Crédits photo (creative commons) : Stephane Tougard

Vous avez tout prévu, cartons, chatterton, bières, camionnette de Tonton Jacky. Que nenni. On n’est jamais trop organisé le jour d’un déménagement. Alors, sympas, on vous file des tuyaux. Sauf si vous tenez vraiment au bordel, car comme dirait Tonton Jacky « dans une semaine, on en rigolera. » Ou pas.

  1. Déménager un quinze août : l’équation est simple : quinze août = zéro copain. Au mieux, vous aurez peut-être sous le coude le fils de la voisine qui bosse au super U pour l’été ou le copain nerd mou du genou qui passe ses journées sur Wow. Autant dire que vous allez en chier pour descendre la gazinière. Marche aussi avec le lundi de Pentecôte.
  2. Démonter un bureau modulable Ikéa à la va-comme-je-te-pousse : « t’inquiète, j’arriverais bien à le remonter. » Que tu es naïf, petit scarabée. C’était sans compter ces innombrables chevilles et ces écrous mesquins qu’on-sait-plus-où-qu’ils-se-foutent, les vicieux. On vous avait bien dit de garder le mode d’emploi. Et, en passant, on ne se méfie jamais assez d’un peuple qui mange du hareng frit à la moutarde.
  3. Remplir joyeusement de bons gros cartons bien massifs : vous vouliez vous la jouer fine, moins de cartons = moins de va-et-vient. Raté. Au quatrième voyage, vos lombaires crieront grâce. Donc, non, on ne fait pas de cartons « dicos /annuaires/ encyclopédies/ cocotte-minute ». Sauf si vous voulez vous venger d’un copain (voir point 1) ou que vous êtes livreur de pianos de votre état.
  4. Décongeler son frigo le jour J : « ce serait con de tout jeter » vous dites-vous. En fait, vous vous exposez à galérer trois plombes avec votre sèche-cheveux pendant que vos potes boiront de la bière sans vous. Fraîche, du coup. On peut pas tout rater non plus.
  5. Mettre les cartons en premier dans le camion : c’est bien fait un carton, ça coulisse, ça se superpose, ça s’emboîte, ça se hiérarchise. Franc du collier, quoi. Rien à voir avec une lampe halogène design ou un séchoir à linge en teck. Et pis, un congélo, c’est tout de suite moins maniable une fois que le camion est rempli aux trois quarts.
  6. Emballer bien soigneusement les clés de l’appart/l’aspirateur /votre seul slip propre : dans votre frénésie adhésive, vous empaquetez religieusement tout ce qui vous tombe sous la main. C’est au moment du départ que vous regretterez cette triple superposition de scotch « pour que ça tienne bien. »
  7. Oublier de prévenir les voisins : l’air de rien, ça rend tout de suite les gens agressifs de pas savoir que dimanche à sept heures, « yaura ptèt un peu de bruit » dans les escaliers. Et pis, une petite visite impromptue du routier pas trop sympa du troisième, ça risque de vous retarder. Sauf si vous déménagez un quinze août. Là, c’est free-bordel normalement.
  8. Marquer « divers » sur les cartons : ou pire : « trucs ». Vos amis pleins de bonne volonté s’empresseront de tout entasser où ils le peuvent, c’est-à-dire n’importe où, et vous vous retrouverez avec des clés à molettes dans l’armoire à pharmacie. A l’inverse, trop de zèle peut nuire, alors évitez également les précisions scrupuleuses, du type « flûtes / cuisine / troisième étagère à gauche en entrant / fais-moi un cocktail mec tant que t’y es. »
  9. Se dire qu’une seule feuille de journal, « ça passe » : vous êtes, et bien légitimement, pressé d’en finir. Certes. Mais quand même, quand vous découvrirez votre collection de cendars en cristal en pièces à cause d’un bête nid-de-poule, ça risque de vous contrarier. Au diable la lésine, donc. Sauf si c’est les verrines de mamie.
  10. Se dire que les vitres, « on les fera à la fin »: pourquoi pas si vous avez été méticuleux et que vous avez frotté vos montants PVC au jus de citron consciencieusement toutes les semaines. Mais l’Ajax ne peut rien contre deux années de clopes/pluies acides/monoxyde de carbone. Et mine de rien, une baie vitrée-jambon avec un petit contre-jour inopiné, ça fait un peu désordre à l’état des lieux.