Salut les crados, aujourd'hui on dépoussière un peu la playlist avec une nouvelle rubrique : "Les meilleurs albums", présentée par votre serviteur, docteur Nostro. Pour la première j'ai décidé de faire les choses bien sans trop balancer de gros métal qui fait mal, c'est pourquoi on va découvrir ou redécouvrir ensemble les grands albums fondateurs du post-punk, ce genre des 70/80's tout droit venu d'Angleterre dans le sillon de la vague punk, plus introverti, plus froid, plus expérimental. Mettez un petit chandail, il va faire tout froid.

  1. Unknown Pleasures - Joy Division (1979)
    Le plus connu des groupes de post-punk, celui qui a tout pour lui, la discographie famélique donc culte, la genèse dramatique, le leader charismatique, tout. Vous ne trouverez pas meilleur ambassadeur que le premier album du groupe, minimaliste, hypnotique et glacé. Et tant que vous y êtes, écoutez aussi Closer, second et dernier album du groupe, monument post-punk lui aussi.
  2. Chairs Missing - Wire (1978)
    Le post-punk n'est pas par définition un genre de trépanés mais si on devait leur adjuger un rôle, Wire seraient les petits intellos de la bande, avec leur situationniste en chef Colin Newman. A tel point que le post-punk alambiqué de ce second album marquera à jamais toute une scène, punk, art-rock et expérimentale et reste aujourd'hui encore un classique.
  3. Entertainment! - Gang of Four (1979)
    Entertainment! comme Unknown Pleasures est parfait, mais cette perfection il ne la trouve pas dans la rigueur froide et hantée comme la bande de Curtis. Jon King et ses compères jouent une musique aiguisée, robotique qui va gratter le versant solaire et funk du punk de l'époque et influencera un panel d'artiste allant du post-hardcore de Fugazi à la fusion des Red Hot.
  4. Real Life - Magazine (1978)
    Real Life est un album crucial, fondateur du mouvement post-punk, qui reste malheureusement assez peu connu du grand public. Transfuge déçu de la scène punk (il évoluait au sein des Buzzcocks), le leader Howard Devoto monte Magazine pour expérimenter, ce qu'il fait sur des morceaux plus longs, plus lents, plus nonchalants encore. Ils étaient des pionniers et méritent leur place dans les hauteurs de ce classement.
  5. Metal Box - Public Image Ltd. (1979)
    C'est quand Johnny Rotten a laissé tomber le grand cirque des Sex Pistols que l'étendue de son talent fut révélée aux oreilles ébahies de ses fans à crêtes, pas préparés à la décharge post-punk de Metal Box, menaçant, fiévreux, loin de la provocation adolescente des débuts. L'Histoire de l'après-punk s'est écrite avec Metal Box.
  6. The Raincoats - The Raincoats (1979)
    Loin du robotisme qu'on attend souvent du post-punk, The Raincoats bidouille sa musique, pas toujours carrée, dans une sorte de joli bordel pop qu'ils perfectionneront sur sa suite, Odyshape, même si la vraie magie est là, sur leur premier effort, tout en naturel et en mélodies.
  7. Hex Enduction Hour - The Fall (1982)
    Pas facile de s'y retrouver dans l'immense discographie de The Fall qui compte une trentaine d'album studio et autant en live. Intox ou pas, Hex..., cinquième album du groupe, fut apparemment enregistré comme le dernier, ce qui explique sûrement l'intensité qui y est mise. La tête pensante et seul membre originel du groupe présent sur tous les albums, Mark Edward Smith, avait choisi pour marquer le coup d'enregistrer avec 2 batteries, et de livrer une heure de morceaux torturés, histoire d'en finir. 25 albums plus tard The Fall carbure toujours mais Hex reste leur plus beau fait d'arme.
  8. Script of the Bridge - The Chameleons (1983)
    Quand on parle post-punk, l'Angleterre est (comme toujours) à la pointe. The Chameleons n'est pas une exception, à l'origine d'un véritable culte à Manchester et pourtant toujours cachés par l'ombre gigantesque de Joy Division. Script of the Bridge pourrait être un best-of tant il n'y a rien à jeter. Niveau influence, des groupes comme Interpol ou Editors s'inscrivent clairement dans leur lignée, même si on cite plus souvent Joy Division à leur propos.
  9. The Scream - Siouxsie and the Banshees (1978)
    Siouxsie a marqué l'histoire du post-punk avec un chant bien particulier qui a fait et fait encore aujourd'hui des émules. (Pour preuves l'excellente chanteuse de Savages, Jehnny Beth, aka Camille Berthomier. Souvent, c'est l'album Juju qui ressort comme jalon du post-punk mais notre petite préférence ira à leur premier album, The Scream, annonceur des bouleversements que Joy Division allaient apporter à la scène britannique.
  10. Cut - The Slits (1979)
    On termine avec les Slits, un girls-band comme son nom l'indique, fortement ancré dans le punk et qui, quand viendra le temps de sortir leur premier LP, Cut, auront évolué et mûrit leur son, infusé au dub et au reggae, amorçant le grand virage post-punk à grand renforts de cris hargneux et de live déjantés.

...Mais aussi This Heat, Echo & the Bunnymen, Au Pairs, Young Marble Giants ou encore Pere Ubu, bref, de quoi vous concocter un petit post-punk volume 2.