
Crédits photo (creative commons) : woodleywonderworks
Rappelez-vous vos 16 ans : devant la télé, vous frissonniez devant Souviens-toi l’été dernier, sans vous rendre compte que c’était une daube, scénaristiquement parlant. Alors ok y’avait Sarah Michelle Gellar et Jennifer Love Hewitt, mais ça suffit pas à faire un bon film. Au contraire. Et à y regarder de plus près, les films d’horreur américains pour les jeunes, c’est un peu toujours la même chose…
- Un lieu peu hospitalier
Prenez une forêt noire (rien à voir avec le gâteau) / un lac désert / un couvent abandonné qui n’existe sur aucune carte / un ancien pensionnat réputé dans la région pour avoir engendré un nombre spectaculaire de suicides. Le décor est planté (le film aussi.) - Un groupe de jeunes un peu stupides
Le mieux c’est d’en prendre 6 : un couple d’amoureux inséparables depuis la maternelle, deux bombasses dont le matériel de camping se résume à un micro-short effrangé et un débardeur échancré porté sur de grosses loches démunies de soutif, un pauvre intello timide (si bien qu’on se demande ce qu’il fout là) et un gros trouillard amoureux transi d’une des bombasses (et qu’il se tapera avant qu’elle ne meurt). Parmi ces 6, un doit être noir et cool. Important, pour représenter les minorités. - Une occasion rêvée
En plus de s’être lancé le défi crétin de camper dans un endroit où on ne mettrait pas les pieds même par une belle journée d’été, il faut une circonstance particulière. Au choix : Halloween, un vendredi 13 ou bien une soirée déguisée (comme ça on ne saura pas qui est le tueur). Le film se passera obligatoirement la nuit, puisqu’un tueur qui agit au moment du goûter, ça ne fait flipper personne - « Attention là, le pot de Nutella! ». - Un élément déclencheur
L’idée c’est d’éloigner un des personnages afin qu’il se fasse buter sans que les autres ne le sachent. La bombasse qui s’est absentée pour changer son tampax, l’amoureux transi parti trouver des pâquerettes pour sa nana, ou le timide qui va dégobiller dans un coin à cause de la Smirnoff Ice ingurgitée… Pas besoin d’être original sur ce coup-là. - Une rumeur qui court
Colportée par le fermier lubrique du coin, rencontré à la supérette lorsqu’ils achetaient de la Smirnoff (et des capotes mais cache-les, les autres doivent pas savoir, hihihi). C’est le sujet de toutes les discussions pendant les 30 premières minutes : « han tu crois vraiment que la petite fille qui vivait dans le couvent a été égorgée avec tournevis par le fantôme sanguinaire de la cave? » - Un phénomène étrange
Là-aussi, pas besoin d’être innovant : monstre féroce poilu, fantôme de la petite fille du couvent, tueur à la petite cuillère… on fera bien attention à rester dans le suggestif et à ne jamais montrer le tueur (ou alors seulement quand il a un masque). Par contre ne lésinez-pas sur le ketchup qui gicle. - Des problèmes de communication
- « Kimberley est partie avec toi? » – « Non Zack, elle a dit qu’elle y allait avec toi! ». Il faut trouver des prétextes à la con pour les faire s’isoler les uns des autres progressivement pendant 1h30. Tant pis si ça doit engendrer des aberrations scénaristiques : «Tiens , faut que j’aille chercher un truc dans la forêt… Non merci, je préfère y aller seule.» - Des soucis avec la technologie
Forcément, le soir en question, c’est le bug de l’an 2000, tout merde: « oh zut j’ai pas de réseau », « mince y’a plus de batterie dans ma lampe torche », « dis les piles marchent pas dans ton vibro? » (enfin attention pour la dernière, le film risque de tourner au graveleux). - Un final inattendu
A la fin (excusez-nous pour le spoil), tous sont morts sauf une dernière survivante (oui c’est toujours une nana), qui échappe au tueur les vêtements déchirés, et qui reviendra sur les lieux du drame dans la suite du film, pour commémorer, pleurer sur son sort, buter le tueur et venger son ours en peluche. - Un titre racoleur
L’attaque des fantômes hurlants dans la nuit, La revanche du tueur de la cave au fond à gauche, La nuit du démon sanglant… Accolez plein d’adjectifs, ça fait toujours plus peur : La diabolique vengeance du machiavélique assassin désaxé barbare de la chambre 208 du Motel des loup-garous hurlants. Là c’est bon, vous le tenez votre slasher ringard.
