Autant vous dire que ce fut une épreuve. Basés sur des critères aussi divers et variés que l'importance dans l’Histoire de la musique, l’influence qu’il a eu, le choc qu’il a occasionné, son originalité, bref, tout ce qui a fait qu’il soit culte pour certains ou pour beaucoup, voire parfois pour tout le monde. Mais aussi l’importance subjective, c’est-à-dire la place que chaque album a dans ma vie. Certains groupes très importants des sixties (Byrds, Animals, Kinks…) sont certes absents du classement, mais pour la simple raison qu’ils n’ont pas fait beaucoup de grands albums, vu qu’on était encore dans une époque très centrée sur les singles... Allez on s'en prend les cages à miel !

  1. Bob Dylan - Highway 61 Revisited (65) : 3 mois après “Bringing It All Back Home” sort cet album et là, Bob Dylan met tout le monde d’accord. Enfin, pas tout à fait à l’époque puisque l’album provoque un tollé magnifique, mais aujourd’hui, “Highway 61 Revisited” est bien MON album de Dylan préféré. Les 9 chansons sont des chef-d’oeuvres, l’album est hors-catégorie, hors du commun, hors de toute classification, culte, mythique, tout ce que vous voulez.
  2. Jimi Hendrix - Electric Ladyland (68) :… d’une prosternation universelle devant son génie. Elevé au blues, il l’éleva lui-même par la suite, bien plus haut qu’on n’ose encore l’imaginer aujourd’hui. Dès l’apparition de l’Experience, ses contemporains savaient qu’ils avaient affaire à quelque chose qui marquerait l’Histoire de la musique. L’Experience d’Hendrix est la 8ème Merveille du monde.
  3. Jimi Hendrix - Are You Experienced? (67) : Jimi Hendrix n’est pas de notre planète. Faire une distinction entre ses albums est une impossibilité cosmique. “Are You Experienced?” et “Electric Ladyland” ont accumulé une telle aura depuis 40 ans. 40 années qu’ils influencent tout qui se fait de rock, de blues, de soul et même de jazz. 40 années qu’ils marquent inlassablement chaque génération. 40 années d’étonnement, d’ébahissement, de “putain, mais putain, quoi”, de “Hendrix est un dieu” …
  4. Led Zeppelin - II (69) : Pendant la tournée qui suivit la sortie de leur premier album, Led Zeppelin va développer son style sur scène, et, à cause de leurs nombreux concerts autour du globe, enregistrer ce second album dans un nombre impressionant de studios. Plus cohérent et abouti que I, II porte tout autant la marque de Page que de Plant qui s’affirme dans cet album comme co-leader et apporte de nouvelles influences au groupe, déterminante pour son avenir. À la fois riche en classiques blues-rock (”Whola Lotta Love”, “Heartbreaker”, “Lemon Song”, “Bring It On Home”), Led Zep s’aventure du côté de l’expérimentation avec le soft-and-loud “What Is And What Should Never Be”, de la ballade pop avec “Thank You”, du psychédélisme avec “Ramble On”, sans oublier le gigantesque solo de batterie “Moby Dick”… Phénoménal et titanesque, déjà.
  5. The Velvet Underground - The Velvet Underground & Nico (67) : Le mot qui me vient à l’esprit est : étrange. Etrange sont les voix de Lou Reed et Nico, étrange est la pochette et l’influence d’Andy Wahrol, étranges sont les rythmiques décalées, les paroles qui sont de vrais poèmes… Mais que le résultat, aussi imprévisible qu’il soit, est splendide et forcément inimitable. Bizarre, anti-conformiste, déstructuré, cet album est en tout cela le phare du rock indépendant. Un des albums les plus marquants de l’Histoire, sans qu’on sache trop comment l’expliquer.
  6. The Doors - The Doors (67) : Ceci est un premier album. Le chanteur blanc le plus charismatique de l’Histoire. Tout dans cet album transpire l’acide, le sexe, la spiritualité du poète au mojo risin’. Vous l’avez compris cet album est chaud, très chaud. Densmore, Krieger et Manzarek ne sont pas non plus en reste puisqu’ils réussissent dès leurs premières collaborations à produire leur meilleur album, une claque énorme, et une inspiration. « Sur scène, les Doors semblent évoluer dans leur propre monde. Les chansons des Doors sont comme l’espace, elles sont ancestrales. On dirait une musique de carnaval. Quand elle cesse, il y a une seconde de silence. Quelquechose de neuf a pénétré dans la salle. » (communiqué de presse accompagnant l’album)
  7. Sly And The Family Stone - Stand! (69) : Mais si Brown inventa le funk, c’est Sly Stone et sa famille qui le magnifièrent. C’est un groupe d’une cohésion incroyable et d’une intensité folle en concert comme à Woodstock en 69, concert grâce auquel leur réputation de bêtes de scène traversa tous les Etats-Unis. Dans ces paroles Sly Stone aborde les questions des droits civiques, du racisme, de la guerre, et, tel un chef-d’orchestre, réussit à produire avec Stand! un album d’une créativité exceptionnelle, un véritable orgasme musical, trop largement méconnu.
  8. Aretha Franklin - I Never Loved a Man the Way I Love You (67) : Le meilleur album de Rythm and Soul que j’ai entendu. La plus belle voix féminine que j’ai entendue. Une gigantesque claque musicale. Chaque chanson est un single potentiel. De “Respect” à “A Change Is Gonna Come”, la pureté de la voix d’Aretha Franklin est plus que bouleversante. Les paroles sont aussi révolutionnaires en ce qu’elles sont parfois féministes avant l’heure, notamment sur le titre éponyme. Cet album est la meilleure introduction possible à la musique soul, il surclasse même n’importe quel album de Ray Charles ou Otis Redding.
  9. John Coltrane - A Love Supreme (64) : Premier album de jazz que j’ai acheté, “A Love Supreme” reste celui que je réécoute le plus souvent, à l’instar du “Kind Of Blue” de Miles Davis, avec qui Coltrane travailla. Et à chaque fois, c’est un bonheur. Comme “Sgt Pepper’s”, “A Love Supreme” est plus concis - 30 minutes seulement -, mais autant rempli d’idées, d’influences nouvelles, d’un avant-gardisme provoquant et d’un véritable voyage spirituel bouleversant. Difficile d’appréhender le jazz sans avoir parcouru ce voyage auparavant.
  10. Jefferson Airplane - Surrealistic Pillow (67) : Voilà l’album qui fit se rendre compte à tout le monde que tous ces jeunes sous acide étaient en train de bouleverser la musique. Tout ce qui fit l’essence du rock psyché de San Francisco du Summer of Love et de la fin des années 60 est là, résumé en 12 chansons qui firent trembler les charts et propulsa le rock psyché aux côté des poids lourds qu’étaient à l’époque les Beatles et les Stones. Sans le savoir ils venaient de marquer un tournant dans l’Histoire du rock. “Surrealistic Pillow” est au-delà de l’appellation d’origine contrôlée “culte” !

Et vous, vous en voyez d’autres ?

Source et suite du classement: sur le choix.fr, excellent blog à découvrir

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