'est toujours Arago qui le dit).
    Le petit plus du 'Pipi Master' : On appuie sur le bouton "petits besoins", pour limiter le volume de flotte affluant. On limite les risques et en même temps on est écolo. Win-Win situation.
  10. Si tu peux essuyer les rebords, dans le cas où ton application et ton sérieux ne t'aurais malgré tout pas empêché d'en foutre partout...
    Ouais, c'est pas con hein ? Celle-là on aurait dû la mettre en tout premier, parce que même le plus gros débile qui soit en est capable. Enfin, c'est à se demander quand on voit l'état de certains chiottes... Les mecs, et si on faisait un effort ?
    Le petit plus du 'Pipi Master' : Tant que vous y êtes, pensez à virer, le cas échéant, vos immondes poils pubiens qui auréolent la lunette. Entre nous, ça n'est pas beaucoup plus apprécié qu'une goutte de pisse, et ça vous évitera sûrement un autre scandale...

...Alors, les Femmes, la Dignité, l'Hygiène et la Fierté
Seront à jamais tes esclaves soumises,
Et, ce qui vaut mieux que les Femmes et la Dignité
Tu seras un 'Pipi Master', mon fils.

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