Et vous, vous mettriez quoi dans votre film d’horreur cliché?
Top écrit par S(CE GROUPE EST VRAIMENT TROP SUPERFICIEL POUR MOI )
Crédits photo (creative commons) : woodleywonderworks
Commentaires au top
T'as quelque chose à dire, une réaction ? C'est ici. Oui, c'est bien fait hein ?
preummss
Preums !!
C’est tellement ça !! Parfois c’est un couple qui survit, mais ça ne peut pas être les amoureux transis et je vois mal la bombasse et l’intello… Il y avait peut etre quelqu’un d’autre dans la forêt !!
preums et bon top au passage ^^
bon ben deuz alors, s’il y a 3 preums ^^
« jamais faire 2 groupes de 2″ comme dirait Bigard ^^
La scène de poursuite! Je dirais même plus LA scène de poursuite! Celle où la bombasse (oui, celle qui passe 2h par jour à la salle de sport, est capitaine des pom-pom girls du lycée – oui, le lycée aux States est peuplé de bombes de 21 ans – et membre de l’équipe d’athlétisme) court en poussant de petits cris suraigus et en regardant derrière elle (ce qui lui permet de tomber et de se fouler la cheville). Pendant ce temps, le tueur/fantôme/monstre du lac/leprechaun la poursuit (d’où le nom « scène de poursuite », la vie est bien faite) en marchant lentement. L’effet est décuplé si la créature terrifiante boite, clopine, voire rampe. C’est là qu’entre en jeu le génial talent du metteur en scène qui, pour augmenter encore l’insoutenable tension dramatique, usera de certaines lois méconnues de la physique. En premier lieu et quel que soit son mode de déplacement, un monstre battra toujours une sportive a la course. En outre, la distance séparant la proie de l’abri salvateur augmente au même rythme que se réduit celle la séparant de son poursuivant. Pour finir et malgré tous ces handicaps évidents, la nymphette parvient toujours à se mettre (provisoirement) en lieu (relativement) sûr, mais naturellement d’extrême justesse. (Qui a dit Souviens-toi l’été dernier?)
Pour vraiment bien faire, le refuge doit être sale, obscur, effrayant, isolé et si possible contenir le cadavre mutilé d’un des autres joyeux campeurs.
On finira en plantant là la jeune damoiselle, à deux doigts du trépas, pour s’intéresser aux autres protagonistes pendant au moins trente minutes. Si la situation est trop désespérée mais que le scénario nécessite sa présence en vie et le téton fringant après ça, inutile de chercher à justifier une survie et une évasion improbables: se contenter de la croiser au détour d’un couloir le moment venu. Un « je ne sais même pas comment j’en suis sortie vivante » suffira largement…
Tu peut aller aux oscars comme ca. DRAGON HAZUKI.
ce top ça m’a donné envie de revoir Les dents de la mouche n°4 : http://www.youtube.com/watch?v=RY8CXYb_pfw
Ou alors, on peut prendre tout ça, et décider de faire une comédie horreur réussie comme « Tucker and dale Vs evil » (attention : ne marche que pour les réalisateurs qui ne s’appellent pas Wayans)
J’ai bien ri avec ce top, c’est tellement vrai =D
N’empêche pour la 7…je m’appelle Kimberley et ce prénom est typiquement un prénom de série B Américaine x)
Mais n’oublions pas qu’avec tout ça, on a quand même eu des films d’horreurs cultes =)
Un détail d’importance dans la scène de poursuite : la bombasse va toujours se planquer à l’étage (voire dans une pièce sans issue, comme les chiottes ou la cave) ! Comme ça; le tueur, s’il est pas trop con, il a plus qu’à attendre en bas de l’escalier, et il est tranquille.
« Parmi ces 6, un doit être noir et cool. Important, pour représenter les minorités. »
Fallait préciser que c’est toujours le black qui doit mourir en premier.
