C'est la trêve. C'est donc l'heure de bien digérer cette demi-saison de Ligue 1, d'en tirer quelques enseignements et de se dire que la deuxième partie sera forcément mieux. C'est ça qui est génial avec la Ligue 1, c'est qu'elle ne peut que progresser. Petit florilège des grandes tendances de ce premier volet de la saison.

  1. La valse des leaders improbables: Brest, Montpellier, Rennes, Saint-Etienne... autant de leaders imprévus qui se succèdent chaque semaine dans ce concours de lenteur qu'est le championnat de Ligue 1. Certes les gros sont là, mais ils ne sont pas seuls. Ça fait longtemps qu'on n'a pas dit "Sochaux est à 6 points du leader" ou "Brest est à une victoire des places qualificatives pour la Ligue des Champions"... En tout cas c'est rafraichissant.
  2. Le leader idéal ? : Lille est positionné pour être un sérieux candidat au titre. Le LOSC est le potentiel champion impossible à détester : Un jeu offensif et des scores de tennis, un joyau nommé Hazard, un entraîneur jeune et brillant, une présence régulière dans le haut du classement depuis plusieurs années... On veut tous que notre équipe gagne, mais si elle se fait coiffer par le LOSC, ce ne sera pas trop grave. Si ce n'est que le champion de France dans un stade d'athlétisme des années 70, ça va encore nous faire passer pour des truffes à l'étranger.
  3. La saine débacle d'Arles-Avignon : Le titre de l'OM la saison dernière avaient ébranlé nos certitudes, le naufrage d'Arles-Avignon nous a rassuré. Une équipe victorieuse ne se construit pas à coups de recrutements massifs, et la politique de Galactiques bas-de-gamme menée par le promu (18 recrues) est un cuisant échec. A la grande satisfaction des observateurs.
  4. Le synthétique, c'est fantastique : Après les départs foireux de Lorient et de Nancy sur leurs nouvelles pelouses en plastique, la tendance s'est inversée et Lorient, à l'orée d'un hiver rugueux, est deuxième au classement des matchs à domicile. Finalement, quand on prétend faire du jeu, le synthétique, c'est peut être pas mal. Bon... pour Nancy, c'est différent, faire du jeu ça semble juste un peu trop complexe. On y parle d'un terrain en terre battue l'année prochaine, pour tester.
  5. Le pari de la stabilité, ça coute moins cher : Cette demi-saison aura été celle de la mansuétude des présidents. Certains limogeages étaient programmés, d'autres exigés par la foule hostile des virages. Claude Puel a tenu bon, et la valse des entraîneurs n'a pas eu lieu. Lacombe et Wallemme n'en croient pas leurs yeux. Nous non plus. La jurisprudence Domenech aura peut être refroidi les ardeurs, un licenciement, ça coûte un max et comme on est en période de vaches maigres...
  6. La pénurie habituelle de grands attaquants : Comme chaque année, les clubs sont à la recherche d'un "tueur en attaque", un buteur de "calibre international", en clair, un Sud-Américain avec une nuque longue. Marseille n'arrive pas à trouver mieux que Brandao, Bordeaux n'a jamais remplacé Chamakh et Rennes a carrément abandonné l'idée d'aligner des attaquants en vendant tous les siens. Et Kezman est parti. Au final, c'est Moussa Sow qui enfile les buts, au grands désespoir des commentateurs. Mais attention Lisandro a enfin maigri, ça pourrait être lui.
  7. Le pire match de l'année de l'histoire des match de l'année : Bordeaux-Rennes, choisi par Canal comme affiche de la 17ème journée, a, à lui seul, fait baisser de moitié les droits télé de la Ligue 1. Un 0-0 épouvantable, interminable et une note de 7 sur 20 par les abonnés de Canal pourtant habitués à noter large, comme tous les profs de sport. Deux jours plus tard, la Ligue annonce que sa chaîne sera sur la TNT, avec la possibilité de diffuser les matchs de Ligue 1 qui ne seront pas vendus. Ca devient vraiment la poubelle du PAF la TNT...
  8. Un mois de novembre sans crise à Paris, c'est déprimant : Il aura manqué juste une chose au PSG au cours de cette première partie de saison, c'est une bonne grosse crise de derrière les fagots : une taupe, des joueurs qui s'incrustent, une motion de défiance à l'égard de l'entraîneur et des incidents dans les tribunes, bref, tout ce qu'il faut pour un mois de novembre réussi. Paris renie ses valeurs et vient même s'incruster en haut de tableau. Tout fout le camp... Vivement que Sessegnon va exploser tout ça. C'est qu'on s'est habitué nous.
  9. L'auto-flagellation obligatoire : Outre le diffuseur qui fait son boulot en sur-vendant des "Olympico" et des "Clasico", il est de bon ton de taper sur la Ligue 1, sur ses 0-0, sur ses arbitres et sur ses leaders éphémères. L'herbe est plus verte ailleurs, en tout cas à Barcelone. Il est presque honteux de dire que Paris, Lille, Sochaux ou Lorient font du jeu, que Hazard, Nenê ou Gameiro sont des super joueurs et que la Ligue 1 ça peut être sympa en fait.
  10. Coupet qui approuve la réforme des retraites: et prend même les devants. Toujours avec le sourire certes, "pour le bien du groupe". Mais devenir remplaçant au PSG derrière Edel qui n'est pas non plus exactement Assurancetourix, c'est un peu les boules. Van Der Saar est toujours titulaire à 58 ans à Manchester United. L'âge c'est d'abord dans la tête ?
  11. La tension palpable : On pensait que l'épisode sud-africain allait permettre de relativiser un peu la passion un peu malsaine qu'engendre le football, il n'en est rien. Si les supporters semblent un peu plus philosophes, les acteurs du foot sont plus tendus que jamais : bagarres, pression sur l'arbitrage, déclarations irresponsables de présidents et réunions de la commission de discipline, un climat pourri s'installe. La ligue 1 serait-elle si naze qu'il faille entretenir par essence ce genre de feuilleton pour la vendre ?

Et vous? Qu'avez-vous retenu de ces 6 premiers mois de ballon rond ?

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