Crédits photo (creative commons) : woodleywonderworks

Rappelez-vous vos 16 ans : devant la télé, vous frissonniez devant Souviens-toi l'été dernier, sans vous rendre compte que c'était une daube, scénaristiquement parlant. Alors ok y'avait Sarah Michelle Gellar et Jennifer Love Hewitt, mais ça suffit pas à faire un bon film. Au contraire. Et à y regarder de plus près, les films d'horreur américains pour les jeunes, c'est un peu toujours la même chose...

  1. Un lieu peu hospitalier
    Prenez une forêt noire (rien à voir avec le gâteau) / un lac désert / un couvent abandonné qui n'existe sur aucune carte / un ancien pensionnat réputé dans la région pour avoir engendré un nombre spectaculaire de suicides. Le décor est planté (le film aussi.)
  2. Un groupe de jeunes un peu stupides
    Le mieux c'est d'en prendre 6 : un couple d'amoureux inséparables depuis la maternelle, deux bombasses dont le matériel de camping se résume à un micro-short effrangé et un débardeur échancré porté sur de grosses loches démunies de soutif, un pauvre intello timide (si bien qu'on se demande ce qu'il fout là) et un gros trouillard amoureux transi d'une des bombasses (et qu'il se tapera avant qu'elle ne meurt). Parmi ces 6, un doit être noir et cool. Important, pour représenter les minorités.
  3. Une occasion rêvée
    En plus de s'être lancé le défi crétin de camper dans un endroit où on ne mettrait pas les pieds même par une belle journée d'été, il faut une circonstance particulière. Au choix : Halloween, un vendredi 13 ou bien une soirée déguisée (comme ça on ne saura pas qui est le tueur). Le film se passera obligatoirement la nuit, puisqu'un tueur qui agit au moment du goûter, ça ne fait flipper personne - "Attention là, le pot de Nutella!".
  4. Un élément déclencheur
    L’idée c'est d'éloigner un des personnages afin qu'il se fasse buter sans que les autres ne le sachent. La bombasse qui s'est absentée pour changer son tampax, l'amoureux transi parti trouver des pâquerettes pour sa nana, ou le timide qui va dégobiller dans un coin à cause de la Smirnoff Ice ingurgitée... Pas besoin d'être original sur ce coup-là.
  5. Une rumeur qui court
    Colportée par le fermier lubrique du coin, rencontré à la supérette lorsqu'ils achetaient de la Smirnoff (et des capotes mais cache-les, les autres doivent pas savoir, hihihi). C'est le sujet de toutes les discussions pendant les 30 premières minutes : "han tu crois vraiment que la petite fille qui vivait dans le couvent a été égorgée avec tournevis par le fantôme sanguinaire de la cave?"
  6. Un phénomène étrange
    Là-aussi, pas besoin d'être innovant : monstre féroce poilu, fantôme de la petite fille du couvent, tueur à la petite cuillère... on fera bien attention à rester dans le suggestif et à ne jamais montrer le tueur (ou alors seulement quand il a un masque). Par contre ne lésinez-pas sur le ketchup qui gicle.
  7. Des problèmes de communication
    - "Kimberley est partie avec toi?" - "Non Zack, elle a dit qu'elle y allait avec toi!". Il faut trouver des prétextes à la con pour les faire s'isoler les uns des autres progressivement pendant 1h30. Tant pis si ça doit engendrer des aberrations scénaristiques : «Tiens , faut que j’aille chercher un truc dans la forêt... Non merci, je préfère y aller seule.»
  8. Des soucis avec la technologie
    Forcément, le soir en question, c'est le bug de l'an 2000, tout merde: "oh zut j'ai pas de réseau", "mince y'a plus de batterie dans ma lampe torche", "dis les piles marchent pas dans ton vibro?" (enfin attention pour la dernière, le film risque de tourner au graveleux).
  9. Un final inattendu
    A la fin (excusez-nous pour le spoil), tous sont morts sauf une dernière survivante (oui c'est toujours une nana), qui échappe au tueur les vêtements déchirés, et qui reviendra sur les lieux du drame dans la suite du film, pour commémorer, pleurer sur son sort, buter le tueur et venger son ours en peluche.
  10. Un titre racoleur
    L'attaque des fantômes hurlants dans la nuit, La revanche du tueur de la cave au fond à gauche, La nuit du démon sanglant... Accolez plein d'adjectifs, ça fait toujours plus peur : La diabolique vengeance du machiavélique assassin désaxé barbare de la chambre 208 du Motel des loup-garous hurlants. Là c'est bon, vous le tenez votre slasher ringard.

Et vous, vous mettriez quoi dans votre film d'horreur cliché?

Top écrit par S(CE GROUPE EST VRAIMENT TROP SUPERFICIEL POUR MOI )

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