Pour ma part je suis fan du moment où sois la, pouffe sois l’héroïne assomme ou fait tomber le tueur souvent à l’aide d’un bâton d’une chaise ou d’un balai de chiotte… Et plutôt due de vraiment l’achever (c’est environ aux 3/4 du film et il a déjà tué une bonne partie des pauvres ados) elle lâche son arme et se sauve en courant ou mieux le laisse en pensant (presque à juste titre) qu’un bourre pif à coup de balais de chiotte ça vous tue un meurtrier.
La pouffe le paiera de sa vie l’héroïne s’en sortira en allant se réfugier comme le dis nonamito dans le lieu adéquat.
Ou alors, la musique qui devient de plus en plus angoissante, la caméra qui approche d’une porte (ou d’un rideau de douche) que l’on ouvre doucement, et, et… rien (ouf on a eu peur !)
Là, le gars ou la fille se retourne, soulagé(e) et se retrouve face à face avec le tueur qui le/la dézingue bien comme il faut ;-)
Znoook, ta remarque est tout à fait pertinante !
Le Noir meurt toujours en premier !
Non le Noir en meurt pas toujours en premier, mais par contre c’est SOUVENT hors caméra qu’il meurt, et on découvre son corps via l’un des autres personnages….
Qu’est ce que ça m’énerve :/
excellent top !
excellents commentaires !
il manque (liste non exhaustive »
» les flamboyants vehicules (des bombasses friquées evidement) tombent TOUJOURS en panne dans le lieu sordide….. obligeant les ados a rester sur place (vraiment con :ils auraient pu rester en rade dans un lieu plein de monde accueillant)
» toujours l’ado poursuivi(e) trouvera refuge dans une voiture ( une lada ?) qui ne voudra pas demarrer…..et la tchac le tueur arrivé tranquillou prend son temps pour le/la tuer »
« les plus pervers et allumés mourront les premiers- les plus sages à la fin »
« seule la prude, gentil(e) ado resté(e) vierge sera seine et sauve en fin de film , mais mourra dans la suite du film, au tout debut »
» a moins qu’effrayé(e) et traumatisé(e) par ce qu’elle à vu, elle devienne aussi folle et meurtriere que l’assasin qu’elle a tué. »
« l’assasin /monstre a toujours une mère qui prendra le relais à sa mort »
@ Marie, c’est quoi les dents de la mouche.
J’étais sûr qu’au au moins un (et probablement plusieurs) la feraient celle-là : l’inévitable « Et c’est toujours le noir qui meurt en premier » …
Sauf que c’est de la pure légende urbaine et vanne bidon de stand up, ça. C’est absolument faux. J’en ai vu des tonnes de ces films-là… J’ai toujours fait gaffe à ce détail-là. Le (la) black de service ne meurt jamais en premier, en tout cas si ça peut se trouver par hasard dans un film ou deux, toujours dans un nombre de cas totalement insignifiant par rapport aux films où c’est un blanc qui meurt en premier. Les noirs meurent au cours du film, parmi les autres, et c’est tout.
Je défie quiconque de me prouver le contraire par une liste significative de films où « le noir meurt en premier »…
Ah ah excellent !!
Puisqu’on parle des minorités et des clichés, il ne faut pas non plus oublier LE GROS.
Il y a toujours un gros. Celui avec une casquette des Yankees vissée sur la tête et un MacWrap dans la main.
Celui qui fait des blagues de cul toutes les 5 minutes et qui n’est là que pour donner quelques minutes de répit au Noir.
Parce qu’évidemment le gros ne court pas assez vite, donc c’est parfois lui qui se fait attraper en premier.
C’est toujours lui qui se cache dans un placard à environ 17 minutes de film pour effrayer la blonde. C’est pour ça que lorsque la blonde est confrontée au vrai tueur (une fois que le gros est mort), elle ne peut pas s’empêcher de lancer un petit : « C’est bon Kyle (le gros s’appelle Kyle), je sais que c’est toi ! »
(MAIS NOUS, ON SAIT QUE CE N’EST PAS LUI…)
Sinon, excellent top, ça m’a rappelé mes années « collège-soirées-films-d’horreur-avec-chamallows-et-coca-cola » !
Et juste pour Gomez Aguilar : Moi, j’ai même trouvé un film où le Noir survit ! :D
Ajouter mon commentaire